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Article publié le 14/03/2017 à 01:00 | Lu 2400 fois

Rox Coupler : nouveau traitement pour l'hypertension artérielle

Sous la direction du Professeur Atul Pathak et du Docteur Benjamin Honton, les cardiologues de la Clinique Pasteur ont réalisé une première en France dans la prise en charge de l'hypertension artérielle (HTA). Présentation du dispositif Rox Coupler qui vient d’être implanté sur une personne malade.


Cette affection, la HTA, touche plus de 10 millions de Français et pose plusieurs problèmes dont la difficulté de normaliser les chiffres tensionnels et la difficulté pour les patients de prendre à vie un médicament qui peut parfois entraîner des effets indésirables.    
 
Ce nouveau dispositif baptisé Rox Coupler a été implanté pour la première fois en France, en janvier dernier, par un cardiologue de la Clinique Pasteur de Toulouse, chez une patiente dont la tension artérielle était non contrôlée et qui souffrait d'un grand nombre d'effets indésirables médicamenteux.
 
La sévérité de la HTA de cette dame l’exposait à un risque élevé de faire un accident vasculaire cérébral. L'intervention a durée moins d'une heure et la patiente a été hospitalisée moins de 48 heures.
 
Plus concrètement, ce dispositif médical baptisé « ROX coupler » est une forme de stent de moins de 4 mm qui agit comme un « trombone » rapprochant l'artère et la veine au niveau fémoral, créant un conduit entre ces deux réseaux. Cette redirection du flux sanguin permet le passage de sang du circuit artériel à haute pression vers le réseau veineux (pression plus faible), entraînant une réduction du volume sanguin circulant artériel et donc de la pression artérielle chez des patients hypertendus.
 
Les effets observés ont été immédiats avec une réduction importante et significative de sa pression artérielle qui est passée de 21/13 mmhg à 18/10 mmhg dès la fin de la procédure soit plus de 25 mmhg de réduction de la pression artérielle systolique. De plus, cette pression s'est maintenue durant le suivi, et ce, sans complication. La patiente a été revue un mois plus tard et va bien.  
 
« Je suis ravie d'avoir pu bénéficier de ce traitement qui diminue la pression artérielle, je vivais avec la peur de faire une attaque cérébrale. Ne tolérant que très peu de médicaments je me demandais si on allait pouvoir faire quelque chose pour moi » indique la patiente qui a été opérée.  
 
Il s'agit de perspectives encourageantes qui confirment les données d'un essai clinique européen publié il y a plus d'un an. Ce dispositif va être évalué prochainement en France dans le cadre d'un programme de recherche clinique, coordonné par le Professeur Pathak. A terme, ce protocole devrait être disponible dans plusieurs centres français.
 
Plusieurs essais sont en cours à la clinique Pasteur pour évaluer des dispositifs médicaux dans la prise en charge de l'HTA que ce soient des diapositifs implantables ou des procédures. Ces essais sont accessibles à la plupart des patients hypertendus.  
      
L'hypertension artérielle est une maladie silencieuse qui ne présente généralement pas de symptômes. Pour la dépister le plus précocement possible, et éviter ainsi l'apparition de conséquences souvent irréversibles, le médecin traitant est en première ligne. En contact régulier avec ses patients, il doit régulièrement mesurer leur pression artérielle quel que soit le motif de la consultation.
 
Les autres professionnels de santé en contact fréquent avec une population adulte (autres spécialistes, médecins de santé au travail, pharmaciens, infirmiers) doivent aussi être encouragés à adopter ce réflexe. Après la découverte d'une pression artérielle élevée et persistante dans le temps, le diagnostic est à confirmer par une mesure en dehors du cabinet médical, au domicile, par le patient lui-même grâce à un dispositif d'automesure ou avec l'aide de professionnels en ambulatoire (MAPA)*.
 
En France, environ 14 millions de personnes ont une hypertension artérielle. Cette affection peut avoir des conséquences graves, notamment cardio-vasculaires : infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, anévrisme, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale et démence.
 
Si vous souhaitez participer à des essais dans le domaine de l’hypertension artérielle pour bénéficier de nouveaux dispositifs vous pouvez contacter l’unité de recherche clinique au 05 62 21 35 28 (Marianne Cottin, attachée de recherche clinique).