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Article publié le 17/04/2019 à 01:00 | Lu 3914 fois

Lutter contre l'isolement des ainés et de leurs aidants

On ne peut concevoir une action forte en faveur des personnes âgées sans s’engager fermement auprès des proches aidants, dont le rôle est essentiel. L’intervention de la collectivité est nécessaire pour reconnaître et mieux soutenir les aidants. Dans le même mouvement consistant à favoriser la présence non-professionnelle auprès de la personne, le bénévolat et la présence de jeunes auprès des personnes âgées doivent être développés.


Soutenir les proches aidants et encourager la présence citoyenne
Faciliter les démarches des proches aidants. Le proche aidant accompagne la personne âgée dans toutes ses démarches, qu’elles soient administratives ou liées à la coordination des professionnels de santé, médico-sociaux ou sociaux. Ces multiples démarches, consommatrices de temps et d’énergie, doivent être allégées et simplifiées.
 
Mieux concilier rôle de proche aidant et vie professionnelle : un enjeu du dialogue social en entreprise.
L’articulation entre ces deux rôles peut nécessiter des aménagements de temps de travail, la mobilisation de congés, le refus d’offres d’évolution professionnelle voire l’interruption de l’activité professionnelle.
 
Souvent gérée par le proche aidant seul, elle est susceptible de générer stress, épuisement, voire des pertes de revenus ou des ruptures professionnelles. Les entreprises et les partenaires sociaux doivent être mobilisés fortement sur cet enjeu.
 
Améliorer l’accompagnement financier des proches aidants. Être proche aidant signifie souvent ajouter une charge financière à une fonction particulièrement exigeante sur les plans physique et psychologique. Il est proposé, dans la continuité des récentes propositions de lois en faveur des proches aidants, que la collectivité nationale apporte un soutien financier aux proches aidants.
 
Mobiliser des bénévoles et des jeunes auprès des personnes âgées en perte d’autonomie. Rompre l’isolement de la personne âgée nécessite d’insérer la personne âgée dans un réseau de liens, en rapprochant différentes générations.
 
L’accompagnement professionnel et le couple aidant-aidé doivent être complétés par la présence de bénévoles de tous âges. Ce sont ces trois strates qui doivent permettre de maintenir la personne dans un environnement social vivant.
 
Propositions clés pour soutenir les proches aidants et développer les liens intergénérationnels
Simplifier les démarches avec les Maisons des aînés et des aidants et améliorer l’accès à de nouvelles solutions de répit.
 
Présentes dans chaque département, les Maisons des aînés et des aidants auraient une mission centrale auprès des proches aidants : appui, aide à la coordination des professionnels, information, orientation etc. La nouvelle « prestation autonomie », avec un volet spécifique dédié au répit, permettra de mobiliser pleinement ce droit.
 
Indemniser le congé de proche aidant. Il est proposé d’instaurer une indemnisation du congé de proche aidant, financée par la solidarité nationale. Le montant de l’indemnité serait aligné sur celui de l’allocation journalière de présence parentale (prestation destinée aux parents s’occupant d’enfants gravement malades, accidentés ou en situation de handicap).
 
Faire de la conciliation du rôle d’aidant et de la vie professionnelle un sujet obligatoire du dialogue social et un critère de responsabilité sociale et environnementale des entreprises. La situation des proches aidants salariés doit être mentionnée de façon explicite dans la liste des sujets obligatoires de négociation de branche tous les 4 ans.
 
Afin de mesurer l’effectivité des actions mises en œuvre, un item relatif aux proches aidants devra figurer dans le bilan social annuel de l’entreprise. Les couvertures assurantielles collectives à destination des proches aidants pourraient se développer, améliorant d’autant la couverture des aidants salariés contre le risque de perte de revenus.
 
En parallèle, un critère spécifique « conciliation entre vie professionnelle et vie privée des salariés aidants » serait introduit dans le cahier des charges du label égalité professionnelle.
 
Mobiliser le service national universel et le service civique auprès des personnes âgées. Le service civique est aujourd’hui mobilisé auprès des personnes âgées. Il est proposé de définir au niveau national une proportion de missions de service civique en proximité des personnes âgées pour renforcer la mobilisation actuelle.
 
Par ailleurs, les associations œuvrant dans le champ de l’autonomie devront se porter candidates en tant que lieu d’accueil des jeunes pour les périodes d’engagement, obligatoires ou volontaires, prévues dans le cadre du service national universel. La mobilisation du service civique et du service national universel doit se faire dans un souci de complémentarité, et non de substitution, avec les interventions professionnelles.
 
Autres propositions
Utiliser le dossier médical partagé pour améliorer le suivi médical des aidants. Il est proposé de mentionner dans le dossier médical partagé (DMP) de la personne âgée le nom et les coordonnées du proche aidant afin de faciliter son suivi médical par le médecin traitant. Inversement, le DMP du proche aidant mentionnerait la situation de proche aidant de l’intéressé.
 
Mobiliser les Conférences des financeurs pour la perte d’autonomie sur le soutien aux actions innovantes en faveur des aidants. Dans le cadre des Conférences des financeurs, la formalisation d’une stratégie départementale en faveur des proches aidants serait obligatoire sur la base d’une feuille de route annuelle.
 
Renforcer l’attractivité des produits d’assurance privée en développant de nouveaux services aux aidants, mobilisables dès la souscription du contrat d’assurance (aide psychologique, information, assistance téléphonique, voire financement d’une solution de répit).