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Article publié le 27/06/2019 à 04:41 | Lu 2562 fois

Le point sur les maisons de retraite médicalisées en France

Le site Internet Logement-seniors.com, spécialisé dans l’habitat et les différentes solutions de logements pour les personnes âgées vient de publier un intéressant et très complet focus sur les systèmes actuels et tarifs appliqués dans les EHPAD. Détails.


Un EHPAD : qu'est-ce que c'est ? 
Les EHPAD sont des établissements pour personnes âgées dépendantes. Également appelés maisons de retraite médicalisées, ils accueillent les plus de 60 ans et sont spécialisés dans la prise en charge et l'accompagnement médical des ainés. L'âge moyen d'entrée en EHPAD est de 85 ans et la durée médiane des séjours est de 2 ans et 7 mois.
 
On dénombre en France près de 8.000 EHPAD qui représentent 70% des établissements pour personnes âgées. Il existe trois statuts : les EHPAD publics (44% du secteur), les EHPAD associatifs (31%) et les EHPAD privés à but commercial (un quart). 
 
Selon le niveau de dépendance, il existe différents types d'EHPAD :
Les EHPAD Alzheimer assurent le suivi et le traitement des résidents atteints de cette pathologie et troubles apparentés avec une architecture, des équipements, des services, activités et animations adaptés.
Les MAPAD (Maisons d'Accueil de Personnes Agées Dépendantes) accueillent les ainés en situation de forte dépendance. Ces établissements possèdent des équipements et un personnel médical spécialisé. Ils ont une capacité d'accueil inférieur aux EHPAD (moins de 25 lits). 
Les USLD (Unités de Soins Longue Durée) sont réservées aux patients atteints de maladies nécessitant une surveillance médicale et un traitement longue durée. Ces unités relèvent du secteur hospitalier.
 
Le système tarifaire des EHPAD en France
La réforme de la tarification a bouleversé le marché. Entrée en vigueur le 1er janvier 2017, cette réforme propose un financement forfaitaire des soins et de la dépendance en fonction des besoins des résidents dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux. Elle reprend les deux décrets du 21 décembre 2016.
 
Aujourd'hui, le système tarifaire des EHPAD est le suivant :
• Le budget hébergement finance la partie hôtellerie, restauration, entretien des locaux, les démarches administratives ainsi que quelques services (différents selon les établissements). Cette partie est financée par le résident, mais des aides publiques telles que l'ASH ou l'APL peuvent en financer une partie. Le montant du prix de l'hébergement est fixé par le conseil départemental pour les établissements habilités à l'aide sociale et par le gestionnaire pour les EHPAD privés.
 
• Le budget dépendance permet de financer l'aide aux gestes du quotidien ainsi que la surveillance médicale des personnes dépendantes. Il dépend du GIR de la personne âgée, c'est-à-dire de son niveau d'autonomie. Ce budget est financé en partie par l'APA (l'Aide Personnalisée à l'Autonomie). Le reste à charge, appelé « ticket modérateur » est payé par le résident. Ce tarif équivaut au tarif dépendance GIR 5/6.
 
Combien coûte une chambre en EHPAD
Le prix des EHPAD privés et publics
Le tarif mensuel médian pour une chambre simple est de 1.953 euros. Naturellement, le montant dépend du type de chambre choisi, de la zone géographique de l'établissement, du niveau de dépendance ainsi que des services à la carte.
 
A noter qu’il existe des grosses différences de prix entre les EHPAD. En moyenne, 10% des établissements facturent moins de 1.674 euros et 10% plus de 2.819 euros. Cette disparité est d'autant plus visible entre secteur public et privé. En effet, le tarif médian d'un EHPAD public est de 1.801 euros, celui d'un EHPAD privé à but non lucratif est de 1.964 euros et celui d'un EHPAD privé est de 2.620 euros.
 
Des aides pour financer l'hébergement en EHPAD
Il existe trois aides sociales destinés au financement de l'hébergement en EHPAD :
L'APL ou Aide Personnalisée au Logement. L'APL est versée aux personnes âgées ou directement à la maison de retraite conventionnée. Le montant est calculé selon le niveau de ressources financières du bénéficiaire et le prix de l'hébergement. Cette aide est versée par la CAF (caisse d'allocations familiales).
 
L'ALS ou Allocation de Logement Sociale est une aide financière destinée aux personnes ne pouvant pas bénéficier de l'APL. Elle est versée par la CAF et distribuée mensuellement au locataire.
 
L'ASH ou Aide Sociale à l'Hébergement. Destinée aux plus de 65 ans ayant des ressources inférieures aux frais d'hébergement et vivant dans un établissement pour personnes âgées dépendantes, l'ASH prend en charge partiellement ou intégralement les frais d'hébergement. Elle est versée par les services du département et récupérable à la succession. Dans un EHPAD non habilité à l'aide sociale, le résident peut faire une demande s'il y réside depuis au moins 5 ans.
 
D'autres dispositifs, aident au financement du séjour de la personne âgée :
• L'APA ou l'allocation personnalisée d'autonomie. Cette aide sociale destinée aux seniors de plus de 60 ans en situation de dépendance (GIR 1 à 4) est versée par le conseil départemental.
• L'ASPA ou Allocation de Solidarité aux Personnes Agées. Accordée aux retraités avec de faibles ressources financières, elle est versée par la Carsat.
• L'obligation alimentaire. Les descendants ont l'obligation d'aider leurs ascendants. En cas de difficulté financière, ces derniers peuvent être mis à contribution pour financer en partie les frais d'hébergement en maison de retraite ou en accueil familial.
 
Où trouve-t-on les EHPAD les plus chers et les moins chers ?
Les régions avec le plus de maisons de retraite sont l'Auvergne-Rhône-Alpes, la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie. Ces régions comptent 2.931 résidences soit un quart du marché en France. Toutefois, la région la plus sollicitée est l'Ile-de-France avec 17.7% des demandes en logements.
 
Nous avons étudié le prix des EHPAD en France par région et par secteur. Sans distinction entre les EHPAD privés et publics, nous remarquons que les régions ou les tarifs hébergement sont les plus chers sont : l'Ile-de-France avec une moyenne de 2 386 euros/mois ; la Corse avec une moyenne de 2 277 euros/mois et la Provence-Alpes-Côte-D'azur avec une moyenne de 1860.5 euros/mois
 
Sans surprise, les départements les plus chers sont Paris et les Hauts-de-Seine. C'est en Ile-de-France que l'on trouve la différence de prix entre les EHPAD publics et privés la plus marquée. Cette dernière s'élève à près de 915 euros par mois (entre le département le plus cher et le moins cher). Dans les régions Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d'Azur, on note que près de la moitié sont à but commercial.
 
A l'opposé, les régions où les EHPAD sont les moins chers sont : les Pays de la Loire avec une moyenne de 1 693 euros/mois ; la Bretagne avec une moyenne de 1 708 euros/mois et la Nouvelle-Aquitaine avec une moyenne de 1 725 euros/mois.
 
On note que les régions avec le plus de maisons de retraite publiques sont aussi les régions les moins chères.  
 
Une forte disparité tarifaire entre les EHPAD privés et publics
Les régions avec un pourcentage d'EHPAD privés sont les régions avec un fort taux de demandes. Le prix moyen d'un logement y est élevé ; cela est dû à une forte pression foncière.

Prenons l'exemple de la région Ile-de-France. Elle enregistre un prix moyen de 2 607 euros/mois pour le secteur privé, 2 264 euros/mois pour le secteur privé associatif et 2 120 euros/mois pour le secteur public. Les départements les plus chers sont les départements avec le prix foncier le plus élevé soit Paris, les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis.
 
De la même façon, nous remarquons que les EHPAD présents dans les départements avec un prix au m² bas sont moins chers quelques soit leur statut.
 
Le marché des maisons de retraite a explosé au cours des dernières années. Précisons que certaines s'adressent à des seniors aisés souhaitant profiter de nombreux services et prestations de haut standing. Le prix des EHPAD dépend donc aussi de la qualité de services proposés.
 
Les difficultés actuelles des EHPAD et les problématiques futures
Face au vieillissement de la population et une augmentation de la dépendance des ainés, ce marché doit faire face à un réel enjeu sociétal. Les besoins en lits, mais aussi en prise en charge, vont être de plus en plus forts et de plus en plus coûteux (notamment pour la Sécurité Sociale). De plus, la construction en établissement public a diminué au cours des dernières années.
 
S'ajoute à cela le problème de sous-effectif (récurrent) du personnel en EHPAD. D’où la colère et l'épuisement des aides-soignantes et des infirmières. Cette situation entraine parfois la survenue d’actes de maltraitance et de négligences envers les personnes âgées et un fort sentiment de méfiance du grand public envers les EHPAD.
 
Pour pallier cela, de nombreuses solutions d'hébergement alternatives se sont multipliées au cours des dernières années comme l'hébergement familial ou la colocation entre seniors ou intergénérationnelle. Le service à domicile, par exemple, est un axe développé par les gouvernements successifs afin de pousser au maintien à domicile. Cette solution est la préférée des Français : 91% souhaitant vieillir à domicile.