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Article publié le 01/12/2021 à 01:00 | Lu 5667 fois

Le rêve du maintien à domicile se heurte aux réalités du vieillissement




La FPI et le cabinet Deloitte poursuivent leur analyse sur le rapport entre les âges de la vie et le logement. Une nouvelle étude publiée en novembre 2021 menée auprès de la génération 50-70 ans démontre que la demande des seniors à l’égard du logement se structure autour de quatre attentes majeures : un besoin d’autonomie, une préoccupation pour la santé et le bien-être, un environnement à taille humaine ainsi que l’importance du lien social. Et si des solutions adaptées de logement existent pour les seniors, peu s’en préoccupent à temps.


Concernant la projection des seniors pour eux-mêmes, 62% des personnes interrogées dans le cadre de cette étude expriment le souhait d’aménager leur domicile (salles de bains, escaliers, etc.) pour continuer à y vivre en totale autonomie.
 
Pour les professionnels de l’immobilier interrogés, ce choix s’explique, d’une part, par l’attachement à
un mode de vie, à un environnement, à un quartier et, d’autre part, par une crainte, croissante avec l’âge, de l’inconnu et du changement.
 
Pour autant, ce désir de continuité se heurte, in fine, aux nombreuses réalités du vieillissement (perte d’autonomie notamment) qui imposent aux proches d’opter, dans l’urgence, pour des solutions plus adaptées.
 
Finalement, ce n’est pas le logement en lui-même qui paraît être la limite du maintien à domicile, mais bien les services à la personne associés (disponibilités, professionnalisme, etc.) qui semblent faire défaut.
 
« Si des personnes de 50 ans se projettent pour leur grand âge dans des maisons individuelles, dans les
faits le concept n’est pas adapté à des seniors de 85 ans » remarque Éric Lapierre, directeur général chez Vinci Immobilier Résidences Gérées
 
Compte tenu des limites du maintien à domicile et de la croissance programmée du nombre de seniors, le besoin de structures adaptées au vieillissement (logements individuels ou résidences) est bien réel. En effet, la part de la population de l’Union européenne âgée de 80 ans ou plus serait plus que doublée entre 2016 et 2080 pour atteindre 12,7% en 2080 ; la proportion des personnes âgées d’au moins 65 ans augmenterait de 10 points à 29,1%.
 
Pour autant, à date, seulement près du quart (23%) des répondants à l’étude projette de déménager dans un logement plus adapté que leur logement actuel et 12% envisagent l’option de la résidence seniors.
 
Pour les promoteurs et les gestionnaires interrogés :
• le sujet du vieillissement est un sujet encore tabou, parfois plus encore que celui de la fin de vie ;
• les produits actuels ne répondent pas totalement à de nouvelles attentes (taille, services, etc.) ;
• la confusion existe encore entre résidences seniors et EHPAD.
 
En dépit de l’attirance supposée des seniors pour une vie meilleur marché, sous un climat plus agréable, seulement 3% des répondants ont exprimé le souhait de partir à l’étranger. Selon cette analyse, ce chiffre s’explique en grande partie par la crise Covid-19 qui a rendu plus difficiles les déplacements et fait ressortir l’importance de disposer d’un accès rapide à un système de santé de qualité.
 
« Personne ne se voit dans une résidence seniors. Pourtant, c’est ce qui ressemble le plus au maintien à
domicile » précise encore Éric Lapierre.





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