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Article publié le 13/09/2021 à 01:00 | Lu 2520 fois

Les médecines complémentaires et alternatives : un enjeu pour les aidants




Fatigués physiquement ou psychologiquement, en burn out, isolés : les aidants non professionnels peuvent parfois se retrouver dépassés par l’accompagnement qu’ils offrent à la personne aidée. Des dispositifs d’écoute et les structures de répit permettent de les aider, tout comme l’accès aux médecines complémentaires et alternatives (MCA).


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Les aidants sont des acteurs indispensables du maintien à domicile. Ils contribuent à l’accompagnement pour l’autonomie de leur proche, et permettent d’éviter ou de faire reculer l’entrée en institution.
 
Les soutenir et leur proposer des temps de répit participent à leur qualité de vie, l’occasion de prendre un moment pour eux et de se ressourcer. « Si on ne s’occupe pas de l’aidant, nous allons aux devants de catastrophes pour la personne aidée », souligne Benoît Durand, directeur délégué de France Alzheimer.
 
« Les aidants passent par des moments difficiles au quotidien, il ne faut pas oublier que la maladie ne connaît pas de weekends ou de vacances, rappelle Joël Jaouen, président de France Alzheimer. Or, un aidant bien accompagné et formé est un aidant efficace. »
 
France Alzheimer l’a compris depuis longtemps. La structure coordonne un réseau de 101 associations départementales qui proposent, en fonction de leurs moyens humains et financiers, des actions à l’égard des aidants.
 
« Depuis l’origine, notre champ d’actions porte sur l’accompagnement non médicamenteux, fait savoir Benoît Durand. Pendant longtemps nous nous sommes concentrés sur les aidants. Mais depuis cinq à six ans, notre approche a évolué et nous proposons des actions spécifiques pour les malades, en complémentarité de celles offertes aux aidants afin d’éviter toute culpabilisation lorsqu’ils prennent du temps pour eux. »
 
Évaluation des pratiques
De nombreuses associations départementales proposent des cafés-mémoires, des ateliers d’hypnose, de sophrologie, de méditation ou encore de musicothérapie. « L’objectif est d’apporter aux aidants des moments de bien-être, de détente et d’évasion, explique Joël Jaouen. C’est aussi l’occasion de maintenir le lien social pour éviter l’isolement si fréquent chez les aidants. »
 
Aujourd’hui, France Alzheimer souhaite aller plus loin et s’est rapprochée de l’Agence des médecines complémentaires et alternatives (MCA) afin d’évaluer scientifiquement les pratiques. « Nous avons de bons retours des personnes accompagnées, qui nous disent que les MCA leur procurent un bien-être, se félicite le directeur de l’association. Mais pour le moment, nous n’avons que leur perception. »
 
De fait, France Alzheimer et l’A-MCA ont élaboré un protocole de recherche et d’évaluation de trois pratiques proposées par les associations à savoir la méditation collective, l’hypnose et la sophrologie.
 
« L’objectif de notre convention est d’évaluer les bienfaits et les bénéfices de ces MCA sur les aidants », indique Joël Jaouen. « Nous voulons développer une réelle offre de service dans le domaine, nous positionner sur ce qui fonctionne le mieux pour l’aidant, et pour y parvenir nous devons l’évaluer », ajoute Benoît Durand.
 
L’évaluation de la perception des aidants permettra ainsi de proposer des pistes et des plans d’actions reposant sur des bases solides.