Sommaire
Article publié le 25/09/2020 à 01:00 | Lu 1583 fois

Seniors en Europe : la ville n'est plus adaptée à leurs besoins




​Dans un contexte sanitaire exceptionnel, la 5ème édition du baromètre des seniors (Fondation Korian avec Ipsos) conduit auprès de 8.000 personnes dans quatre pays (France, Allemagne, Italie, Belgique) aborde entre autre, la ville et son accessibilité aux ainés. Détails.


D’une manière générale et sans trop de surprise, les seniors jugent très durement l’adaptation de leur ville à la vie des personnes âgées. Ainsi, sur les 11 critères testés par cette enquête, qui vont de l’accessibilité des services de santé à la sécurité, la note moyenne d’accessibilité des services dans la ville accordée est de 4,5/10 seulement.
 
De l’avis de tous, c’est la présence de toilettes publiques gratuites, propres et sécurisantes, qui manque notamment aux personnes à mobilité réduite, aux familles avec enfants en bas âge se déplaçant avec des poussettes, aux piétons etc.
 
Par ailleurs, face à une incapacité de conduire et face à des difficultés pour marcher, seule une minorité de seniors pourrait encore facilement continuer à fréquenter les commerces et services dont ils ont besoin : 48% pourraient facilement se rendre dans les commerces de proximité s’ils existent encore, les autres services cités étant encore plus difficiles d’accès, notamment les médecins spécialistes (seuls 32% pourraient toujours facilement se rendre dans leurs cabinets).
 
Toujours selon cette enquête, de très nombreux seniors estiment manquer de services et d’infrastructures près de chez eux : point d’aide aux mobilités (31%), distributeur de billets (26%), point d’accès aux services publics (25%), mais aussi, lieu de formation (24%) ou marché (23%).
 
Pour la grande majorité des seniors, la mise à disposition de services itinérants (ce qui commence à se développer en dentisterie ou optique) serait utile et permettrait de palier l’insuffisante accessibilité de leur ville.
 
A noter également une large majorité des sondés qui souligne l’utilité de services publics itinérants pour aider dans les démarches administratives (83% dont 36% qui considèrent qu’il serait essentiel de mettre ce service en place), alors que la dématérialisation des démarches laisse une partie de la population démunie et pas seulement les seniors.
 
C’est également le cas des cabinets médicaux itinérants (77% dont 31% « essentiel ») qui pourrait permettre de palier les déserts médicaux, mais aussi des commerces et services culturels itinérants (bibliobus, camionnette boulangerie, épicerie…) (77% dont 28% essentiel) ou encore un service de
covoiturage / navette collective / cars scolaires dédiés aux personnes âgées après dépôt des enfants à l’école (73% dont 27% « essentiel »). Un mouvement en ce sens est déjà visible sur nombre de bassins de vie.
 
Précisons que cette enquête a également interrogé ces seniors sur les services qui pourraient être mis à disposition de tous dans les maisons de retraite. En effet, le maillage des maisons de retraite est très serré : 70% déclarent vivre à moins de 5 km d’une maison de retraite. Les sondés se disent intéressés par des points d’accès aux services publics (64%) ou un médecin/une maison de santé (63%), mais aussi un distributeur de billets (61%), un parc/jardin (60%) ou un marché (59%).
 
L’intérêt est -logiquement- encore plus fort lorsque ces services sont perçus comme faisant défaut à proximité.
 
« La demande autour de ces nouvelles solutions démontre une grande ouverture d’esprit des seniors, qui devrait inspirer les futurs débats autour de la loi grand âge et autonomie. Il est vraiment temps de comprendre que les européens ont largement changé de regard sur le vieillissement ! » réagit Serge Guérin, président du Conseil scientifique de la Fondation Korian.
 
Méthodologie : Ipsos a interrogé en août 2020 plus de 8.000 personnes dans 4 pays emblématiques de l’Union Européenne (France, Allemagne, Italie et Belgique) : 4 000 seniors (1 000 par pays) constituant un échantillon représentatif de la population âgée de 65 ans et plus dans chacun des pays de l’enquête.