Entretien avec Françoise Fabian
Comment êtes-vous arrivée sur Brillantissime ?
C’est l’aboutissement d’une longue histoire d’amitié. J’ai connu Michèle Laroque au théâtre des Variétés en 1987. Elle rentrait tout juste des États-Unis, et elle avait décroché un petit rôle dans « C’est encore mieux l’après-midi » aux côtés de Jacques Villeret. C’était sa première apparition sur la scène d’un grand théâtre parisien et elle était donc encore complètement inconnue.
Elle n’avait que quelques répliques, mais comme mon mari Marcel Bozzuffi et moi avions été frappés par sa grâce, son énergie, son habileté, et aussi par cette chose qu’on a instinctivement ou qu’on n’a pas, qui s’appelle « la présence », nous étions allés la complimenter dans sa loge. Nous ne nous sommes plus jamais perdues de vue.
Il y a environ cinq ans, Michèle m’a annoncé vouloir faire un film dans lequel je serai, avec un rôle qu’elle écrirait pour moi. Et puis, je n’en ai plus entendu parler. J’ai pensé qu’elle avait abandonné son projet, jusqu’à son coup de fil, il y a quelques mois, qui m’annonçait que ça y était, qu’elle allait faire son film et que, comme promis, elle m’y avait réservé un personnage. Cette parole tenue et cette fidélité m’ont beaucoup touchée.
Quelle a été votre première réaction à la lecture du scénario ?
Humeur, rythme, personnages… Tout m’a tout de suite plu dans ce script. Je lui ai trouvé de la singularité, de la drôlerie, une vraie douceur et de la poésie. On était un peu comme dans une de ces comédies à la Mike Nichols, à la fois positives et légères. J’ai succombé au charme de son personnage central, Angela, qu’allait interpréter Michèle. Une femme qui se retrouve seule sans avoir vraiment compris pourquoi, et qui, malgré les coups du sort, va aller chercher, avec beaucoup d’énergie et de candeur, les clefs de son bonheur.
Et évidemment, j’ai été emballée par le rôle qui m’était réservé dans cette histoire, celui d’une femme dirigiste, égoïste et de mauvaise foi. J’adore jouer les trouble fêtes, surtout dans les comédies, surtout lorsqu’elles sont portées, comme ici, par des dialogues de qualité. Cela m’amuse beaucoup. En plus, cette « monstresse » là était la mère d’Angela ! Que Michèle ait pensé à moi pour être sa mère de cinéma, m’a assez bouleversée.
Comment définiriez-vous cette mère ?
Contrairement aux apparences, elle n’est pas méchante. Elle est avant tout d’un égoïsme et d’un égocentrisme phénoménaux. Elle est aussi complètement à côté de la plaque, ce qui la rend comique.
Elle s’offre, par exemple, une croisière sur le Danube, non pas pour la beauté du voyage, dont elle se contrefout, mais pour jouer au bridge avec ses copines, que d’ailleurs, elle rudoie aussi. C’est une femme qui ne fait que ce qu’elle veut, quand elle le veut, sans se soucier de rien, sans se rendre compte du mal qu’elle fait autour d’elle.
Elle n’a aucun sens du gâchis affectif qu’entraîne son attitude. Évidemment, parce qu’elle ne supporte personne, elle vit seule. C’est une emmerdeuse suprême, mais… son exigence ne dissimule aucune once de violence. Je l’adore. J’ai vraiment aimé la jouer, d’autant qu’elle finit par déposer les armes pour devenir, enfin une mère et une grand-mère tendre et aimante…
Quels sont vos projets ?
J’ai trois projets de pièces, deux contemporaines et une adaptation d’un roman classique. Mais rien ne se fera avant fin 2018. Je voudrais aussi chanter, faire un album et l’interpréter sur scène. J’ai toujours chanté, en public et aussi à la télévision, notamment avec Guy Béart, dans les émissions de Jean-Christophe Averty.
Serge Reggiani m’avait dit un jour que faire un album prend un temps fou. Il avait raison. Trouver des auteurs, des compositeurs et des arrangeurs demande au moins deux ans. À cause de mon travail d’actrice, je n’ai jamais pu les avoir. Je croise les doigts pour les années qui viennent…
Vos angoisses n’ont jamais eu raison de votre énergie créatrice…
J’ai la chance d’avoir, depuis toujours, l’enthousiasme chevillé au corps. Cela m’a permis de traverser les pires tempêtes (rires).
C’est l’aboutissement d’une longue histoire d’amitié. J’ai connu Michèle Laroque au théâtre des Variétés en 1987. Elle rentrait tout juste des États-Unis, et elle avait décroché un petit rôle dans « C’est encore mieux l’après-midi » aux côtés de Jacques Villeret. C’était sa première apparition sur la scène d’un grand théâtre parisien et elle était donc encore complètement inconnue.
Elle n’avait que quelques répliques, mais comme mon mari Marcel Bozzuffi et moi avions été frappés par sa grâce, son énergie, son habileté, et aussi par cette chose qu’on a instinctivement ou qu’on n’a pas, qui s’appelle « la présence », nous étions allés la complimenter dans sa loge. Nous ne nous sommes plus jamais perdues de vue.
Il y a environ cinq ans, Michèle m’a annoncé vouloir faire un film dans lequel je serai, avec un rôle qu’elle écrirait pour moi. Et puis, je n’en ai plus entendu parler. J’ai pensé qu’elle avait abandonné son projet, jusqu’à son coup de fil, il y a quelques mois, qui m’annonçait que ça y était, qu’elle allait faire son film et que, comme promis, elle m’y avait réservé un personnage. Cette parole tenue et cette fidélité m’ont beaucoup touchée.
Quelle a été votre première réaction à la lecture du scénario ?
Humeur, rythme, personnages… Tout m’a tout de suite plu dans ce script. Je lui ai trouvé de la singularité, de la drôlerie, une vraie douceur et de la poésie. On était un peu comme dans une de ces comédies à la Mike Nichols, à la fois positives et légères. J’ai succombé au charme de son personnage central, Angela, qu’allait interpréter Michèle. Une femme qui se retrouve seule sans avoir vraiment compris pourquoi, et qui, malgré les coups du sort, va aller chercher, avec beaucoup d’énergie et de candeur, les clefs de son bonheur.
Et évidemment, j’ai été emballée par le rôle qui m’était réservé dans cette histoire, celui d’une femme dirigiste, égoïste et de mauvaise foi. J’adore jouer les trouble fêtes, surtout dans les comédies, surtout lorsqu’elles sont portées, comme ici, par des dialogues de qualité. Cela m’amuse beaucoup. En plus, cette « monstresse » là était la mère d’Angela ! Que Michèle ait pensé à moi pour être sa mère de cinéma, m’a assez bouleversée.
Comment définiriez-vous cette mère ?
Contrairement aux apparences, elle n’est pas méchante. Elle est avant tout d’un égoïsme et d’un égocentrisme phénoménaux. Elle est aussi complètement à côté de la plaque, ce qui la rend comique.
Elle s’offre, par exemple, une croisière sur le Danube, non pas pour la beauté du voyage, dont elle se contrefout, mais pour jouer au bridge avec ses copines, que d’ailleurs, elle rudoie aussi. C’est une femme qui ne fait que ce qu’elle veut, quand elle le veut, sans se soucier de rien, sans se rendre compte du mal qu’elle fait autour d’elle.
Elle n’a aucun sens du gâchis affectif qu’entraîne son attitude. Évidemment, parce qu’elle ne supporte personne, elle vit seule. C’est une emmerdeuse suprême, mais… son exigence ne dissimule aucune once de violence. Je l’adore. J’ai vraiment aimé la jouer, d’autant qu’elle finit par déposer les armes pour devenir, enfin une mère et une grand-mère tendre et aimante…
Quels sont vos projets ?
J’ai trois projets de pièces, deux contemporaines et une adaptation d’un roman classique. Mais rien ne se fera avant fin 2018. Je voudrais aussi chanter, faire un album et l’interpréter sur scène. J’ai toujours chanté, en public et aussi à la télévision, notamment avec Guy Béart, dans les émissions de Jean-Christophe Averty.
Serge Reggiani m’avait dit un jour que faire un album prend un temps fou. Il avait raison. Trouver des auteurs, des compositeurs et des arrangeurs demande au moins deux ans. À cause de mon travail d’actrice, je n’ai jamais pu les avoir. Je croise les doigts pour les années qui viennent…
Vos angoisses n’ont jamais eu raison de votre énergie créatrice…
J’ai la chance d’avoir, depuis toujours, l’enthousiasme chevillé au corps. Cela m’a permis de traverser les pires tempêtes (rires).

