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Article publié le 07/03/2018 à 03:03 | Lu 1764 fois

Les Français et leurs connaissances sur le cerveau (sondage)

En 2018, la FRC a souhaité mieux évaluer les connaissances des Français sur leur cerveau. Pour ce faire, et dans le cadre de sa campagne Remettons le cerveau en tête, elle vient de réaliser un grand sondage* qui fait le point sur ce que nous savons -ou pas- sur cette organe passionnant, mystérieux, et étonnant. En voici les grandes lignes.


« Aujourd’hui, indique Jean-Marie Laurent, président de la FRC, il est acquis et démontré que l’activité physique exerce un effet protecteur sur les maladies neurodégénératives et apporte une amélioration certaine du sommeil, de l’humeur et des fonctions cognitives ».
 
Et de poursuivre : « A contrario, le stress chronique, l’exposition à des polluants, l’isolement social, une alimentation mal adaptée et d’autres encore représentent des facteurs de risque pour la bonne santé de notre cerveau. Ces thèmes sont connus des chercheurs, mais qu’en est-il des Français ? ».
 
Ainsi, selon ce sondage, près de la moitié des Français, 45%, se dit inquiet pour la santé de leur cerveau. Les plus inquiets étant ceux qui se déclarent stressés (58%). Une large majorité (83%) cite au moins une maladie du cerveau parmi les maladies les plus préoccupantes à titre personnel. On voit que c’est une préoccupation réelle et importante, résultat en cumulé proche de celui des cancers (84%).
 
Sans surprise, les personnes âgées craignent plus particulièrement les maladies neurologiques. Pour autant, il est étrange de constater que les troubles psychiques inquiètent peu (31%) malgré le nombre très élevé de patients concernés par ces maladies en France. Sur ce petit tiers ayant cité au moins un trouble psychique, 12% concernent l’addiction et 22% un trouble psychique comme la dépression, les troubles bipolaires, la schizophrénie, l’autisme, les Toc, l’hyperactivité…
 
Autre point : nos compatriotes citent la drogue, l’alcool, le stress et le manque de sommeil comme les quatre facteurs de risque ayant le plus un « impact négatif très important » sur le cerveau. Les experts interrogés ont également cité ces quatre mêmes facteurs de risque, en les mettant encore plus en avant notamment pour le manque de sommeil et le stress. Celui-ci apparait de fait comme l’un des facteurs les plus nocifs : 38% pensent qu’il a un impact négatif très important pour le bon fonctionnement du cerveau, juste après l’alcool (39%) et les drogues (68%). 
 
Le stress est beaucoup plus identifié comme ayant un impact négatif très important par rapport à la moyenne de la population Française par les personnes qui s’estiment stressées (45% contre 38% de l’ensemble) et par les personnes concernées (ayant une personne de leur entourage proche touchée ou étant eux-mêmes touchés) par une maladie du cerveau comme l’épilepsie (46%), l’addiction (44%) la maladie d’Alzheimer (44%), la dépression (43%) ou l’AVC (43%).
 
Autre point important de ce sondage : certains facteurs de risque bien identifiés, sont minorés par les Français par rapport aux experts. Un quart indique l’isolement social comme ayant un impact négatif très important, contre 35% des experts. Un autre décalage concerne l’alimentation trop riche citée comme ayant un impact négatif très important par 21% des Français contre un tiers des experts.
 
Toutefois, le plus grand décalage concerne le manque d’activité physique citée par 23% des Français contre 40% des experts. Les catégories pollution, ondes du téléphone, pesticides sont quant à elles moins citées comme ayant un impact négatif très important en comparaison avec le tabac ou le manque de sommeil.  
 
Différents facteurs de risque ont été présentés au sondés (tabac, alcool, excès de bruit, pollution de l’air, pesticides, stress, soleil, alimentation déséquilibrée, utilisation sans gants de produits ménagers, manque d’exercice physique, drogues) et il leur a été demandé d’y associer les organes qui pouvaient être endommagés par ces mêmes facteurs de risque (cœur, foie, poumons, appareil ORL, articulations, peau, reins, système digestif, système endocrinien).
 
L’étude a démontré que si un grand nombre de facteurs de risque pour le cerveau sont identifiés, les Français associent davantage de facteurs de risque au cœur ou à d’autres organes vitaux qu’au cerveau.
 
D’autre part, le déséquilibre alimentaire n’est pas spontanément associé à la santé du cerveau : seulement 21% estiment qu’il peut l’endommager contre 77% des experts. Sans surprise, ils citent spontanément le cœur, le système digestif et le foie, bien avant le cerveau.
 
Quant au manque d’activité physique, il est surtout associé au cœur (87%), aux articulations (76%) aux poumons (45%) et seulement un gros quart (27%) estime qu’il peut endommager le cerveau. Le collège d’experts lui l’associe au cerveau (77%) au même niveau qu’aux articulations (77%) et plus que pour la santé des poumons (56%). 
 
D’une manière générale, la santé de nos cellules grises est associée aux activités intellectuelles (53%). La qualité du sommeil est mise en avant pour près de la moitié des sondés (47%) qui la cite comme un élément primordial pour préserver la santé du cerveau. Les Français sont d’ailleurs conscients que le sommeil agit « beaucoup » sur la forme physique (78%), la consolidation de la mémoire (74%), les capacités d’apprentissage (74%) ou encore les risques de dépression (73%). 
 
On est aussi bien conscient que l’activité physique est un des éléments importants pour maintenir son cerveau en bonne santé (40%) en le plaçant en 3ème position après les activités intellectuelles et le sommeil et devant le fait de contenir son stress (33%). Mais les experts, eux, lui attribuent une place plus importante en deuxième position (63%) juste après la pratique des activités intellectuelles (72%) et devant le sommeil (44%).
 
Seul un petit tiers (28%) des Français assure pratiquer une activité physique dans un objectif de bien-être psychologique, leur objectif principal étant de préserver la forme physique (64%) et d’éviter les problèmes cardiaques (41%). Les 65 ans et plus sont davantage à citer le fait d’entretenir le cœur (59% contre 41% de l’ensemble).
 
Les Français ne savent pas bien ce qu’il faut faire au quotidien pour garder leur cerveau en bonne santé (62%) et manquent d’information sur les risques liés au cerveau (59%). Ils ont besoin d’être accompagnés dans leurs comportements et attendent qu’on leur dise ce qu’il faut faire plutôt que leur dire ce qui est mauvais.
 
Depuis près de vingt ans, la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (FRC) soutient la recherche en neurosciences et diffuse largement au grand public des informations sur les avancées de la recherche. En 2017, elle a mis en ligne moimoncerveau.org, un module interactif où chacun peut tester ses connaissances sur les bonnes pratiques pour prendre soin de son cerveau.
 
*Ce sondage a été réalisé par BVA en collaboration avec la FRC