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Article publié le 09/10/2019 à 04:34 | Lu 889 fois

Musicothérapie : quand la musique adoucit les moeurs en maison de retraite

La Société Française de Musicothérapie organisera le 14 novembre prochain à Dijon, un colloque sur le thème : « Musicothérapie en institutions gériatriques : Retrouver sa dignité d’être ». Quand la musique adoucit les mœurs en maison de retraite.


Photo by Malte Wingen on Unsplash
La musicothérapie -comme l’art-thérapie ou la médiation animale- font partie de ces « médecines douces » qui ont le vent en poupe dans les maisons de retraite. Elles viennent de fait compléter et renforcer les traitements médicamenteux sans effets secondaires.
 
Après avoir dévoilé en mars dernier un protocole unique de prise en charge musicothérapeutique des personnes âgées atteintes de démence de type Alzheimer, la Société Française de Musicothérapie poursuit sa réflexion dans ce domaine avec ce nouveau colloque.
 
C’est un fait : de nos jours les maisons de retraite (notamment les EHPAD) doivent faire face à des difficultés dans la prise en charge des personnes âgées atteintes de démence, à un taux d’absentéisme important des personnels et à la détresse des familles (il suffit de voir les dernières manifestations qui ont eu lieu hier dans l’Hexagone).
 
Alors que la France devrait compter en 2020, environ 1,3 million personnes atteintes de pathologie dégénérative, il apparaît capital, dans ce contexte, d’améliorer la qualité des prises en charge, de soulager les équipes via des solutions novatrices, d’accompagner et de déculpabiliser les familles lors du placement en institution, mais surtout et avant tout, de préserver jusqu’au bout de la vie la dignité d’être.
 
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la musicothérapie est un vieux remède dont l’utilisation remonte à la nuit des temps. La musique a toujours été perçue comme ayant des pouvoirs de guérison particuliers et aujourd’hui, plusieurs études démontrent qu’elle joue sur nos émotions et nos humeurs.
 
Par exemple, une étude récente menée par une équipe italienne, montre que la musique contribue à modifier notre activité cardiaque, notre tension artérielle ainsi que notre respiration. Une autre équipe a démontré que le fait d’écouter une musique que l’on aime permettait de réduire l’anxiété, facteur aggravant chez les personnes atteintes de maladies coronaires telles que l’infarctus du myocarde.
 
De son côté, l’association Musique et Santé mène depuis 2008 un projet auprès des ainés hospitalisés en partenariat avec le groupe hospitalier Sainte Périne Chardon Lagache à Paris. Ils ont remarqué que « l’être humain est musique avant d’être langage. Il reste sensible à la musique jusqu’au bout de sa vie. La musique favorise le sentiment d’unité, chez une personne à la mobilité réduite, elle sollicite le corps et le mouvement, elle sollicite affects, émotions, souvenirs et sensations ».
 
Par ailleurs, la musique « offre un canal privilégié pour les exprimer, leur donner sens et agit de fait sur l’anxiété, l’agitation, la dépression, l’apathie, le sentiment de non-existence… En stimulant à la fois les fonctions cérébrales, sensorielles, motrices et les activités cognitives. Quand il n’y a plus de mots, elle permet la mise en relation sensible entre les soignants, la personne âgée et sa famille. Elle ranime le sens de la présence à la vie. »