Un observatoire de la désinformation en santé, promis depuis 2025
Une vidéo qui vous déconseille la mammographie, transférée par une amie avec les meilleures intentions du monde, entre désormais dans le champ d'un organisme public. Mercredi, lors d'une conférence de presse, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a présenté l'Observatoire de la désinformation en santé, premier outil concret de la stratégie nationale qu'elle avait dévoilée le 12 janvier. Rhumatologue de formation, elle a qualifié la désinformation médicale de « lent poison mortel », rapporte l'AFP. La structure n'a rien d'une surprise, puisque son prédécesseur Yannick Neuder l'avait promise dès avril 2025.
L'annonce tombe en plein Octobre Rose, et ce n'est pas un hasard : le communiqué du ministère cite les mammographies de dépistage parmi les cibles des fausses informations, aux côtés des vaccins et des traitements. Le dépistage du cancer du sein est pourtant gratuit tous les deux ans entre 50 et 74 ans, et moins d'une femme sur deux y participe, selon l'Institut national du cancer. Qui, parmi nous, n'a pas déjà reçu un de ces messages qui vantent une plante miracle ou dénoncent un examen « dangereux » ? Ce sont précisément eux que le nouvel observatoire entend repérer, puis démonter.
L'annonce tombe en plein Octobre Rose, et ce n'est pas un hasard : le communiqué du ministère cite les mammographies de dépistage parmi les cibles des fausses informations, aux côtés des vaccins et des traitements. Le dépistage du cancer du sein est pourtant gratuit tous les deux ans entre 50 et 74 ans, et moins d'une femme sur deux y participe, selon l'Institut national du cancer. Qui, parmi nous, n'a pas déjà reçu un de ces messages qui vantent une plante miracle ou dénoncent un examen « dangereux » ? Ce sont précisément eux que le nouvel observatoire entend repérer, puis démonter.
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Comment l'infovigilance traquera les fausses infos
L'observatoire publiera des baromètres réguliers pour mesurer l'évolution du phénomène, conduira des analyses scientifiques et signalera les rumeurs émergentes aux soignants, aux médias et au grand public, détaille le ministère. Un conseil scientifique adossé au Haut Conseil de la santé publique doit garantir son indépendance.
À ses côtés fonctionnera un dispositif baptisé « infovigilance », sur le modèle de la pharmacovigilance qui surveille les médicaments. Le ministère, les agences régionales de santé et les opérateurs en santé repéreront d'abord les fausses informations qui circulent. Des experts indépendants les classeront ensuite selon leur dangerosité et prépareront une réponse fondée sur la science. Cette réponse sera enfin diffusée sur le site Santé.fr et sur les réseaux sociaux, notamment par une nouvelle chaîne TikTok, « Le Check-Up », où des professionnels de santé démontent les idées reçues en vidéos courtes. Un quiz interactif rejoindra aussi Santé.fr pour apprendre à reconnaître une information trompeuse.
À ses côtés fonctionnera un dispositif baptisé « infovigilance », sur le modèle de la pharmacovigilance qui surveille les médicaments. Le ministère, les agences régionales de santé et les opérateurs en santé repéreront d'abord les fausses informations qui circulent. Des experts indépendants les classeront ensuite selon leur dangerosité et prépareront une réponse fondée sur la science. Cette réponse sera enfin diffusée sur le site Santé.fr et sur les réseaux sociaux, notamment par une nouvelle chaîne TikTok, « Le Check-Up », où des professionnels de santé démontent les idées reçues en vidéos courtes. Un quiz interactif rejoindra aussi Santé.fr pour apprendre à reconnaître une information trompeuse.
Sans budget dédié, une riposte qui laisse sceptique
Sur le papier, le dispositif se tient. Sauf qu'aucune enveloppe spécifique n'est prévue pour le financer, a reconnu le cabinet de la ministre auprès de l'AFP : la veille sera assurée au sein de la direction de la communication du ministère, qui pourrait être légèrement renforcée.
Le pharmacologue Mathieu Molimard, coauteur avec Dominique Costagliola et Hervé Maisonneuve du rapport remis au gouvernement en janvier, ne mâche pas ses mots. Interrogé par l'AFP, il juge que ces annonces n'apportent rien de nouveau et qu'un observatoire sans moyens relève d'une idée dépassée. Il regrette aussi l'absence d'une plateforme où l'ensemble des soignants pourraient signaler une fausse information, et d'une réponse judiciaire pour sanctionner ceux qui la propagent.
Le désaccord porte jusque sur le nom. Les trois experts plaidaient pour un « Observatoire de l'information en santé », chargé de rendre l'information fiable plus visible plutôt que de pourchasser chaque rumeur, une course perdue d'avance selon eux. Je partage en partie ce scepticisme : démentir une vidéo trois jours après sa diffusion, quand elle a déjà fait le tour des groupes familiaux, revient souvent à arriver après la bataille.
Mais l'outil a un mérite qu'on aurait tort de balayer, celui de faire de la désinformation une affaire de santé publique, mesurée et suivie dans le temps. Encore faudra-t-il qu'une veille logée dans un service de communication tienne la cadence.
Le pharmacologue Mathieu Molimard, coauteur avec Dominique Costagliola et Hervé Maisonneuve du rapport remis au gouvernement en janvier, ne mâche pas ses mots. Interrogé par l'AFP, il juge que ces annonces n'apportent rien de nouveau et qu'un observatoire sans moyens relève d'une idée dépassée. Il regrette aussi l'absence d'une plateforme où l'ensemble des soignants pourraient signaler une fausse information, et d'une réponse judiciaire pour sanctionner ceux qui la propagent.
Le désaccord porte jusque sur le nom. Les trois experts plaidaient pour un « Observatoire de l'information en santé », chargé de rendre l'information fiable plus visible plutôt que de pourchasser chaque rumeur, une course perdue d'avance selon eux. Je partage en partie ce scepticisme : démentir une vidéo trois jours après sa diffusion, quand elle a déjà fait le tour des groupes familiaux, revient souvent à arriver après la bataille.
Mais l'outil a un mérite qu'on aurait tort de balayer, celui de faire de la désinformation une affaire de santé publique, mesurée et suivie dans le temps. Encore faudra-t-il qu'une veille logée dans un service de communication tienne la cadence.
Pourquoi ces fausses infos santé vous visent
Le site public dédié aux personnes âgées le dit sans détour : elles sont souvent la cible de désinformations en santé, sur internet, sur les réseaux sociaux comme par le bouche-à-oreille. Le danger dépasse le mauvais conseil, puisqu'il peut conduire à négliger un symptôme, à arrêter un traitement essentiel ou à céder à une automédication risquée. Certaines de ces fausses informations servent même d'appât à des systèmes coûteux, voire à des dérives sectaires.
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Vos réflexes face à une vidéo santé reçue
L'ampleur du phénomène, le ministère l'a mesurée lui-même. D'après l'enquête menée en mars avec les instituts Verian et Toluna Harris Interactive auprès de 2 061 Français de 15 ans et plus, 91 % déclarent avoir déjà été exposés à une information de santé fausse ou trompeuse, et 38 % y sont confrontés au moins une fois par mois. Surtout, 34 % disent ne pas savoir comment vérifier une information.
En attendant que l'observatoire tourne à plein régime, que faire de cette vidéo reçue un dimanche soir ? Le ministère lui-même compte sur votre vigilance, puisque son communiqué invite chacun à vérifier ses sources et à demander conseil à un professionnel de santé. Les conseils réunis par le portail public pour les personnes âgées tiennent en quelques gestes simples. Une information trop belle ou trop alarmiste mérite d'être vérifiée, et une étude isolée, non confirmée par d'autres, ne suffit pas à conclure. Lire l'article en entier plutôt que son titre, croiser les sources et privilégier les sites officiels comme ameli.fr ou Santé.fr évitent bien des faux pas.
Le réflexe le plus sûr est aussi le plus ancien : en parler à votre médecin ou à votre pharmacien avant de toucher à votre traitement. Et avant de transférer la vidéo à votre groupe familial, prenez une minute pour la vérifier, car relayer une fausse information, c'est faire courir un risque à ceux que nous aimons. De nombreuses caisses de retraite et associations proposent des ateliers pour apprendre à repérer ces pièges, de quoi garder une longueur d'avance sur la prochaine rumeur.
En attendant que l'observatoire tourne à plein régime, que faire de cette vidéo reçue un dimanche soir ? Le ministère lui-même compte sur votre vigilance, puisque son communiqué invite chacun à vérifier ses sources et à demander conseil à un professionnel de santé. Les conseils réunis par le portail public pour les personnes âgées tiennent en quelques gestes simples. Une information trop belle ou trop alarmiste mérite d'être vérifiée, et une étude isolée, non confirmée par d'autres, ne suffit pas à conclure. Lire l'article en entier plutôt que son titre, croiser les sources et privilégier les sites officiels comme ameli.fr ou Santé.fr évitent bien des faux pas.
Le réflexe le plus sûr est aussi le plus ancien : en parler à votre médecin ou à votre pharmacien avant de toucher à votre traitement. Et avant de transférer la vidéo à votre groupe familial, prenez une minute pour la vérifier, car relayer une fausse information, c'est faire courir un risque à ceux que nous aimons. De nombreuses caisses de retraite et associations proposent des ateliers pour apprendre à repérer ces pièges, de quoi garder une longueur d'avance sur la prochaine rumeur.





