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Article publié le 09/07/2019 à 03:13 | Lu 1073 fois

Lutter contre la pénurie de médicaments : éditorial d'Agnès Buzyn, ministre de la Santé

Pour répondre aux inquiétudes légitimes des Français et aux sollicitations des professionnels de santé, tout aussi légitimes, j’ai souhaité élaborer une feuille de route concrète et opérationnelle. Le but de cette feuille de route est clair : promouvoir la transparence et la qualité de l’information, agir sur l’ensemble du circuit du médicament pour prévenir plus efficacement les pénuries de médicaments et mieux coordonner notre action, tant au niveau national qu’au niveau européen.


Les Français sont de plus en plus confrontés aux pénuries de médicaments.
 
Une récente enquête réalisée par BVA pour France Assos Santé a montré que près d’un Français sur quatre s’est déjà vu refuser la délivrance d’un traitement pour cause de pénurie.
 
Entre 2008 et 2018, ce sont près de vingt fois plus de pénuries signalées, selon les données de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Ce phénomène s’accélère, particulièrement ces dernières années. Ce sont notamment certains vaccins, certains antibiotiques, les antiparkinsoniens et certains anticancéreux qui sont les plus touchés par des tensions ou des ruptures.
 
En tant que médecin et ministre des Solidarités et de la Santé, améliorer la disponibilité des médicaments pour tous les Français est ma priorité.
 
Je sais que les professionnels de santé, prescripteurs et pharmaciens, en ville comme en établissements de santé, ont toujours su trouver des solutions permettant aux patients de poursuivre leur traitement. Je les remercie tous pour leur implication.
 
Face à la distorsion entre l’offre et la demande sans cesse croissante au niveau mondial, l’ensemble de la chaîne du médicament est impacté.
 
Dans la lutte contre ces pénuries, plusieurs dispositifs juridiques ont été élaborés, pour encadrer et renforcer l’approvisionnement en médicaments. Ainsi, en 2012 puis en 2016, de nouvelles obligations incombant respectivement aux acteurs du circuit de distribution et de fabrication ont été instaurées.
 
Toutefois, la mise en place de cet arsenal juridique renforcé n’a pas suffisamment permis de pallier les ruptures de stocks de médicaments.
 
Pour répondre aux inquiétudes légitimes des Français et aux sollicitations des professionnels de santé, tout aussi légitimes, j’ai souhaité élaborer une feuille de route concrète et opérationnelle. Le but de cette feuille de route est clair : promouvoir la transparence et la qualité de l’information, agir sur l’ensemble du circuit du médicament pour prévenir plus efficacement les pénuries de médicaments et mieux coordonner notre action, tant au niveau national qu’au niveau européen.
 
Cette feuille de route se nourrit des propositions des acteurs, notamment des associations de patients, mais aussi de nombreuses réunions de concertation et des différents rapports remis sur le sujet ces derniers mois.
 
Les grandes orientations proposées constituent un point de départ. Dès septembre, je mettrai en place une nouvelle instance de gouvernance pour enrichir cette feuille de route avec l’ensemble des acteurs concernés. Seule une approche partenariale et pluridisciplinaire permettra de relever ce défi de santé publique.
 
J’ai confiance en la participation de tous, patients, professionnels de santé et industriels du médicament, exploitants et distributeurs, afin que cette feuille de route devienne notre feuille de route commune pour mieux protéger demain les Français face au risque de pénurie.