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Article publié le 28/03/2018 à 01:00 | Lu 6764 fois

Tour d'horizon de la perception des ainés dans le monde

Alors que la FNAAFP/CSF (Fédération de l’aide à domicile) vient de présenter son plaidoyer portant sur « une réponse adaptée aux besoins des personnes vieillissantes », cette institution a également réalisé un intéressant tour d’horizon de la perception des personnes âgées dans le monde. Détails.


Le vieillissement de la population est un phénomène planétaire : quasiment tous les pays du monde doivent faire face à une augmentation de leur population de personnes âgées.
 
Le vieillissement de la population est en train de devenir l’une des plus importantes transformations sociales du 21ème siècle, avec des répercussions dans presque tous les secteurs de la société, notamment dans le monde du travail, sur les marchés financiers, vis-à-vis de la demande de biens et services, tels que le logement, les transports ou encore la protection sociale.
 
Le vieillissement de la population influence aussi profondément les structures familiales et les liens intergénérationnels et ceci, quelles que soient les régions dans le monde.
 
Arrêtons-nous un instant pour visiter quelques parties du monde et voir comment sont perçus nos ainés au travers de différentes cultures ?
 
En Europe occidentale : la personne âgée n’est pas des plus valorisées dans nos sociétés occidentales dans lesquelles la jeunesse, la beauté et la performance priment avant tout. Le processus de vieillissement est vu comme devant être contrôlé au maximum. Les plus âgés sont délaissés parce qu’ils sont considérés comme moins attractifs et moins utiles. C’est le courant de l’âgisme qui domine, avec ses images négatives de la vieillesse. Ces stéréotypes âgistes sont synonymes de maladie, inutilité, non-attractivité, déclin cognitif, pauvreté, dépression… Pas réjouissant !
 
Aux Etats-Unis : si les seniors américains sont sans doute plus heureux et en meilleure santé que par le passé, ils font encore l’objet de préjugés et de stéréotypes. Nombre d’entre eux affirment être victimes de l’âgisme au sein de leur société. Les États-Unis sont l’un des pays où les aînés ont le sentiment de ne pas bénéficier du respect qui leur est dû. Néanmoins, les États-Unis prennent des mesures pour améliorer la prise en charge des aînés, surtout avec l’arrivée à l’âge de la retraite ou de la perte d’autonomie des baby-boomers vieillissants.
 
Maintes religions en Amérique préconisent le respect des anciens et les bénévoles sont nombreux à participer à leur prise en charge, notamment dans les centres pour personnes âgées et les communautés de vie pour les seniors. Les autorités de leur côté tentent de sensibiliser les plus jeunes à la place importante des aînés dans la société, par le biais, notamment, de la Journée des personnes âgées et du Mois des Américains âgés.
 
En Chine : le respect dû aux personnes âgées a inspiré une loi en Chine. Les aînés peuvent en effet avoir recours aux tribunaux pour exiger un soutien financier et émotionnel de leurs enfants, à l’exemple du principe de l’obligation alimentaire en France. Les entreprises doivent également accorder des congés à leurs employés pour qu’ils puissent rendre visite à leurs parents âgés.
 
Au regard de la densité et du vieillissement de la population, ces lois sont importantes car la prise en charge des aînés revient largement aux familles, afin de ne pas menacer l’économie… La Chine devrait en effet compter quelque 636 millions de personnes de 50 ans et plus d’ici 2050, soit près de la moitié de sa population, contre 25% en 2010, d’après une étude citée par USA Today. Si la Chine a ancré cette obligation de prise en charge des aînés dans la législation, il est à noter que la culture chinoise a toujours préconisé le respect à l’égard des aînés.
 
Au Japon : la culture japonaise reconnaît la valeur des anciens. Le respect des aînés s’inscrit naturellement dans le quotidien des familles et de leurs enfants, faisant du Japon l’un des lieux les plus favorables aux seniors. La prise en charge des aînés est donc une histoire de famille : dans de nombreux foyers, plusieurs générations vivent sous le même toit. Peut-on affirmer que ce mode de vie explique la longévité des Japonais ?
 
En tout cas, la société japonaise est l’une des plus vieilles du monde : le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus dépasse celui de tous les autres groupes d’âge. Bonheur et longévité seraient dues aux relations communautaires et familiales positives, qui favorisent une bonne prise en charge des aînés, et à un mode de vie sain, comprenant de nombreuses activités physiques et une alimentation saine pauvre en graisse.
 
En Afrique : dans les cultures africaines, on parle de « vieillards », de « sages » ou de « vieux ». On insiste sur le fait qu’il s’agit de personnes qui ont duré sur terre, des gens de grand âge ou de plusieurs générations. Elles sont, à la fois, un patrimoine et une ressource. Pour cela, elles deviennent intermédiaires entre les vivants et les ancêtres.
 
Toutefois, des changements de mentalité s’opèrent. Avec l’introduction de l’école, de la révolution de la technologie en général et de celle de l’information en particulier, l’ordre social ancien est en train d’être renversé. L’aîné, le vieux ou la vieille, gardien du savoir et de l’expérience d’une civilisation basée sur l’oralité, est en déclin. A cela s’ajoute brutalement la découverte d’un monde nouveau : la ville, l’Europe et l’Amérique.
 
L’illusion d’un ailleurs radieux offrant plus de possibilités matérielles et de vie paisible a contribué à un dépeuplement massif des villages. C’est pourquoi beaucoup de vieilles, de vieux, d’enfants et de femmes ont été laissés dans un désarroi total. Non préparés à cette situation, beaucoup de villages africains n’ont pas les structures efficaces pour la prise en charge des personnes âgées.
 
De plus, avec l’évolution, la famille de type nucléaire (le père, la mère et les enfants) tend à se substituer à celle de type élargi (le père, la mère, les ascendants, et les collatéraux). Cela se réalise surtout en ville où la nécessité de survivre conduit, dans certains cas, à un repli sur l’unité familiale restreinte. Le changement rapide des techniques et les besoins de productivité toujours plus grands, font de la personne âgée une personne dépassée.
 
On lui donne le statut de « vieux », mais avec une connotation péjorative et une certaine rupture se crée entre elle et les autres membres de la famille, et dans certains cas, le vieillard vient à être considéré comme un fardeau.
 
En Inde : l’un des critères d’autorité et de respect parmi les plus importants est l’âge. Il est nécessaire de faire preuve de politesse et d’égards envers les personnes plus âgées que soi. En famille, cela s’illustre par la pratique du « parnam ». Il s’agit d’une prosternation qui montre le respect des enfants envers leurs parents. Il est également d’usage de masser les pieds, les mollets, les talons et les bras des personnes âgées. C’est à la fois un signe de tendresse, de respect et de soin.
 
La famille est l’unité de base à partir de laquelle se déploie l’identité d’un individu. Sans famille, la personne n’existe pas. Au-delà de la classe, de la caste, l’identité familiale est celle qui prime. La famille indienne n’est pas une famille nucléaire comme nous en avons l’habitude en Occident ; le modèle est plutôt celui d’une famille élargie où les enfants vivent avec les parents, les grands parents, les oncles et les tantes. La vie familiale est communautaire, les enfants des uns grandissent avec ceux des autres et apprennent au sein de cette microsociété une multitude de règles fondamentales à la société indienne.






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