Sommaire
Article publié le 03/03/2020 à 01:00 | Lu 1064 fois

Coronavirus : les inquiétudes des Français




Réalisée le lendemain de l'annonce du premier décès d’un Français à cause de l'épidémie de coronavirus, (décédé le 26 février à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris), cette enquête de Ifop réalisée pour le site d'information santé llicomed.com montre que cette maladie suscite un niveau record d'inquiétude chez les Français au point que le gouvernement n'a plus seulement affaire à une crise d'ordre sanitaire et biologique mais aussi une crise de nature psychologique et politique.


Coronavirus : les inquiétudes des Français
Ainsi, d’après ce sondage, plus de six Français sur dix (61%) sont inquiets pour eux et leur famille, soit une proportion en forte hausse par rapport à ce que l'Ifop avait pu observer en fin janvier (44%, +17 points) alors que le virus ne sévissait pratiquement qu’en Asie et que l’Europe regardait « cela » d’un œil extérieur.
 
De fait, ce niveau d'inquiétude s’avère le plus élevé jamais observé à l'égard d'un virus lors des principales crises sanitaires vécues au cours des quinze dernières années (35% pour la grippe aviaire en 2006, 35% pour la grippe A en 2009 et 55% pour Ebola en 2014).
 
Sans trop de surprise, cette inquiétude semble particulièrement intense dans les grandes agglomérations (plus des deux-tiers -68%- chez les habitants de l'agglomération parisienne), dans les milieux populaires (68% chez les ouvriers) et les personnes généralement les plus sceptiques à l'égard des pouvoirs publics (ex : 72% chez les sympathisants des Gilets Jaunes, plus des trois-quarts -76%- chez les sympathisants RN).
 
Le jugement de la population sur l'action du gouvernement face au coronavirus se montre de plus en plus sévère au regard du nombre croissant de Français estimant qu'il cache certaines informations (57%, +12 points par rapport au 29-30 janvier).
 
De même, toujours selon ce sondage, nos compatriotes ne sont désormais plus qu'une minorité à trouver que le gouvernement Philippe a communiqué de manière claire (48% soit moins 11 points par rapport au 29-30 janvier), qu'il a réagi rapidement (48%, soit, là encore, moins 11 points par rapport au 29-30 janvier) ou qu'il a pris toutes les mesures sanitaires nécessaires (46%, moins 14 points par rapport au 29-30 janvier).
 
Enfin, la majorité des personnes interrogées estiment qu'il ne donne pas tous les moyens aux infrastructures et professionnels de santé pour éviter la propagation de l'épidémie en France (53%). D’ailleurs le personnel des hôpitaux s’est déjà plaint de cette situation…
 
D’autre part, une majorité de la population exprime une inquiétude à fréquenter des lieux publics comme les stades (54%) ou les transports en commun, sachant que cette peur (bien légitime d’ailleurs) monte à 56 % chez les utilisateurs quotidiens des transports collectifs (et souvent bondés… quand on sait que la promiscuité favorise la contagion, on comprend cette inquiétude).
 
L'impact dans les autres aspects de la vie quotidienne est plus limité mais il est quand même loin d'être négligeable si l'on en juge le niveau d'inquiétude exprimée à l'idée d'aller dans un salon/exposition (41%), faire ses courses (31%) ou encore aller voter aux prochaines élections municipales (25%). 
 
Cette inquiétude s'exprime également à l'égard des étrangers en général (57%) et notamment de ceux originaires des zones les plus touchées par le virus comme l'Asie (60%) ou l'Italie (56%).
 
Rappelons-le, actuellement, il n’existe aucun vaccin ni traitement contre le coronavirus, virus qui peut tuer par asphyxie lente due à cette pneumopathie virale. Généralement, le virus entraîne des symptômes bénins ou modérés (toux, fièvre, fatigue...), mais dans les cas les plus graves, les patients peuvent entrer en détresse respiratoire aiguë sévère ou être victimes d'une insuffisance rénale aiguë, voire d'une défaillance de plusieurs organes, pouvant entraîner un décès.

*Étude Ifop pour llicomed.com publiée en exclusivité dans le Parisien réalisée par internet du 27 au 28 février 2020 auprès d'un échantillon de 1 004 Français âgés de 18 ans et plus.