Sommaire
Article publié le 03/11/2020 à 09:56 | Lu 1658 fois

5èmes Assises Nationales du Vieillissement - Longevity : bilan, partie 1




Les 5èmes Assises Nationales du Vieillissement - Longevity, qui se sont déroulées les 20 et 21 octobre derniers à Troyes (2.000 acteurs publics et privés). Les thématiques-phare abordées par plus de 150 intervenants ont été l’innovation, la réforme (dont la mise en place de la 5ème branche) et la prévention, lors de nombreux débats et questionnements pour un engagement total au service du « Bien Vieillir ». Bilan de ces deux jours.


Innovation : comment rendre le management médico-social évolutif et la technologie acceptable ?
Plusieurs typologies d’innovation ont été abordées au cours de ces deux jours, des plus accessibles aux plus complexes. Les innovations organisationnelles dans le champ du vieillissement, qui ne sont pas forcément les plus faciles à organiser sur le terrain, ont engendré la création de structures aux différents besoins des usagers concernés.
 
Mais aujourd’hui, force est de constater qu’elles se juxtaposent et ne sont pas très lisibles aussi bien pour les acteurs du secteur que pour les personnes âgées et leurs aidants.
 
Un décloisonnement de ces structures sera nécessaire pour assurer davantage de lisibilité, d’efficacité et d’homogénéité, un challenge avéré pour la CNSA, les maisons de l’Autonomie et les plateformes territoriales de soins, pour proposer un parcours efficient et adapté en fonction des territoires.
 
L’innovation se fait et se fera également au domicile, autour de la robotique, des solutions de « téléassistance » par exemple, mais nécessitera la création de réseaux d’opérateurs initiés, et d’un personnel AIDANT, formé à ces dispositifs.
 
Ces innovations, encore aujourd’hui bien souvent au stade de l’expérimentation et disséminées sur le territoire, exigeront également un changement des process, des méthodologies de prise en charge. Ses bénéfices pour les personnes âgées devront être mesurables en termes d’efficacité et devront se déployer sur l’ensemble du territoire.
 
Ce champ de l’innovation nécessitera aussi une acculturation tant pour les acteurs du secteur que pour les personnes concernées, sans omettre les arbitrages pris sous l’angle de l’éthique, qui sont par essence mouvants, ancrés dans une époque et une vision de la morale qui ne semble cesser d’évoluer !
 
Réforme : les professionnels souhaitent une loi Autonomie et Grand Age, au cœur d’une société qui n’est pas que « Médico-Sociale » !
La création de la 5ème branche de la Sécurité Sociale nécessitera un accompagnement du vieillissement dans l’autonomie mais aussi un changement de sémantique entre la question de la dépendance et celle de l’autonomie.
 
Cette réforme sous-entend une problématique cruciale : est-ce un débat uniquement sur le vieillissement ou est-ce un débat sur l’autonomie ?
 
Un des nombreux enjeux repose sur les territoires et la façon dont s’articule le rôle de l’Etat et des Collectivités. Cette réforme devra être portée par une loi pour tous, en expurgeant un passé parfois douloureux, et en associant une territorialisation audacieuse et adaptée entre les agences régionales de santé et les compétences des collectivités.
 
Elle devra dans cette perspective, mettre en place des chefs de file et identifier le périmètre d’action des acteurs de la proximité. Elle exigera une redistribution des compétences et un pilotage (CNSA) dans la coordination des piliers de l’action territoriale (le structurel, les tarifications et les ressources humaines).
 
Le troisième point a porté sur le questionnement de la place et du rôle des habitants âgés, de leur entourage de proximité et des services à domicile. On ne peut que se satisfaire des récentes mesures comme le « Congé Aidant », mais est-ce suffisant pour pallier la réalité d’un aidant, « esclave » des temps modernes !
 
La solution de « l’Aidant-Salarié » est certainement la plus réaliste…, mais remplacer 8 millions d’aidants familiaux, est-ce imaginable ? Pourquoi pas, mais illusoire sans une vraie attractivité de la filière, une reconnaissance des métiers et une revalorisation des rémunérations.
 
Dans ce contexte, la question du financement reste cruciale.
 
Un défi à relever pour la CNSA qui devra composer avec les acteurs des territoires, les syndicats professionnels et les collectivités pour coordonner formation, intégration, répartition, recrutement et acceptabilité !
 
De nombreuses pistes d’évolution ont été évoquées, notamment la mise en place de référentiels communs, d’une approche interministérielle du Grand Age et du maintien en autonomie, d’un cofinancement des mesures capables de répondre aux objectifs affichés.