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Article publié le 05/02/2019 à 08:12 | Lu 1503 fois

Adénome bénin de la prostate : une technique innovante au CHU de Toulouse

Développé initialement au Portugal en 2010 et depuis cette date dans quelques établissements français, un traitement innovant de l’hypertrophie bénigne de la prostate (la moitié des hommes touchés par cette pathologie ont entre 60 et 70 ans et plus) par embolisation de l’artère prostatique fait dorénavant partie de l’arsenal thérapeutique des équipes du CHU de Toulouse (Haute-Garonne).


Plus concrètement, il s’agit d’injecter, à partir d’un cathéter placé dans l’artère fémorale, des microbilles dans les vaisseaux sanguins qui alimentent la prostate pour diminuer la quantité de sang qu’elle reçoit et ainsi la faire diminuer de volume. Au final, le volume de la prostate diminue, le canal de l’urètre se normalise et le patient voit sa qualité de vie nettement améliorée.
 
Rappelons que l’hypertrophie bénigne de la prostate ou adénome prostatique est une maladie qui altère la qualité de vie. Dans la pratique, il s’agit de l’augmentation de volume de la prostate, très fréquente chez l’homme. La moitié des sujets qui sont concernés par cette pathologie ont entre 60 et 70 ans et une très large majorité (90%) des messieurs malades ont plus de 70 ans.
 
La prostate en grossissant peut venir comprimer l’urètre. Ensuite, le rétrécissement de l’urètre entraîne des troubles urinaires qui peuvent altérer la qualité de vie : besoin fréquent d’uriner, vidange incomplète de la vessie…
 
En première intention, le traitement proposé est médical, il ne devient chirurgical qu’en cas d’échec des médicaments prescrits, soit dans 10% des cas. Le traitement chirurgical peut également être indiqué en cas de complications : infections urinaires fréquentes, calculs vésicaux, rétention urinaire chronique…
 
« Ce nouveau traitement proposé au CHU de Toulouse, explique le Docteur Marie-Charlotte DelchierBellec, élargit l’arsenal thérapeutique. Il peut être prescrit en première intention, en alternative aux traitements médicamenteux ou lorsque ceux-ci ont échoué. La décision thérapeutique est prise lors de la consultation avec le médecin urologue, étape primordiale dans le suivi du patient. Les avantages sont nombreux : intervention minime avec un temps post-opératoire simple, sans aucun impact sur la fonction sexuelle ». L’intervention est réalisée au décours d’une courte hospitalisation.
 
La prostate est une petite glande située sous la vessie. Elle entoure la partie supérieure de l'urètre (canal traversant le pénis et conduisant l'urine et le sperme à l'extérieur). La prostate sécrète un liquide épais et clair qui se mélange aux spermatozoïdes pour former le sperme.
 
Cette glande peut être le siège de plusieurs affections, telles que l'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), l'infection aiguë ou chronique de la prostate et le cancer. Ces maladies peuvent provoquer des symptômes similaires : difficultés ou douleurs pour uriner, mictions fréquentes (en particulier la nuit) et besoins impérieux d'uriner.
 
Le risque d'affection de la prostate augmente avec l'âge. Les antécédents familiaux, des origines africaines et une alimentation riche en graisses animales et pauvre en fruits, légumes et poissons peuvent également accroître le risque de maladie de la prostate. Tous les hommes, en particulier ceux de plus de 50 ans, doivent donc être vigilants et consulter leur urologue en cas de doute.





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