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Article publié le 10/11/2021 à 01:00 | Lu 1981 fois

Le point sur la maculopathie diabétique




La maculopathie diabétique est une complication fréquente du diabète, d'autant plus quand ce dernier est ancien. Elle touche près de 30% des personnes souffrant de diabète depuis plus de vingt ans. La prévention la plus efficace passe par un dépistage précoce.


En effet, plus la maculopathie est diagnostiquée tôt, plus les traitements sont efficaces pour prévenir et ralentir la perte de vision, voire pour améliorer la vue. Toute personne diabétique doit faire contrôler régulièrement sa vue par un spécialiste.
 
Qui sont les personnes exposées ?
Quelle que soit la nature de leur diabète (type 1 ou 2), toutes les personnes diabétiques, soit 3,5
millions en France, sont exposées au risque de maculopathie diabétique.
 
La forme la plus fréquente de maculopathie diabétique, à savoir la maculopathie œdémateuse (aussi
appelée « œdème maculaire diabétique ») concerne 10% des patients diabétiques.
 
L’apparition de la maculopathie diabétique est essentiellement liée à deux facteurs de risque majeurs :
- l'ancienneté du diabète
Après 20 ans de diabète, la prévalence de la maculopathie diabétique est estimée à 29% chez les diabétiques de type 1 et 28 % chez les diabétiques de type 2.
- la présence d'une rétinopathie diabétique.
Si la maculopathie diabétique peut se développer sans autre pathologie oculaire associée, le risque augmente en cas de rétinopathie diabétique (maladie fréquente liée au diabète, qui touche la rétine périphérique). Plus la rétinopathie diabétique est grave, plus le risque d’avoir une maculopathie diabétique est élevé.
 
Malheureusement, la maculopathie diabétique n'est pas la seule maladie à laquelle les personnes
diabétiques sont exposées. Le diabète augmente également le risque de développer une rétinopathie
diabétique, mais aussi d'autres pathologies des yeux comme certains glaucomes ou la cataracte.
 
Pourquoi la maculopathie diabétique est-elle grave ?
La maculopathie diabétique est la principale cause de malvoyance chez les personnes diabétiques.
Cette maladie atteint la macula, zone centrale de la rétine qui joue un rôle essentiel dans la vision
des détails.
 
La vision périphérique est conservée, mais la vision centrale est atteinte et peut
entraîner un handicap visuel qui rend difficile l’exécution de certaines tâches au quotidien (lire,
reconnaître les visages, percevoir les détails, etc.).
 
Comment la maculopathie diabétique évolue-t-elle ?
On distingue deux formes de maculopathie diabétique, aux évolutions différentes :
- La maculopathie œdémateuse, forme la plus courante : la maculopathie œdémateuse, aussi appelée « œdème maculaire diabétique », est caractérisée par un épaississement de la région maculaire, lié à l’accumulation de sang et de liquide dans la macula.
 
Cet épaississement se produit lorsque les vaisseaux sanguins de la rétine s’altèrent. L’œdème qui en résulte brouille la vue et provoque une perte progressive de vision au centre de la rétine, qui peut à la longue évoluer vers une cécité. C'est la forme la plus courante de maculopathie diabétique ; elle concerne 10 % des patients diabétiques et peut être traitée.
 
- La maculopathie ischémique, forme plus rare et incurable
La maculopathie ischémique se traduit par l’élargissement anormal de la zone avasculaire centrale de la rétine (zone dépourvue de vaisseaux sanguins), qui double au moins de surface. L’irrigation sanguine de la macula devient alors insuffisante, entraînant la perturbation ou l’arrêt de son  fonctionnement. La maculopathie ischémique est en général responsable d’une baisse d’acuité visuelle majeure.
 
Quels sont les symptômes de la maculopathie diabétique ?
Au début, la maculopathie œdémateuse ne génère aucune douleur ni signes particuliers. Les personnes diabétiques peuvent ainsi en être atteintes, sans ressentir le moindre trouble visuel et donc sans le savoir.
 
Puis, avec le temps, certains symptômes apparaissent :
- baisse de l'acuité visuelle et notamment gêne à la lecture ;
- déformations visuelles (métamorphopsies) ;
- scotome central ;
- perte de sensibilité aux contrastes ;
- difficulté à percevoir correctement les couleurs ;
- perte de la vision des détails ;
- difficulté à reconnaître les visages ;
- vision trouble.
 
Quels sont les facteurs de risque de la maculopathie diabétique ?
Si l’apparition de la maladie est essentiellement liée à l'ancienneté du diabète et à la sévérité de la
rétinopathie diabétique, d’autres facteurs de risque sont aujourd’hui bien établis :
- l’hyperglycémie chronique (concentration de sucre dans le sang trop élevée) ;
- l’hypertension artérielle (en particulier chez les diabétiques de type 2) ;
- le sexe : les femmes seraient plus exposées que les hommes et la grossesse augmenterait le risque de développer la maladie chez les patientes diabétiques ;
- le type de traitement antidiabétique pris : l’œdème maculaire est plus fréquent chez les patients traités par insuline (15%) que chez les patients traités par hypoglycémiants oraux (4%), souvent parce que le diabète est mal contrôlé chez ces patients
 
D’autres facteurs, comme l’hypercholestérolémie, l’anémie, l’apnée du sommeil ou la présence de
protéines dans les urines, sont parfois évoqués mais sont moins consensuels.
 
Quand se faire dépister ?
Pour toute personne souffrant d’un diabète de type 1, un premier bilan ophtalmologique complet doit être réalisé par l’ophtalmologiste dans les 3 à 5 ans suivant l'apparition du diabète. En cas de diabète de type 2, le patient doit en revanche consulter pour faire un bilan ophtalmologique complet au plus vite après le diagnostic.
 
Ensuite, quelle que soit la nature du diabète, il est recommandé de faire des examens oculaires de contrôle régulièrement, même si la vision paraît normale. En cas d’anomalies visuelles ou de rétinopathie diabétique évolutive, ces examens peuvent être plus fréquents. L’ophtalmologiste  indiquera alors le rythme à suivre pour faire contrôler sa vision.
 
Quels sont les traitements ?
Seule la forme la plus courante (à savoir la maculopathie œdémateuse) peut être traitée. La régulation des facteurs de risque (hypertension et hyperglycémie) peut parfois suffire à la faire disparaître. D’autres traitements peuvent sinon être proposés (photocoagulation au laser, traitement chirurgical, injection intravitréenne de corticoïdes, injection intravitréenne d’anti-VEGF).