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Article publié le 30/07/2021 à 09:06 | Lu 4254 fois

Réforme des retraites : le paradoxe français




Face à l’allongement de la durée de vie, les Français ne souhaitent pas cotiser plus longtemps, veulent partir en retraite à 58 ans et envisagent de commencer à épargner à 39 ans pour la préparer… Dans ce contexte de crise sanitaire, les habitudes en matière d’épargne et de retraite évoluent. Aviva France, acteur de l’assurance et de la retraite dévoile les résultats d’une enquête réalisée par Happydemics sur la perception des Français vis-à-vis de leur retraite et de leur avenir.


Malgré une crise sanitaire mondiale qui a mis en suspend l’économie du pays, selon cette récente étude*, près de la moitié (45%) des Français s’estiment confiants en l’avenir. Pour autant, cette confiance varie considérablement selon la capacité de nos compatriotes à épargner. Ainsi, ce taux s’élèverait à près des deux-tiers -62%- chez ceux qui gagnent plus de 50.000 euros nets par an.
 
Par ailleurs, toujours selon cette enquête, 42% des sondés qui déclarent ne pas avoir confiance en l’avenir ont pioché dans leur épargne tandis que plus du tiers -35%- qui déclare être confiant en l’avenir ont augmenté leur épargne durant la crise.
 
On remarque également que 47% des actifs sont confiants en l’avenir contre seulement 42% des
retraités. Or, un 24 % des actifs ont augmenté leur épargne durant la crise sanitaire contre seulement
16 % des retraités.
 
« Considérer que la retraite est parfaitement assurée par le régime général d’État et qu’il n’y a pas nécessité d’agir à l’échelle personnelle est une des idées reçues les plus courantes chez les Français. Or, pour éviter une chute de revenus trop importante – les chiffres sont très clairs sur la faiblesse des taux de remplacement –il est impératif de s’y préparer et d’anticiper par un dispositif d’épargne-retraite individuelle » explique Serge Da Mariana, Directeur général Aviva Vie.
 
À propos de leur niveau de vie une fois en retraite, la majorité des Français (52%) considère que celui-ci va baisser (ou a baissé) ; un taux qui grimpe à près des deux-tiers -63%- chez les plus de 55 ans. Ceci s’explique (ou s’expliquera) parce qu’ils anticipent une diminution de leurs revenus (pour 63% des sondés), par une pension de régime de retraite insuffisante (pour 44%) et par des dépenses imprévues (pour 16%).
 
Source supplémentaire d’inquiétude, seuls 11% des Français (c’est très peu) considèrent que la future réforme des retraites va améliorer le niveau des pensions du régime général. On remarque également que les projets auxquels les Français destinent leur épargne sont hétérogènes. Un tiers -32%- souhaite disposer d’un capital en cas de coup dur. Viennent ensuite le financement de projets (voyages, voiture, mariage, etc.) à 29% et la préparation de la future retraite pour un quart.
 
Parmi les Français ayant augmenté leur épargne pendant la crise, plus de la moitié -52%- souhaite utiliser cette épargne pour financer leur retraite. C’est d’autant plus le cas pour ceux qui s’approchent de la retraite (79% de la classe d’âge 55-64 ans) et de ceux qui ont les meilleurs revenus (76% des Français qui gagnent plus de 50 000 euros par an).
 
Pour se renseigner sur la retraite, les Français favorisent des canaux de professionnels : 37% privilégient leur caisse de retraite (46% chez les plus de 55 ans pour qui la caisse de retraite est la première source d’informations). Viennent ensuite les professionnels (banques, assurances, courtiers) à 31% et Internet à 31% également.
 
D’une manière globale, les Français estiment que l’âge moyen idéal pour partir en retraite serait de 58 ans tandis qu’ils estiment à 39 ans l’âge moyen pour commencer à épargne : soit 19 ans avant le passage présumé en retraite.
 
Lorsqu’ils sont interrogés sur la manière dont ils vont occuper leur retraite, les Français déclarent
surtout vouloir se consacrer à leur famille (86%), profiter de la vie (78%), ou encore changer de vie (47%).
 
Ces affirmations sont d’autant plus soutenues par les Français qui ont vu leur épargne grossir durant la crise sanitaire. Ils sont 55 % à répondre « tout à fait d’accord » à l’affirmation « je vais profiter de la
vie » contre seulement 37 % des Français dans leur globalité.
 
*Étude réalisée sur un échantillon de Français interrogés par Internet du 08 juin au 15 juin 2021. La collecte des répondants a été réalisée via des Demand Supply Plateform. Échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus en genre et en âge. Les moins de 24 ans ont ensuite été retirés de l’analyse pour un total de 852 répondants. Un redressement sociodémographique a été appliqué sur la base des données Insee de ces 2 critères de profilage.