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Article publié le 19/04/2021 à 01:00 | Lu 3747 fois

Les seniors : un catégorie de mangeurs "hétérogène"




Un collectif de chercheurs français* a identifié des « profils de mangeur » et pose les bases pour une reconnaissance de ces typologies grâce à une vaste enquête multidisciplinaire auprès d’un panel de seniors. En effet, le vieillissement de la population s’accompagne de nombreux changements physiologiques, sensoriels, psychologiques et sociologiques susceptibles de moduler le comportement alimentaire et le statut nutritionnel des seniors.


Leurs résultats, parus le 15 avril dans la revue Appetite leurs ont permis de dresser une cartographie de 7 « profils types de mangeurs », un outil précieux pour leur proposer une alimentation sur mesure.
 
Une population, des profils différents
Grace à leur enquête, les chercheurs ont identifié 7 profils parmi les seniors. Les trois premiers regroupent essentiellement des « jeunes » seniors de moins de 80 ans, avec un bon état nutritionnel. Ces personnes diffèrent entre elle par leurs préférences alimentaires, leur désir d’une alimentation saine et leur intérêt pour l’alimentation.
 
Ainsi, le profil 1 (50% d’hommes) mange avec plaisir et de bon appétit, notamment de la viande. Le groupe 2 (80% de femmes) quant à lui est sensible aux effets de l’alimentation sur la santé. Enfin, la 3ième catégorie (86% de femmes) présente un moral en berne, des choix alimentaires davantage gouvernés par les émotions et une baisse des capacités olfactives par rapport aux deux premières.
 
Les quatre derniers profils incluent des personnes âgées de plus 80 ans et qui sont caractérisées par une augmentation du risque nutritionne. Le profil 4 regroupe des personnes actives et en bonne santé, présentant de nombreuses similarités avec le profil 1 : une appétence pour les produits carnés et une bonne estime de soi.
 
Le profil 5 a conservé un bon appétit tout en étant sensible au lien alimentation santé, comme le profil 2. Enfin, le profil 6 regroupe des personnes ayant des difficultés à manger (troubles bucco-dentaires, douleurs en bouche…) tandis que le profil 7 regroupe des sujets souffrant de solitude et présentant des symptômes dépressifs.
 
Chez ces deux derniers, le statut nutritionnel est inquiétant avec 83% de personnes dénutries ou à risque de dénutrition contre 16% dans le profil 4 et 39% dans le profil 5 (ce risque est inférieur à 10% dans les profils « jeunes » seniors).
 
Ces résultats soulignent la forte hétérogénéité des déterminants du comportement alimentaire au sein de la population âgée, avec un tournant autour de 80 ans. Ce travail met en lumière la nécessité de développer des interventions ciblées pour lutter contre la dénutrition auprès des seniors, en tenant compte de leur situation de vie et de leurs difficultés, mais aussi de leurs préférences et croyances en matière d’alimentation.
 
Ce type d’enquête constitue un appui aux recherches visant à développer et assurer une nutrition préventive, adaptée aux exigences de chaque période de la vie et de chacun.
 
Des seniors aux quatre coins de la France
Les chercheurs ont mené une enquête auprès de 559 français âgés de plus de 65 ans. Ces personnes ont été sélectionnées et recrutées dans plusieurs villes pour garantir une représentativité de différentes situations de vie : à domicile ou en institution, autonomes ou dépendantes.
 
Les scientifiques leur ont alors posé plusieurs questions, « Quelle est votre fréquence de consommation de viande ? », « Avez-vous besoin d’aide pour préparer vos repas ? », « Pensez-vous que manger est une source de plaisir ? », « Pouvez-vous vous lever 5 fois de suite de votre chaise ? »...
 
Au total, plus de 50 variables ont été collectées auprès de chaque participant grâce à une batterie de questionnaires, tests sensoriels et exercices physiques.

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