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Article publié le 22/02/2021 à 02:00 | Lu 10690 fois

Les troubles du sommeil : le point avec le docteur Rémi Lombard (partie 2)




Depuis plusieurs décennies, le nombre de personnes atteintes de troubles du sommeil ne cesse d’augmenter et les durées de nos nuits, de diminuer. Or, le sommeil joue un rôle déterminant sur notre état de santé et sur nombreuses de nos fonctions biologiques (mémoire, apprentissage, métabolisme, immunité…).


Quelles sont les grandes pathologies du sommeil ? Comment les traiter ?
Il existe deux grandes pathologies liées au sommeil : l’insomnie et l’apnée du sommeil.
 
L’insomnie touche 20% des Français, dont 9% de façon sévère. Elle se caractérise par des difficultés d’endormissement, des réveils fréquents ou avant l’heure désirée. Ces manifestations nocturnes s’accompagnent de retentissements diurnes comme des troubles de l’attention, de la mémoire, de la concentration, une sensation de mal-être, une irritabilité pendant la journée…
 
Elle devient chronique lorsqu’elle survient plus de 3 fois par semaine pendant au moins 3 mois et justifie d’une thérapie cognitivo-comportementale pour la traiter.
 
Les médecins peuvent prescrire des médicaments à base de benzodiazépines. Cependant, ces médicaments peuvent entraîner une dépendance et vont nécessiter une augmentation des doses pour maintenir leur efficacité.
 
Ces médicaments ne constituent donc pas forcément la meilleure solution, d’autant que selon certaines études, ils augmentent de 50% le risque de développer une maladie d’Alzheimer, de 30% le risque de développer un cancer et le risque de mortalité prématurée.
 
L’apnée du sommeil correspond à une obstruction des voies respiratoires pendant le sommeil (la langue chute dans le pharynx et empêche le passage de l’air).  Ces périodes répétées d’asphyxie, dont le dormeur n’a pas conscience, engendrent une hypoxie intermittente délétère pour l’organisme, en particulier sur le plan cardiovasculaire.
 
Elle se manifeste par des ronflements, des arrêts de la respiration, un sommeil non réparateur, de la fatigue, une somnolence, des maux de tête au réveil, des levers fréquents pour uriner, de l’irritabilité, ou encore des troubles de la mémoire et de la concentration...
 
Ce trouble concerne 13% des hommes et 6% des femmes adultes et touche souvent les patients en surpoids (mais pas uniquement !). Certaines pathologies sont souvent associées à ce syndrome.
 
Souffrent en effet d’apnée du sommeil : 50% des personnes atteintes de diabète de type II, 50 à 80% des personnes ayant des troubles du rythme cardiaque et 80% des personnes atteintes d’hypertension artérielle.
 
Pour diagnostiquer la présence d’apnées du sommeil, il faut réaliser un enregistrement du sommeil en ayant recours, soit à la polygraphie (qui peut être faite à domicile) soit à la polysomnographie (beaucoup plus précise et qui nécessite une hospitalisation d’une nuit seulement).
 
Le premier traitement du syndrome d’apnée du sommeil reste la pression positive continue avec une machine qui envoie de l’air par le nez ou par la bouche pour laisser les voies aériennes ouvertes et permettre ainsi aux patients de respirer normalement.
 
Une orthèse d’avancée mandibulaire qui tracte la langue en avant peut aussi être utilisée en fonction de l’anatomie du patient.
 
Le confinement et l’épidémie : une situation propice au développement des troubles du sommeil
Perturbant nos habitudes et facteur de stress chez un grand nombre d’entre nous, le confinement et l’épidémie de Covid-19 ont favorisé le développement de troubles du sommeil. Le docteur Lombard a constaté une augmentation considérable du nombre de ses consultations.
 
Le confinement a entrainé de nombreuses perturbations dans la vie quotidienne. Les Français ont vu leurs routines sociales et professionnelles chamboulées, de même pour leurs loisirs. L’organisation personnelle a été modifiée.
 
Certains ont également passé plus de temps sur les écrans, à des heures plus tardives, ce qui entraîne un décalage de l’horloge biologique. L’absence de contraintes professionnelles conduit à des levers irréguliers, ce qui perturbe les rythmes. C’est donc plus difficile de maintenir une horloge biologique équilibrée dans ces conditions.
 
Voici les recommandations du docteur Rémi Lombard pour éviter l’installation durable des troubles :
Les conseils que l’on peut proposer consistent à essayer de remettre l’horloge biologique à l’heure. Il s’agit de reprendre des heures de coucher et de lever très réguliers ; ne pas traîner au lit si la nuit a été mauvaise et ne pas rester au lit le week-end.
 
Il convient également d’éviter avant le coucher de regarder les tablettes, téléphones et ordinateurs.
Il faut également se méfier des excitants, tel que l’alcool ou encore la caféine par exemple. Or, on a constaté que pendant le confinement les personnes consommaient plus d’excitants, qui sont plus facilement disponibles.
 
On peut également conseiller d’essayer de privilégier une activité calme avant le coucher et d’éviter les énervements et les planifications.
 
Enfin, il faut préférer des chambres adaptées, dans l’obscurité, le silence et avec une température entre 18°c et 20 °C.








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