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Article publié le 18/08/2021 à 09:12 | Lu 1852 fois

Vaccination anti-Covid : 3ème dose, le point avec l'Académie nationale de médecine




Alors que la couverture vaccinale contre le Covid-19 n'atteint toujours pas le taux de 60% de Français avec vaccination complète, l'administration d'une dose de rappel est envisagée pour ceux qui étaient considérés comme prioritaires au début de la campagne, à savoir les résidents en maisons de retraite, les personnes de plus de 80 ans à domicile ou celles atteintes de comorbidités ou immunodéprimées. Le point avec l’Académie nationale de médecine.


Comme le précise l’Académie dans son récent communiqué, « cette disposition ne doit pas être confondue avec l'administration d'une troisième dose de vaccin recommandée depuis le 18 juin et déjà pratiquée chez les personnes immunodéprimées ou atteintes de certains cancers* pour compenser une déficience du système immunitaire ».
 
Dans les faits, l'injection de cette dose de rappel vise à renforcer la protection vaccinale chez les sujets dont la réponse immunitaire serait devenue faible, voire indétectable après quelques mois… Et le communiqué de préciser que cette baisse du taux d'anticorps s'observe chez toutes les personnes vaccinées, mais qu’elle s’avère plus rapide après 65 ans ou en cas de comorbidité**.
 
L’Académie souligne également qu’actuellement, peu d’informations sont disponibles pour démontrer la nécessité de généraliser un rappel vaccinal après les deux premières doses de vaccin. Et de souligner qu’un « sujet vacciné conserve une mémoire immunitaire qui le protège pendant une durée minimum de 6 à 8 mois contre les formes sévères de Covid-19 ».
 
Si le principe d'un rappel se justifie chez les personnes âgées (Israël a déjà confirmé la 3ème pour les seniors) ou vulnérables, les modalités de ce rappel devraient être étayées par des études cliniques permettant de déterminer, suivant la nature du vaccin, l'intervalle à respecter après la deuxième dose de vaccin et l'âge seuil de cette prescription.
 
Toujours dans ce communiqué, l’Académie indique que l'instauration « de rappels dans le calendrier vaccinal contre la Covid-19 constitue un nouvel enjeu de communication. Elle ne doit pas susciter d'inquiétude quant à l'efficacité des vaccins contre le SARS-CoV-2, variant Delta inclus »***. Et d’ajouter qu’elle « ne doit pas détourner la campagne de vaccination de son objectif principal visant à atteindre une immunité collective le plus rapidement possible ».  
 
Compte-tenu de la couverture vaccinale encore insuffisante en France et de la nécessité de maintenir l'immunité chez les personnes les plus fragiles, l'Académie nationale de médecine recommande :
- de ne pas se tromper de priorité et de privilégier la complétude de l'immunité collective ;
- d'associer le rappel vaccinal des populations âgées de plus de 65 ans et atteintes de comorbidités à un programme de rattrapage vaccinal pour ces mêmes personnes encore non primo-vaccinées ;
- de compléter les études sur la cinétique des anticorps post-vaccination dans les différentes classes d'âge et vis-à-vis des nouveaux variants afin de déterminer le délai idéal pour une injection de rappel ;
- d'étudier l'efficacité et l'innocuité des rappels homologues ou hétérologues en testant les vaccins de nouvelle génération ;
- de s'assurer qu'un programme de rappels ne compromettra pas les actions de solidarité vaccinale avec les pays à ressources limitées et auprès des populations les plus pauvres et marginalisées.





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