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Article publié le 10/09/2018 à 01:00 | Lu 2125 fois

Quand les rides du front illustrent un risque cardiovasculaire accru

Si les rides du front sont indéniablement liées à l’âge, elles pourraient bien être annonciatrices de la mortalité cardiovasculaire. Du moins, c’est ce que montre l’étude VISAT (Vieillissement, Santé et Travail), menée conjointement par le CHU de Toulouse, l’Inserm et le CNRS et présentée lors de l’ESC 2018 à Munich par l’équipe du Pr Jean Ferrières.


Débutée en 1993, l'étude a été menée sur une cohorte de 3.200 salariés âgés de 32 à 62 ans, dont les marqueurs visibles de l’âge ont été examinés afin de déterminer un lien potentiel avec les risques de maladies cardiovasculaires. D’après les résultats, les personnes avec des rides du front profondes peuvent avoir un risque plus élevé de décéder d’une maladie cardiovasculaire !
 
« C’est la première fois qu’un lien est établi entre les risques cardiovasculaires et les rides du front » exprime Yolande Esquirol, professeure en santé au travail au CHU de Toulouse et auteur de l’étude, lors du congrès. En effet, des études antérieures avaient déjà relatées un lien entre les maladies cardiovasculaires et le pli lobe oreille, mais jamais avec les rides du front.
 
Un score allant de 0 à 3 a été attribué à chaque salarié, zéro reflétant l’absence de rides et trois, la présence de plusieurs rides profondes. Sur une vingtaine d’année, 322 décès de causes diverses ont été relatés. Parmi eux, 15,2% des salariés présentaient un score de 2 ou 3 ; 6,6% un score de 1 et 2,1% score de 0.
 
Le constat est donc sans appel : plus le nombre de rides et leur profondeur est importante, plus le risque de mortalité cardiovasculaire augmente ; les scores de 2 à 3 moyennant un risque de mortalité 10 fois plus élevé.
 
« Vous ne pouvez pas voir ou ressentir des facteurs de risque comme l'hypercholestérolémie ou l'hypertension », déclare Pr Esquirol. L'avantage des rides (peut-être même le seul) est qu’elles sont visibles, contrairement aux facteurs de risques cardiovasculaires. Elles permettent donc de prendre en charge plus rapidement un patient, bien qu'il ne s'agisse pas d’une meilleure méthode que la mesure de la pression artérielle, du taux de cholestérol ou de la glycémie ».
 
A ce jour, la relation entre le risque cardiovasculaire et les rides reste encore inconnue des chercheurs. Selon le Pr Esquirol, « les résultats doivent être confirmés dans des études futures, mais cette méthode peut déjà être utilisée en pratique par les médecins ».

Source ESC





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