Le point sur les seconds vins

Les seconds vins sont désormais intégrés dans les casiers des meilleurs cavistes ainsi que dans les grandes surfaces dotées d’un rayon vin de qualité. Précisons que la majorité des crus classés du bordelais possède un second vin.





Dans un premier temps, ces vins étaient réalisés à partir de cuvées dont la qualité était jugée insuffisante pour bénéficier d’un marquage de prestige. Dans de nombreux cas, c’est un rendement trop généreux qui oblige les œnologues à élaborer une nouvelle marque. Dans une moindre mesure, la production des parcelles trop jeunes était également écoulée par ce biais.
 
Mais une évolution significative du travail du vin a été effectuée ces dernières années. Les grands crus à la recherche de la perfection zappent certaines années afin de ne produire que des millésimes d’exception. Ils sont presque à la recherche d’œuvres d’art...
 
Pour ces années, la production est alors dédiée au second vin et, si dans certains cas, la vinification et l’élaboration peuvent être différentes, le soucis de qualité est devenu la règle. Dans certains cas, la différenciation entre le « premier » vin et le « second » vin est volontaire afin de protéger l’image du premier.
 
Des assemblages différents peuvent ainsi être proposés ; dans d’autres cas, certaines grandes étiquettes possèdent des parcelles réservées à ces seconds vins. Quoiqu’il en soit, les domaines qui proposent ces « cousins » ont l’image d’une belle maison à défendre et ne peuvent se permettre d’écouler de mauvais produits. Voilà pourquoi nous proposons ici de découvrir quelques jolis flacons.
 
L’Echo de Lynch Bages.
Depuis 1976, le château Lynch Bages possédait un second vin, le Haut Bages Averous qui était un nom appartenant à la famille Caze propriétaire de Lynch -Bages ; ce n’est qu’en 2008 qu’apparaît l’Echo de Lynch- Bages dont le nom plus évocateur permet de profiter de l’aura du premier vin.
 
L’Echo partage également l’élégance de son aîné. Elaboré à partir d’une sélection de parcelles et de jeunes vignes de Lynch-Bages, il représente 25 à 40% de la récolte. Cela en fonction des années. Pour le millésime 2019, l’Echo de Lynch-Bages a bénéficié de conditions climatiques alternant périodes pluvieuses en début de floraison et des températures estivales élevées pendant l’été.
 
Echo 2019 est issu d’un assemblage à 46% de cabernet sauvignon, de 53% de merlot et de 1% de cabernet franc. Il a été élevé pendant un an en barriques de chêne.
 
Pour ce millésime 2019, il offre une robe dense avec un nez de fruits à noyau laissant transparaître une belle fraîcheur. Une bouche délicatement tannique laisse apparaître des touches de petits fruits. Echo de Lynch-Bages 2019 est vendu chez les cavistes dès 30 euros.
 
Après cet élégant Pauillac, c’est un Margaux que nous vous proposons. BriO de Cantenac-Brown est un second vin qui lui aussi a changé de nom. De château Canuet jusque dans les années 2000, le voilà devenu BriO en 2001.
 
Un nom qui claque et annonce la modernité du domaine. Troisième grand cru classé en Margaux, le Cantenac Brown se devait de proposer un second vin plus facile d’accès. Destiné à être consommé relativement jeune, il intègre à parts presque égales du cabernet sauvignon (47%), du merlot (42%) complété par 11% de cabernet franc.
 
Ce millésime 2015 a bénéficié de conditions climatiques idéales au fil des mois alternant chaleurs et pluies avec un parfait équilibre. Le BriO bénéficie d’un élevage en barriques de chêne à 25% et à 75% de barriques âgées d’un an. 
 
On appréciera sa robe sombre qui est mise en valeur par un nez dont l’intensité aromatique de fruits noirs se révèle immédiatement. Rond en bouche, légèrement tannique, il sera parfait avec un lièvre à la royale. Disponible chez les cavistes  aux environs de 30 euros ou chez www.Chateaunet.com.
 
Le Seuil de Mazeyres 2019
Dernier de notre courte sélection de second vin, voici Le Seuil de Mazeyres qui nous fait découvrir un Pomerol. Second vin du Château Mazeyres, il est comme lui issu d’une culture bio et biodynamique certifié biodyvin.
 
Un choix fait par Alain Moueix qui gère les 25 hectares du Château Mazeyres depuis 1992. Pour ce millésime 2019, c’est une alternance de conditions climatiques qui a présidé à sa conception, une fin d’hiver douce, un printemps humide, un début d’été chaud et sec voire caniculaire pour retomber sur de la pluie en août.
 
Le travail a été intense pour construire un vin de qualité particulièrement équilibré. Un vin qui intègre 81% de merlot, 13% de cabernet franc et 6% de petit verdot. Il a été élevé pendant 11 mois à 58% en cuves et œufs de béton et à 42% en foudre et en barriques.
 
Le Seuil de Mazeyres offre l’intensité des fruits noirs. Notamment avec un nez de cassis, un petit fruit que l’on retrouve en bouche avec une touche de mûres. Une mâche soyeuse et élégante pour ce vin disponible au prix de 21 euros.
 
Joël Chassaing-Cuvillier

Article publié le 23/03/2022 à 01:00 | Lu 1658 fois