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Article publié le 08/09/2021 à 01:00 | Lu 4941 fois

Vieux créoles à Paris : documentaire sur France Télévisions




France Télévisions présente à partir du 23 septembre 2021, Vieux créoles à Paris, un documentaire de 52 minutes de Ghislaine Gadjard, Olivier Ozier Lafontaine et Benjamin Colmon. Le pitch ? Bien avant les années soixante et la période du Bumidom, l’après-guerre voit arriver en métropole une migration créole composée de jeune isolés ou de familles entières. Ils sont étudiants, fonctionnaires ou à la recherche d’un emploi car, dans leur territoire, la population augmente et les usines ferment.


Vieux créoles à Paris : documentaire sur France Télévisions
À partir de 1946, la départementalisation favorise la venue de milliers d’Antillo-Guyanais dans l’Hexagone. Ils font le choix délibéré de l’exil, de poursuivre leur destin dans la capitale dans l’espoir d’une vie meilleure.
 
Ce film retrace le parcours de ces femmes et de ces hommes qui ont fait la longue traversée en bateau pour rejoindre une métropole qui avait alors besoin de main-d’œuvre pour sa reconstruction.
 
Dans la mémoire collective, l'immigration antillaise dans l'Hexagone commence en 1963, avec le Bureau pour le développement des migrations des départements d'Outre-mer (Bumidom), qui mit en œuvre la migration des Domiens.
 
Pourtant, cette migration antillaise vers la métropole avait commencé dans la décennie précédente, dès la fin de la Seconde guerre mondiale, avec l'arrivée de nombreux Martiniquais, Guadeloupéens, Guyanais et Réunionnais qui avaient choisi, dans l'espoir d'une vie meilleure, de tenter l'aventure métropolitaine.
 
Ces créoles nous racontent leurs motivations, leur voyage, leur installation parfois définitive dans ce pays qu'ils apprennent à connaître au fil des décennies. On ne sait pratiquement rien sur eux, non parce qu'ils ont honte de ce chapitre de leur vie, mais parce que cette tranche d'histoire n'a pas encore été traitée.
 
Ils s’appellent Rodolphe, Gisèle, Sam ou encore Marlène. Ils ont tout quitté, leurs proches et leur territoire, pour faire des études ou trouver du travail, dans l’espoir d’une vie meilleure. Partir pour vivre mieux, évoluer, donner le maximum de chances de réussite à ses enfants..., c'est l'objectif de nombreux Antillais de la fin de ces années 1940 et 1950.
 
Après des mois, voire plus, de spéculations sur ce départ, le plus souvent souhaité, les voilà prêts à embarquer sur le bateau de la Compagnie générale transatlantique, la Transat.
 
La famille et des amis sont là. Agglutinés sur le quai. L'atmosphère est étrange : les enfants s'amusent le long du bastingage, ignorant l'angoisse de la séparation. Ceux qui restent se demandent si, et quand, ils reverront ces êtres chers. Les partants eux aussi, mais ils réalisent surtout que le moment est arrivé de ce saut vers l'inconnu !
 
Il faudra alors se faire une place dans ce Paris des années 1950. S'intégrer à l'école ou dans le milieu professionnel, faire face à la curiosité ou, pire, au racisme des Parisiens, accepter l'éloignement des proches et le déracinement.
 
Malgré les difficultés, le choc culturel, ils se sont adaptés à cette nouvelle vie, ont fait carrière, fondé des familles. Avec toujours dans le cœur un bout de leur enfance. Aucun regret, aucun remord, tous ont aujourd’hui la certitude que ce départ était indispensable pour réussir leur vie.
 
Documentaire sera disponible en avant-première sur le portail Outre-mer le 23 septembre à 18h dans la case « Les jeudis du doc », puis sur France 3 à 23h50, dans la case documentaire « La ligne bleue Outre-mer ».