Les Diaboliques de Christophe Barbier au Théâtre de Poche Montparnasse : Diaboliquement sympathique !

Rien à voir avec le film d’Henri-Georges Clouzot, il s’agit en fait de l’ouvrage homonyme de Jules Barbey d’Aurevilly, paru en 1874. Ouvrage sulfureux, d’abord interdit et qui faillit valoir un procès à son auteur. Ouvrage que reprend ici Christophe Barbier sous une forme théâtrale, pour notre plus grand plaisir.





LES DIABOLIQUES ©Sebastien Toubon
Des six nouvelles qui composent l’œuvre originale, notre cher journaliste à l’écharpe rouge en a retenu quatre pour composer une pièce mêlant habilement des moments où l’auteur d’origine se défend devant un juge d’instruction et d’autres qui reprennent les quatre nouvelles choisies.
 
La mise en scène est confiée à Nicolas Briançon, un grand habitué de nos plateaux de théâtre parisiens. On se souvient avec bonheur de sa récente production de « Jacques et son Maître » de Milan Kundera, texte où apparaissait déjà ce procédé de « récit intégré ».
 
Quatre acteurs se partagent les rôles, jouant alternativement celui de Barbey d’Aurevilly lui-même ou celui des protagonistes des diverses histoires qui nous sont racontées.
 
Tout cela dans la plus grande fantaisie, où l’on voit parfois un homme jouer le rôle d’une femme alors que face à lui une actrice est devenue chevalier.
 
Le décor de Bastien Forestier mérite tous nos éloges : une grotte aux reflets bronze-bleutés agrémentée de quelques objets rouges ou dorés, qui suggère un monde clos et onirique en parfaite adéquation avec le sujet de ces quatre fables.
 
Et puis, il faut signaler le travail des éclairagistes qui met particulièrement en valeur le jeu des comédiens et rajoute encore à la perfection visuelle.
 
Des quatre acteurs qui occupent le plateau certains nous sont connus, d’autres un peu moins mais tous contribuent à part égale à la réussite de ce spectacle.
 
Reynold de Guenyveau, souvent présent sur les scènes de la capitale, fut très remarqué pour son spectacle « Mr le Curé fait sa crise », qui a fait le tour de la France.
 
Krystoff Fluder, au physique particulier dont il joue avec beaucoup d’habileté et sans aucun complexe, nous révèle de grandes qualités d’acteur tant parlant que muet.
 
Gabriel Le Doze, déjà présent dans le « Jacques et son Maître » déjà évoqué plus haut est parfaitement à l’aise dans cette pièce où il incarne de multiples rôles.
 
Magali Lange, qui a joué sur de nombreuses scènes ces dernières années, assure avec brio la présence féminine de ce texte sulfureux et parfois misogyne.
 
Un spectacle brillamment mené, où l’on ne s’ennuie pas une seconde, et dont la noirceur, compensée par un comique féroce, nous est diaboliquement sympathique.
 
Alex Kiev

Les Diaboliques de Christophe Barbier d’après Jules Barbey d’Aurevilly
Théâtre de Poche-Montparnasse
75 Bd du Montparnasse
75006 Paris
Du mardi au samedi 21h dimanche 17h

Article publié le 01/02/2024 à 01:00 | Lu 1298 fois