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Article publié le 11/12/2019 à 01:00 | Lu 1093 fois

Une brève éternité, philosophie de la longévité : brillant essai sur le vieillissement par Pascal Bruckner

Les éditions Grasset ont publié à la rentrée 2019, un passionnant essaie de Pascal Bruckner, romancier et essayiste français âgé de 71 ans cette année. Dans cet ouvrage, il invite le lecteur à penser autrement l’avancée en âge, cet « été indien de la vie » en renversant les tabous de la vieillesse. A lire.


Une brève éternité, philosophie de la longévité
On le sait, depuis une cinquantaine d’année, l’Homme a gagné des années d’espérance de vie. Entre deux et trois décennies en tout. Soit, l’équivalent d’une vie au 18ème siècle, ne l’oublions pas ! Comme le souligne l’auteur : « passé la cinquantaine, l’animal humain connaît une sorte de suspension : plus tout à fait jeune, pas vraiment vieux, en apesanteur. C’est un sursis qui laisse la vie ouverte comme une porte battante ».
 
« Ce gain de longévité implique des bonnes choses : une espérance de vie en bonne santé, la capacité de toujours travailler, la possibilité de retomber amoureux, de refaire une deuxième, troisième, voire même une quatrième vie… En même temps, c’est aussi le risque de tomber malade, puisque la maladie est le salaire la longévité » indique P. Bruckner dans une récente interview donnée au quotidien Métro en Belgique.
 
Et l’auteur de s’interroger, fort à propos d’ailleurs, sur ce que l’Homme peut faire de ces années supplémentaires. Ce sursis est à la fois passionnant et angoissant. Il faut remplir cette moisson de jours supplémentaires. Les échéances raccourcissent, les possibles s’amenuisent mais il y a encore de la découverte, des surprises, des amours bouleversantes.
 
Nourri à la fois de réflexions et de statistiques factuelles, puisant aux sources de la littérature, des arts comme de l’histoire, ce livre propose une philosophie de la longévité fondée non sur la résignation mais sur la résolution. En somme, un art de vivre cette vie en plus. N’y a-t-il pas une joie profonde à être encore vivants à l’âge ou nos ancêtres avaient déjà un pied dans la tombe ?