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Article publié le 27/04/2018 à 03:20 | Lu 1606 fois

Quand les Français renoncent aux soins...

Comment les Français perçoivent-ils l’accès aux soins médicaux ? Pour quelles raisons un certain nombre de personnes en France renoncent-elles à se soigner ? Et pourquoi ? Quels sont les soins les plus sujets au renoncement ? Ces questions sont au cœur de cette étude « Les Français et le renoncement aux soins », réalisée en partenariat avec l’Institut de sondage BVA du 13 au 16 mars 2018.


Premier enseignement de cette étude : près d’un tiers des Français (34%) juge que l’accès aux soins médicaux et aux professionnels de santé est difficile, en particulier pour les populations présentes dans des zones rurales (44 %) mais aussi pour les femmes de 50 ans et plus (42%) et pour ceux qui ne possèdent pas de complémentaire santé (48%).
 
Toutefois, l’élément le plus interpellant de cette étude porte sur le renoncement aux soins. Ainsi, plus de sept Français sur dix ont renoncé au moins une fois à se faire soigner quelle que soit la raison… Un renoncement multi-facteurs puisqu’en moyenne les Français ont renoncé à se soigner pour 2,4 raisons.
 
Toujours selon cette étude la moitié de nos compatriotes déclare avoir déjà renoncé à se soigner du fait de délais d’attente trop longs pour avoir un rendez-vous. Parmi eux, plus du tiers (38%) l’a même fait plusieurs fois.
 
Cette première raison de renoncement aux soins, évoquée de façon majoritaire dans un grand nombre de régions françaises, est plus marquée en zone rurale (55% dans les communes de moins de 20.000 habitants et dans les communes rurales).
 
La deuxième raison de renoncement porte sur l’impossibilité de trouver un médecin le soir, le week-end ou pendant les vacances (39%), suivi par le refus des médecins de prendre de nouveaux patients, qui constituent donc la troisième raison de renoncement aux soins pour 38% des Français.
 
Si nous poussons l’analyse sur la couverture territoriale, on constate que la problématique liée aux « déserts médicaux » porte plus sur la saturation des professionnels de santé.
 
Ainsi dans les communes rurales, plus d’un Français sur deux renoncent à se soigner du fait de délais d’attente trop longs pour avoir un rendez-vous (55%), par impossibilité de trouver un médecin le soir, le week-end ou pendant les vacances (45%), du fait du refus des médecins de prendre de nouveaux patients (42%).
 
Le manque de médecins à une distance raisonnable du domicile n’arrive qu’en 4ème position (34%). Contrairement aux idées reçues, il est important de noter que le manque de moyens financiers n’arrive qu’en 5ème position et n’est évoquée que par un tiers des Français.
 
Cette étude montre également que le renoncement aux soins porte prioritairement sur tout ce qui a trait au dentaire (consultations et soins comme la pose d’une prothèse dentaire, respectivement 31% et 28%), la consultation d’un médecin généraliste (31%) et tout ce qui touche à l’optique (équipement lunettes / lentilles et consultation, respectivement à 25% et 19%).
 
Face à ces difficultés, plus des deux tiers des Français baissent les bras et renoncent tout simplement à ces soins et à ces consultations (51%). Par ailleurs, 11% d’entre eux vont aux urgences avec le risque d’engorgement que cela peut engendrer, 10% se tournent vers un pharmacien. A noter aussi que 9% de sondés font le choix de se tourner vers un autre médecin et 2% ont recours à la télémédecine, une alternative qui fait son apparition et qui peut constituer une vraie solution.
 
Cette étude nous montre bien que le renoncement au soin est un véritable sujet de société et que le phénomène est généralisé puisque plus de 7 Français sur 10 avouent avoir déjà renoncé au moins une fois à se faire soigner. Cependant, à l’encontre de nombreuses idées reçues, la population des zones rurales n’est pas plus impactée que le reste des Français par le manque de médecin mais pâtit bel et bien d’un délai d’attente trop long pour avoir un rendez-vous et du manque de disponibilité des médecins.





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