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Article publié le 03/03/2021 à 01:00 | Lu 3594 fois

Audrey Dufeu-Schubert : une députée contre l'âgisme




La députée de Loire-Atlantique LREM, Audrey Dufeu-Schubert, vient de déposer une proposition de loi (avec trois objectifs bien précis et détaillés) visant à mieux repérer l'âgisme et à reconnaître le rôle des citoyens âgés dans la société.


Audrey Dufeu-Schubert : une députée contre l'âgisme
« Je suis convaincue que la longévité est un nouvel espace de vie à réinventer pour la société. Les personnes âgées sont les vecteurs de la transmission aux plus jeunes générations, leur expérience est une boussole pour traverser les crises » indique la députée de Loire-Atlantique sur son site Internet.
 
Et de poursuivre : « cette génération contribue aussi à la vitalité de notre lien social grâce à son engagement bénévole dans les associations ou encore au sein de la cellule familiale. C’est pour combattre les discriminations liées à l’âge et réaffirmer le rôle social des aînés que j’ai déposé cette proposition de loi à l’Assemblée nationale ».
 
Dans la pratique, il s’agit de déployer tout un arsenal de mesures qui visent à permettre l’égalité des droits et des chances pour les personnes âgées, à renforcer l’éthique de la longévité, à intégrer la question du vieillissement dans les politiques locales, à développer une vision prospective de la longévité, à créer des funérailles républicaines ou encore, à intégrer la longévité dans les programmes scolaires…
 
Rappelons que la députée connait particulièrement cette thématique puisqu’elle était déjà l’auteur, en 2019, d’un rapport qui avait été remis au ministre de la Santé.
 
Objectif n°1 : renforcer les droits des personnes âgées
- Tout d’abord, assurer une meilleure représentation des personnes âgées dans les instances de décision (par exemple, en participant aux conseils d’administration des EHPAD) ;
- Garantir les conditions de l’égalité des droits et des chances pour les citoyens âgés (par exemple : accès au service public) ;
- Organiser avec les conseils départementaux l’accompagnement des personnes âgées par un tiers de confiance pour les aider si besoin dans la prise de toute décision ;
- Organiser tous les trois ans une Conférence nationale du Grand âge et des débats éthiques sur la question du vieillissement
 
Objectif n°2 : préparer la société à la transition démographique
- Intégrer la transition démographique et la longévité dans les programmes scolaires ;
- Permettre aux ainés de vieillir à domicile, en proposant un diagnostic d’adaptabilité du logement lors de la demande d’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ;
- Accroître la place du vieillissement dans les politiques publiques locales ;
- Développer une réflexion transversale des politiques de longévité ;
- Créer des funérailles républicaines et l’organisation d’une cérémonie civile.
 
Objectif n°3 : reconnaître le rôle des personnes âgées et revaloriser leur représentation
- Encourager les chaînes de télévision à proposer des programmes qui respectent une perception réaliste de la longévité ;
- Renforcer le pouvoir de contrôle du Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA) sur la représentation de la longévité ;
- Créer un certificat de reconnaissance des compétences, délivré à l’expiration de tout contrat de travail après 55 ans, pour accompagner la transition de la vie active vers la retraite en promouvant le bénévolat ;
- Changer le regard sur le vieillissement et mettre fin aux discriminations.

« Nos institutions présentent souvent la vieillesse comme une rupture, une incapacité et même comme un coût. Les politiques publiques considèrent le vieillissement comme une maladie. La société, par des seuils d’âge injustes, dresse des obstacles à l’emploi, la formation, au logement ou à la souscription d’assurances pour les personnes âgées. Quant aux programmes télévisés, ils véhiculent des stéréotypes qui font des aînés soit des retraités bénéficiant d’une vie au soleil, soit des personnes dont la vie se termine en souffrance dans un sinistre EHPAD ! » ajoute encore la députée.
 
De son côté, l’AD-PA (association des directeurs de maisons de retraite), qui a beaucoup échangé avec la Députée, est « ravie de cette initiative qu'elle soutient ». Au-delà l'association attend une avancée en termes de représentation des personnes âgées vulnérables au plan local comme national, une attention
portée sur un vocabulaire respectant l'intégrité des plus âgés surtout quand ils sont vulnérables et la transformation des établissements en véritable chez soi sous forme de domiciles regroupés.