Entretien avec Mateo Gil
Comment vous est venue l’idée d’une suite aux aventures de Butch Cassidy ?
Je ne parlerais pas de suite. Les personnages sont identiques mais je ne souhaitais pas exploiter les mêmes personnalités que dans le film de George Roy Hill.
Pour quelles raisons ?
Tout d’abord l’aspect moral me gênait. Notre Butch Cassidy se rapproche plus des personnages de La Horde Sauvage de Sam Peckinpah. L’angle politique m’a particulièrement intéressé mais de façon plus intimiste. Par exemple, la frontière entre le vol de banque et le vol de particuliers est très mince. On peut y voir un acte idéologique dans les hold-up perpétrés par Butch Cassidy. Un autre aspect m’intéressait aussi : celui qui révèle la vision qu’a Butch Cassidy de ses propres actes des années plus tard ; surtout au regard de celle, plus moderne, symbolisée par le personnage qu’interprète Eduardo Noriega. Pour moi, il y a une métaphore de notre temps et de son changement inéluctable.
Dans La Horde Sauvage, les personnages sont trop ancrés dans leur époque pour survivre aux temps modernes...
Tout à fait. Par exemple, dans le film de Peckinpah, la voiture est un symbole des temps modernes. Au début de Blackthorn , on voit une voiture et nous l’avons placée dans notre film exactement pour les mêmes raisons.
Blackthorn est un personnage plus positif que ceux de La Horde Sauvage
C’est vrai. Mon Butch Cassidy se rapproche plus du vrai Butch. Ce n’était pas quelqu’un de violent alors que les personnages de La Horde Sauvage ne connaissent que la violence. Butch Cassidy a tenté de s’éloigner, à de nombreuses reprises, de sa vie de bandit. Il voulait tout arrêter, s’installer quelque part... et devenir un homme comme tout le monde. Mais du fait de sa «notoriété il était sans cesse poursuivi et donc contraint de revenir à sa vie marginale.
Sam Shepard lui apporte beaucoup de douceur et de gentillesse…
C’est une question d’âge ! Il a vingt ans de plus que le vrai Butch Cassidy lors de son décès en Bolivie ! En avançant dans la modernité d’une nouvelle ère, ce vieil homme la compare à ce qu’il a connu par le passé. S’il vit désormais en Bolivie, ce n’est pas par hasard. Nous voulions le décor idéal qui motiverait le personnage à retourner sur sa terre natale pour y mourir un jour et peut-être aussi, pour faire la paix avec lui-même.
Qu’est-ce qui vous a décidé à parler d’un tel personnage ?
C’est mon scénariste qui m’a soufflé l’idée en me parlant du vrai Butch Cassidy que j’ai trouvé passionnant. Butch Cassidy était à la tête d’un gang d’individus très violents mais lui n’a jamais eu le même comportement. Tous ses « coups » étaient préparés très consciencieusement. C’était quelqu’un de très loyal envers ses amis. Il avait beaucoup d’humour, ne buvait pas et avait la réputation d’être une sorte de Robin des Bois de son temps. C’était un véritable symbole. Il existe en fait de nombreux aspects de ce personnage qui ne sont pas développés dans le film de George Roy Hill.
Blackthorn démarre dans un environnement très verdoyant pour se terminer dans un paysage lunaire et aride...
J’avoue que je n’en suis pas mécontent ! Dans l‘ensemble nous avons choisi nos décors également en fonction de leur localisation. Impossible de tourner trop loin d’une ville ou d’un village susceptible d’accueillir les 90 membres de l’équipe de tournage. Nous avons malheureusement été contraints d’abandonner certaines idées de décors à cause de cela.
Mais la séquence finale, nous l’avons tournée à la frontière bolivienne au pied de la Cordillère des Andes. C’est une ligne symbolique pour les deux personnages incarnés par Sam Shepard et Eduardo Noriega. C’est également l’endroit où l’un d’eux prend une décision irrévocable. Cette séquence a été très difficile à tourner pour nous. D’abord à cause de l’altitude très élevée, mais aussi parce que nous étions loin de tout.
Comment avez-vous sélectionné toutes ces « gueules » qui occupent les seconds rôles ?
Le plus difficile dans le recrutement des acteurs boliviens a été de trouver des acteurs qui savaient également monter à cheval. Dans la Bolivie colonisée, seuls les blancs étaient autorisés à monter. Ce qui explique que de nombreux acteurs boliviens ignorent totalement comment s’y prendre. Ils ont dû apprendre le plus rapidement possible. Ils ont travaillé dur mais nous avons quand même eu recours à quelques trucs comme par exemple, remplacer certains acteurs par des membres de l’équipe. En effet, c’est très risqué d’aller au grand galop quand on ne sait pas très bien monter à cheval.
On est surpris de voir que les poursuivants de Butch Cassidy et Eduardo sont des ouvriers et des femmes plutôt que les traditionnels chasseurs de primes ou autres marshalls...
Nous voulions que les spectateurs les prennent pour de vrais chasseurs et découvrent, ensuite, qu’il ne s’agit en fait que de simples ouvriers. On se doute alors qu’il y a quelque chose d’anormal mais on ne devine pas pour autant l’issue du film.
Je ne parlerais pas de suite. Les personnages sont identiques mais je ne souhaitais pas exploiter les mêmes personnalités que dans le film de George Roy Hill.
Pour quelles raisons ?
Tout d’abord l’aspect moral me gênait. Notre Butch Cassidy se rapproche plus des personnages de La Horde Sauvage de Sam Peckinpah. L’angle politique m’a particulièrement intéressé mais de façon plus intimiste. Par exemple, la frontière entre le vol de banque et le vol de particuliers est très mince. On peut y voir un acte idéologique dans les hold-up perpétrés par Butch Cassidy. Un autre aspect m’intéressait aussi : celui qui révèle la vision qu’a Butch Cassidy de ses propres actes des années plus tard ; surtout au regard de celle, plus moderne, symbolisée par le personnage qu’interprète Eduardo Noriega. Pour moi, il y a une métaphore de notre temps et de son changement inéluctable.
Dans La Horde Sauvage, les personnages sont trop ancrés dans leur époque pour survivre aux temps modernes...
Tout à fait. Par exemple, dans le film de Peckinpah, la voiture est un symbole des temps modernes. Au début de Blackthorn , on voit une voiture et nous l’avons placée dans notre film exactement pour les mêmes raisons.
Blackthorn est un personnage plus positif que ceux de La Horde Sauvage
C’est vrai. Mon Butch Cassidy se rapproche plus du vrai Butch. Ce n’était pas quelqu’un de violent alors que les personnages de La Horde Sauvage ne connaissent que la violence. Butch Cassidy a tenté de s’éloigner, à de nombreuses reprises, de sa vie de bandit. Il voulait tout arrêter, s’installer quelque part... et devenir un homme comme tout le monde. Mais du fait de sa «notoriété il était sans cesse poursuivi et donc contraint de revenir à sa vie marginale.
Sam Shepard lui apporte beaucoup de douceur et de gentillesse…
C’est une question d’âge ! Il a vingt ans de plus que le vrai Butch Cassidy lors de son décès en Bolivie ! En avançant dans la modernité d’une nouvelle ère, ce vieil homme la compare à ce qu’il a connu par le passé. S’il vit désormais en Bolivie, ce n’est pas par hasard. Nous voulions le décor idéal qui motiverait le personnage à retourner sur sa terre natale pour y mourir un jour et peut-être aussi, pour faire la paix avec lui-même.
Qu’est-ce qui vous a décidé à parler d’un tel personnage ?
C’est mon scénariste qui m’a soufflé l’idée en me parlant du vrai Butch Cassidy que j’ai trouvé passionnant. Butch Cassidy était à la tête d’un gang d’individus très violents mais lui n’a jamais eu le même comportement. Tous ses « coups » étaient préparés très consciencieusement. C’était quelqu’un de très loyal envers ses amis. Il avait beaucoup d’humour, ne buvait pas et avait la réputation d’être une sorte de Robin des Bois de son temps. C’était un véritable symbole. Il existe en fait de nombreux aspects de ce personnage qui ne sont pas développés dans le film de George Roy Hill.
Blackthorn démarre dans un environnement très verdoyant pour se terminer dans un paysage lunaire et aride...
J’avoue que je n’en suis pas mécontent ! Dans l‘ensemble nous avons choisi nos décors également en fonction de leur localisation. Impossible de tourner trop loin d’une ville ou d’un village susceptible d’accueillir les 90 membres de l’équipe de tournage. Nous avons malheureusement été contraints d’abandonner certaines idées de décors à cause de cela.
Mais la séquence finale, nous l’avons tournée à la frontière bolivienne au pied de la Cordillère des Andes. C’est une ligne symbolique pour les deux personnages incarnés par Sam Shepard et Eduardo Noriega. C’est également l’endroit où l’un d’eux prend une décision irrévocable. Cette séquence a été très difficile à tourner pour nous. D’abord à cause de l’altitude très élevée, mais aussi parce que nous étions loin de tout.
Comment avez-vous sélectionné toutes ces « gueules » qui occupent les seconds rôles ?
Le plus difficile dans le recrutement des acteurs boliviens a été de trouver des acteurs qui savaient également monter à cheval. Dans la Bolivie colonisée, seuls les blancs étaient autorisés à monter. Ce qui explique que de nombreux acteurs boliviens ignorent totalement comment s’y prendre. Ils ont dû apprendre le plus rapidement possible. Ils ont travaillé dur mais nous avons quand même eu recours à quelques trucs comme par exemple, remplacer certains acteurs par des membres de l’équipe. En effet, c’est très risqué d’aller au grand galop quand on ne sait pas très bien monter à cheval.
On est surpris de voir que les poursuivants de Butch Cassidy et Eduardo sont des ouvriers et des femmes plutôt que les traditionnels chasseurs de primes ou autres marshalls...
Nous voulions que les spectateurs les prennent pour de vrais chasseurs et découvrent, ensuite, qu’il ne s’agit en fait que de simples ouvriers. On se doute alors qu’il y a quelque chose d’anormal mais on ne devine pas pour autant l’issue du film.




