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Article publié le 11/01/2018 à 12:01 | Lu 16975 fois

Les spécificités du risque cardiovasculaire chez la femme

Dans le cadre des 28èmes Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie qui se tiendront du 17 au 20 janvier 2018 au Palais des Congrès de Paris avec comme fil conducteur cette année, le thème « Coeur, Vaisseaux et Métabolismes », le Docteur Stéphane Manzo-Silberman fait le point sur les spécificités du risque cardiovasculaire chez la femme.


Les spécificités du risque cardiovasculaire chez la femme
La pathologie cardiovasculaire constitue la première cause de mortalité chez la femme, loin devant les cancers. En France, ces maladies sont responsables de 51,4 décès pour 100.000 femmes de 35 à 74 ans, dont 11,9 sont liés à la maladie coronaire.
 
Près de 40% des cas de Syndromes Coronaires Aigus (SCA) admis dans les unités de soins intensifs, sont des femmes. Cependant, ce sont les femmes qui présentent les taux de complications les plus élevés et les pronostics les plus défavorables.
 
Dans les différents travaux publiés s’intéressant aux disparités de sexe dans le SCA, force est de constater que les femmes présentent plus de facteurs de risque et de comorbidités que les hommes. Jusqu’à présent, l’âge moyen des femmes lors de leur premier évènement coronaire était de 5 à 10 ans supérieur à celui des hommes.
 
Passés les cinquante ans, avec les modifications hormonales liées à la ménopause, les femmes ont des niveaux de cholestérol total plus élevés, et surtout de LDL-cholestérol (l’hypertriglycéridémie semble avoir chez la femme un impact plus important sur le risque de la maladie coronaire) ; et sont plus fréquemment hypertendues et diabétiques.
 
Non seulement ces facteurs de risque sont plus fréquents, mais ils sont également à des niveaux de sévérité supérieurs au pronostic plus sombre, notamment pour le diabète. Le taux de mortalité cardiovasculaire de la femme diabétique n’a pas régressé, alors que de nettes améliorations ont pu être constatées chez l’homme diabétique.
 
Jusqu’à présent, seul le tabagisme semblait moins présent, mais les tendances sont assez alarmantes : de moins de 40% de femmes tabagiques actives en 1995 elles étaient plus de 70% en 2010. Cette forte progression intéresse principalement les femmes les plus jeunes : plus de 80% des femmes présentant un infarctus avant l’âge de 50 ans sont des fumeuses !
 
En parallèle des facteurs de risque traditionnels, des nouveaux facteurs ont été mis en évidence dans le risque athéromateux comme : le niveau d’inflammation supérieur, le déficit en œstrogènes, la résistance à l’insuline, une forme androïde d’obésité et l’inflammation chronique liée aux maladies systémiques. De même, le stress et la précarité semblent impacter plus significativement les femmes.
 
Devant une inflation des cas de SCA chez les femmes, notamment les plus jeunes (près de 20% d’augmentation de 2008 à 2013), les facteurs de risque doivent être activement recherchés et traités efficacement : contrôle de l’hypertension, recherche et équilibre du diabète, de l’hypercholestérolémie, lutte contre le tabagisme afin de contrecarrer l’évolution actuellement constatée.





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