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Article publié le 27/08/2018 à 01:00 | Lu 1048 fois

Les vieux fourneaux : entretien avec Roland Giraud, interprète d'Antoine

On l’attendait depuis des mois. Enfin, ils arrivent. Les vieux fourneaux, film issu de la bande dessinée phénomène arrive sur nos grands écrans ce jour dans toute la France avec en prime, le bonheur de retrouver Eddy Mitchell, Pierre Richard et Roland Giraud qui interprètent trois amis d’enfance de 70 balais qui ont bien compris que vieillir était le seul moyen de ne pas mourir et ils sont bien déterminés à le faire avec style ! Entretien avec Roland Giraud, interprète d'Antoine.


Malgré les conseils de nombreux copains, je n’avais pas lu les albums des Vieux Fourneaux. Il faut dire que je ne suis pas un grand « bédéphile ». Quand j’ai reçu le scénario, je ne savais donc pas grand-chose.
 
La lecture du script m’a immédiatement emballé. Comment résister à ces trois bonhommes ronchonneurs, burlesques, à la fois intrépides et casaniers, en déphasage total avec le monde d’aujourd’hui ?
 
J’étais d’autant plus enthousiasmé que l’histoire se passe dans le sud-ouest, la région où j’ai passé mon enfance et que quelques scènes devaient même se tourner à Montauban, dans la clinique que mon frère a créée.
 
Comble de bonheur, les dialogues étaient du tonnerre et Pierre Richard et Eddy Mitchell étaient pressentis pour être mes partenaires. Je n’avais jamais travaillé avec eux, mais à en croire le vieil adage selon lequel les amis de mes amis sont mes amis, je subodorais un tournage délicieux.
 
Je me suis alors précipité sur la bédé pour savoir à quoi ressemblait mon personnage d’Antoine, et si nous allions, lui et moi, pouvoir nous entendre (Rire). J’ai été rassuré. ! Sur le plan du caractère, on avait pas mal de points communs : il est chiant, il est speed, il a des colères subites, a un côté sale gosse, mais, dans le fond, est très gentil.
 
C’est juste un mec un peu trop sensible qui se cramponne aux valeurs de sa jeunesse. Sa personnalité collait bien à la mienne. Restait à lui ressembler physiquement. Côté stature, c’était plausible, au niveau capillaire, un peu moins. On m’a demandé de me teindre les cheveux en blanc. Ce traitement ne leur a pas plu, la moitié est tombée. J’attends encore qu’ils repoussent ! Mais, passons ! J’ai adoré être Antoine.
 
Jouer avec Pierre et Eddy a été une partie de plaisir. Chacun a d’emblée affiché de l’indulgence pour les petits « trucs » des deux autres : pour Pierre, son téléphone, pour Eddy, l’optimisation de son confort, et pour moi, mes petits pense-bêtes. On s’est tout de suite très bien entendus, malgré nos différences dans nos méthodes de travail.
 
Moi, sur un plateau, ayant besoin de beaucoup de concentration, je ne rigole pas. J’ai sans doute une rigueur un peu trop « draconnienne ». Pierre, qui vient comme moi de la comédie est aussi très rigoureux, mais comme il a un côté clown, il paraît plus « cool ». C’est un feu follet ! Quant à Eddy, il affiche une décontraction à toute épreuve, que Pierre et moi lui avons souvent enviée. C’est un seigneur ! 
 
Quand on joue, comme cela, dans une confiance et un respect mutuel, c’est le paradis. Il faut dire qu’on avait un réalisateur formidable, à la fois rigolard et très pointilleux, sachant toujours ce qu’il voulait, tout en nous laissant la bride sur le cou. On avait aussi en Alice Pol une partenaire de rêve. Un bijou de comédienne, à la fois bienveillante et diantrement habile. Elle devait jouer en même temps ma femme et ma fille. Ce n’était pas facile. Elle a été sensationnelle.
A part le fait de se lever très tôt –6h30, c’est difficile pour le théâtreux que je suis, qui émerge rarement avant 10 heures du matin-, à part aussi quelques scènes qui ont été assez épiques, comme celle où il a fallu courir vite, ce tournage a été comme une parenthèse enchantée. Quand je regarde ces Vieux Fourneaux, qui combine romantisme, poésie, burlesque et drôlerie, dans une saveur langagière mitonnée à l’ancienne, j’ose avouer que je suis content.
 
Je n’ai pas de tournage en vue pour le moment, car les planches me rappellent pour un dialogue qui s’intitule Hate letters. C’est un contre-pied à Love Letters qui avait été donné il y a quelques années, un échange épistolaire entre une femme et un homme qui se séparent dans le bruit, la mauvaise foi et la fureur.
 
Je vais le jouer avec ma femme Maaike Jansen, avec laquelle je ne m’étais pas monté sur scène depuis Le Technicien. Nous serons dirigés par Thomas le Douarec. Début des festivités : janvier 2019. Je salive déjà.