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Article publié le 03/09/2019 à 04:03 | Lu 1798 fois

Thyroïde : vers une chirurgie sans cicatrice...




Une technique opératoire de la thyroïde non invasive (originaire d’Asie) et sans cicatrice : c’est ce que défend le docteur Grégoire Deroide, spécialisé en chirurgie générale, digestive et endocrinienne, qui a récemment importé en France cette toute nouvelle technique qui permet, pour la majorité des opérations de la thyroïde, de ne plus laisser de cicatrices disgracieuses au milieu du cou.


C’est en Asie que naît la volonté de ne pas laisser de cicatrice sur le cou des femmes… Et ce, pour une raison toute simple et propre à cette région du monde : en effet, là-bas, c’est par le cou passe le « méridien de la fécondité ».
 
Ainsi une femme qui subissait une opération de la thyroïde et qui avait ensuite une cicatrice, pouvait être considérée par les hommes comme inféconde. De fait, dès 1998, les chirurgiens asiatiques ont développé les premières techniques opératoires de la thyroïde par voie axillaire sous endoscopie.
 
La technique n’a eu de cesse d’évoluer jusqu’en 2014, où le professeur thaïlandais Angkoon
Anuwong (General Hospital de Bangkok) met au point une technique non invasive par voie endo-buccale, permettant de passer sous la peau du menton et de limiter les effets secondaires des techniques précédentes.
 
C’est cette technique que le docteur Deroide est le premier à pratiquer en France. Il a réalisé depuis mars 2019 plus de 23 interventions permettant aux patients de repartir sans cicatrice. Plus concrètement, cette chirurgie s’adresse aux patients souffrant de maladies thyroïdiennes bénignes de 7 à 8 cm maximum, de maladie de Basedow et de carcinome avec nodules de 10 mm maximum.
 
Cette intervention mini-invasive dure de 70 à 130 minutes. Elle s’effectue en passant par l’entrée de la bouche (vestibule) du patient en passant sous la peau menton. Le chirurgien procède à trois petites incisions : une, plus grande, (un à deux centimètres) au milieu de la base de la lèvre inférieure, suivie de deux autres en regard des incisives, à gauche et à droite. Là, sont introduits les divers instruments nécessaires, dont un endoscope notamment au centre.
 
La caméra miniaturisée munie d’une lumière permet au chirurgien de voir précisément le champ opératoire agrandi sur un écran. Les parties réséquées (par exemple ganglion, lobe de la thyroïde, etc.) sont extraites par la plus grande des incisions. Cette intervention peut être faite en ambulatoire quand elle est partielle, mais nécessite une nuit post-opératoire quand elle est entière.
 
Cette technique, selon les spécialistes, apporte un travail de dissection plus précis et plus fin, tout en évitant le décollement cutané, propre à l’ancienne technique. Elle résout la difficulté d’abord opposée au côté homolatéral. Elle offre au chirurgien une parfaite visibilité et assure une meilleure protection des glandes parathyroïdes et des nerfs adjacents.
 
Avec 1000 cas traités à Bangkok, 200 au John Hopkins Hospital de Baltimore et 23 en France, le docteur Grégoire Deroide espère qu’à terme plus de 50% des thyroïdectomies rentrant dans le cadre de la capacité interventionnelle, pourront être traitées par TOETVA. Il précise que cette nouvelle technique opératoire est en phase de mise en place et d’observation et que chaque intervention est étudiée au cas par cas.