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Article publié le 24/07/2020 à 01:46 | Lu 6104 fois

De l'influence de notre sommeil sur notre système immunitaire !




Dès qu'une vague de grippe pointe son nez, les conseils de santé suivent peu de temps après comme par exemple le très populaire et efficace « dormir plus ». Cependant, le Coronavirus n'est pas un agent pathogène de la grippe, mais une souche de virus différente et il convient de renforcer notre système immunitaire. Le Dr. Verena Senn, neurobiologiste et experte en sommeil chez Emma – The Sleep Company, explique comment le sommeil peut y contribuer et repousser ou atténuer les effets du virus.


Pourquoi le sommeil est-il si important pour le bon fonctionnement du système immunitaire ? Quel est le rôle du système immunitaire dans la santé ?
Dr. Verena Senn : heureusement, la tendance du « moins dormir pour réussir » est passée de mode. Au contraire, le sommeil est devenu une valeur tendance et c’est une évolution très importante, car une nuit de sommeil suffisante nous repose mais également renforce notre système immunitaire.
 
Un système immunitaire qui fonctionne bien constitue la colonne vertébrale de notre santé, il est essentiel pour notre défense contre les virus, comme le mettent en évidence de nombreuses études indépendantes dans le monde entier.
 
En effet, les virus infectent nos cellules en s'amarrant aux protéines de surface et en injectant leur
propre matière dans nos cellules. En conséquence, l’action de nos propres cellules est détournée et
elles produisent de plus en plus de virus.
 
Lorsque ce processus est achevé, la cellule infectée meurt et libère ces nouveaux virus, qui infectent à leur tour d'autres cellules etc. Nous sommes régulièrement exposés à de nombreux virus et heureusement, notre système immunitaire possède ses propres fonctions de protection.
 
Les acteurs les plus importants en sont les cellules dites tueuses naturelles (lymphocytes NK) -un type  de globules blancs qui détectent les cellules infectées et peuvent réduire au silence leur activité ou les éliminer avant que les nouveaux virus ne se reproduisent.
 
Pour avoir suffisamment de cellules tueuses naturelles dans le corps, le sommeil est de la plus haute importance. Si nous dormons régulièrement de manière insuffisante, nous sommes davantage sensibles aux maladies et aux infections.
 
Les chercheurs ont étudié comment le nombre de globules blancs (cellules tueuses naturelles) se développe en cas de privation de sommeil. Résultat : les groupes testés qui n'ont dormi que quatre heures au lieu de huit, ont vu la proportion de leurs cellules tueuses naturelles diminuer de 70%.   
 
C'est un résultat probant et une invitation sans ambiguïté à toujours avoir un sommeil suffisant.
 
Combien d'heures une personne doit-elle dormir par nuit et quand doit-elle se coucher ?
Dr. Verena Senn : L’OMS recommande 7 à 9h de sommeil par nuit. Contrairement à la croyance populaire, vous ne pouvez pas récupérer la totalité du sommeil perdu, mais seulement une partie très minime.       
 
Il n'existe pas d'heure standard ou optimale pour se coucher. En revanche, il y a l'horloge biologique interne -appelée par les chrono-biologistes– le rythme circadien. Tout au long du cycle jour-nuit de la Terre, cette horloge interne est synchronisée encore et encore.
 
Cette synchronisation est très individuelle, ce qui explique pourquoi il y a des lève-tôt et des gens qui préfèrent se lever tard.
 
En plus du rythme circadien, des facteurs biochimiques influent sur le moment où nous ressentons la fatigue. En effet, dans notre liquide cérébrospinal, des substances biochimiques s'accumulent dans le corps pendant la journée et augmentent notre envie de dormir.  
 
Inversement, pendant notre sommeil, ces substances sont décomposées. L'une des substances biochimiques les plus importantes est l'adénosine. Elle inhibe les « zones actives » du cerveau et nous donne une sensation de fatigue.
 
De manière antagoniste, la caféine agit comme un détracteur de l'adénosine. Et comme la caféine a une période d'activité de 6 à 8h avant d'être complètement dégradée, il faut éviter le café en fin d'après-midi ! ».
 
Que peut-on faire d'autre pour favoriser un bon sommeil ?
Dr. Verena Senn : tout d'abord, je voudrais souligner l'horloge interne et son lien avec la lumière et
l'obscurité. L'horloge interne est en grande partie contrôlée par l'hormone mélatonine. Les récepteur de nos yeux sont sensibles à la lumière bleue et signalent au cerveau qu'il fait jour -il est temps d'être alerte et de se réveiller.      
 
Pour que notre mélatonine maintienne un cycle sain de veille et de sommeil, les smartphones ou les ordinateurs portables, par exemple, ne doivent être utilisés que dans une mesure très limitée, une à deux heures avant le coucher.
 
Cela dit, il y a une autre raison à cela : des études prouvent que les activités en ligne comme surfer sur les médias sociaux ou la recherche des actualités peuvent nous empêcher de nous reposer et de nous endormir.
 
Je recommande également de dormir à une température ambiante d'environ 19°C et de boire plus
d'eau pendant la journée que le soir. Se blottir contre quelque chose de chaud ou prendre un bain peut également améliorer la rapidité et la facilité avec lesquelles nous nous endormons.
 
La chaleur dilate les vaisseaux sanguins des mains et des pieds. Cela peut sembler paradoxal, mais cela libère un excès de chaleur corporelle - c'est exactement ce dont le corps a besoin pour s'endormir… et dormir.
 
Avec la contribution de Ségolène Menin, experte R&D produit chez Emma – The Sleep Company