Les intoxications au monoxyde de carbone : faites attention avec le retour du froid

Alors que les intoxications au monoxyde de carbone (gaz invisible, inodore et mortel) sont la première cause de décès par toxique en France, il convient de sensibiliser la population sur les risques liés au monoxyde de carbone et les bons gestes à adopter.





Avec une centaine de décès au niveau national chaque année, le monoxyde de carbone (CO) est la première cause de mortalité par toxique en France.

Plus des trois quarts des Français équipés d’appareil de chauffage à combustion ne sont pourtant pas conscients d’avoir à leur domicile des appareils susceptibles d’émettre du CO.

Prévenir les intoxications au monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone est un gaz asphyxiant indétectable : il est invisible, inodore et non irritant. Il résulte d’une mauvaise combustion au sein d’un appareil ou d’un moteur à combustion, c’est-à-dire fonctionnant au gaz, au bois, au charbon, à l’essence, au fuel ou encore à l’éthanol.

Il se diffuse très vite dans l’environnement et peut être mortel en moins d’une heure. La grande majorité des intoxications au monoxyde de carbone se produit de manière accidentelle dans l’habitat (85%).

La chaudière reste la source d’intoxication la plus fréquente (42% des cas d’intoxications) ; mais on observe une augmentation importante des épisodes d’intoxication au CO liés à une utilisation inadaptée de groupe électrogène, lors d’événements climatiques majeurs entraînant une coupure prolongée en alimentation électrique.

Afin de limiter les risques d’intoxication au monoxyde de carbone au domicile, il convient :
 
  • avant chaque hiver, de faire systématiquement vérifier et entretenir les installations de chauffage et de production d’eau chaude, ainsi que les conduits de fumée (ramonage mécanique) par un professionnel qualifié ;
  • tous les jours, d’aérer au moins 10 minutes, de maintenir les systèmes de ventilation en bon état de fonctionnement et de ne jamais obstruer les entrées et sorties d’air ;
  • de respecter systématiquement les consignes d’utilisation des appareils à combustion indiquées par le fabricant : ne jamais faire fonctionner les chauffages d’appoint en continu ; placer impérativement les groupes électrogènes à l’extérieur des bâtiments ; ne jamais utiliser pour se chauffer des appareils non destinés à cet usage : cuisinière, brasero, barbecue, etc.
En présence d’un appareil à combustion, maux de têtes, nausées, vomissements, sont les symptômes qui doivent alerter. Si ces symptômes sont observés chez plusieurs personnes dans une même pièce ou qu’ils disparaissent hors de cette pièce, cela peut être une intoxication au monoxyde de carbone. Dans ce cas, il est nécessaire d’aérer, d’évacuer le lieu et d’appeler les urgences en composant le 15 ou le 112.

La densité du monoxyde de carbone est voisine de celle de l’air, il se diffuse donc très vite dans l’environnement. Après avoir été respiré, il se fixe sur les globules rouges à la place de l’oxygène et peut s’avérer mortel en moins d’une heure :
 
  • 0,1% de CO dans l’air tue en 1 heure,
  • 1% de CO dans l’air tue en 15 minutes,
  • 10% de CO dans l’air tuent immédiatement.
La prise en charge des personnes intoxiquées doit intervenir rapidement, dès les premiers symptômes, et peut nécessiter une hospitalisation.
 
Pour en savoir plus, consulter la brochure de Santé publique France.

Les sources de monoxyde de carbone dans l’habitat correspondent aux différents appareils à combustion :
  • les chaudières et chauffe-eau,
  • les poêles et cuisinières,
  • les convecteurs fonctionnant avec des combustibles,
  • les appareils de chauffage fixes ou mobiles (d’appoint),
  • les braseros et barbecues,
  • les cheminées et inserts, y compris les cheminées décoratives à l’éthanol,
  • les groupes électrogènes ou pompes thermiques,
  • les engins à moteur thermique (voitures et certains appareils de bricolage notamment).

Les détecteurs de monoxyde de carbone : ce qu’il faut savoir

Il existe sur le marché des détecteurs de monoxyde de carbone pour lesquels des procédures d’évaluation sont en cours. Cependant, ces détecteurs ne suffisent pas pour éviter les intoxications.

La prévention des intoxications passe donc prioritairement par l’entretien et la vérification réguliers des appareils à combustion et conduits de fumée, l’aération quotidienne, l’utilisation appropriée des groupes électrogènes et chauffage d’appoint, etc.

À savoir : les comportements à adopter en réaction d'un déclenchement d'alarme d’un DAAF (ne pas sortir de chez soi, calfeutrer les portes, se mettre à côté de la fenêtre et attendre les secours) sont à l’inverse de ceux à adopter si l’alarme d’un détecteur de monoxyde de carbone (CO) se déclenche (ouvrir les fenêtres et sortir du logement).

Article publié le 21/12/2022 à 03:19 | Lu 5453 fois




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