Notre microbiote est composé de beaucoup de micro-organismes et chaque bactérie se nourrit d’un aliment en particulier. Donc plus on mange varié, plus le microbiote est varié.
« Une étude a montré que manger 25 fruits et légumes différents chaque semaine pendant 6 semaines augmente la variété du microbiote de 30%. Si l’étude était étendue à d’autres familles d’aliments, il en serait probablement de même ! » complète Isabelle.
Gilles Mithieux est également de cet avis : « manger diversifié est très positif pour le microbiote. Dans son ensemble, le microbiote est omnivore car il est composé de différents types de bactéries. Or, chaque bactérie ne l’est pas individuellement. Chacune ne consomme qu’un ou deux aliments. Si l’alimentation est variée, les populations de bactéries diversifiées vont alors pouvoir se développer.
Les protéines par exemple peuvent être classées comme source de probiotiques car elles possèdent la propriété d’être absorbées tout le long de l’intestin. Même si l’on a un microbiote peu diversifié, comme certains patients obèses, il ne faut pas désespérer, car ces microbiotes ont la capacité de transformer les fibres ou les protéines en éléments positifs pour la santé, et cela va très vite : des études montrent que le microbiote peut changer en 3 à 4 heures après un repas bon pour la santé. »
Les végétaux sont essentiels pour leur apport en fibres afin de nourrir notre microbiote, notamment en probiotiques. Nous allons alors synthétiser des molécules importantes pour la santé, notamment le butyrate qui est la nourriture principale de l’intestin.
Mais aussi la glutamine, complète Isabelle Decamps : « La glutamine, que l’on trouve dans la viande, ainsi que dans le bouillon d’os par exemple, est l’autre substrat nourricier des cellules de l’intestin qui permet de conserver la perméabilité intestinale et d’assurer le renouvellement des cellules.
Les Hadza, habitants d’une tribu de Tanzanie, ou les Yanomami, des Indiens d’Amazonie, ont deux fois plus de diversité bactérienne que nous. Ils sont chasseurs-cueilleurs, c’est-à-dire qu’ils mangent des produits animaux et beaucoup de fibres surtout présentes dans les végétaux.
Pour la population générale, il est bien de végétaliser l’alimentation pour la richesse du microbiote. Cela étant, il faut faire attention aux dérives possibles au niveau de l’hyper-végétalisation avec une surconsommation de produits ultra-transformés.
Si l’on prend l’exemple des nuggets, ça n’a plus rien à voir avec du poulet. Il en est de même avec les produits ultra-transformés végétaux comme les substituts de viande ou les desserts à base de soja.
Si l’on ne prend pas le temps de mâcher, l’estomac et l’intestin ne peuvent pas faire le premier travail de découpe de l’aliment. On va donc avoir des aliments insuffisamment digérés dans l’intestin, ce qui va le fragiliser », conclut Isabelle Decamps.