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Article publié le 01/04/2019 à 01:00 | Lu 2096 fois

Le défi de l'avancée en âge est devant nous

Le défi démographique du grand âge. La hausse de l’espérance de vie et l’arrivée des premières générations du baby-boom posent avec acuité la question de la prise en charge des personnes âgées en perte d’autonomie : après être passée de 6,6% en 1990, à 9,1% en 2015, la part des 75 ans et plus atteindra 14,6% de la population française en 2040.


Le défi de l'avancée en âge est devant nous
Une performance médiocre en matière d’espérance de vie en bonne santé : si l’espérance de vie des Français compte parmi les plus élevées d’Europe, à 65 ans, une femme peut espérer vivre encore près de 23,7 années mais à peine 10,6 en bonne santé contre 16,6 en Suède ou 12,4 en Allemagne.
 
Nul ne peut se sentir non concerné : sur dix personnes qui décèdent en France, quatre ont connu la perte d’autonomie, dont deux de façon sévère. Et un tiers a ont vécu ses derniers jours en établissement.
 
On estime à 40.000 personnes âgées en perte d’autonomie de plus par an à compter de 2030. Même si les progrès de la médecine, la prévention et l’amélioration des conditions de vie devraient contribuer à faire diminuer la prévalence, la hausse annuelle du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie devrait doubler entre aujourd’hui et 2030, passant de 20.000 à 40.000 par an. Leur nombre s’élèverait à 2.235.000 en 2050, contre 1.265.000 en 2015.
 
Les Français se prononcent très majoritairement en faveur du domicile, ce qui permet de conserver une sphère de liberté et d’éviter le déracinement souvent associé à l’Ehpad.
 
Une attente forte d’amélioration de la qualité en établissement : les résidents disent pour beaucoup souffrir de leur quotidien, regrettant d’être coupés de leur « vie d’avant ». Le sentiment d’une dégradation de la qualité du service rendu s’exprime fortement. C’est aussi la perception d’une inégalité entre les établissements, les territoires et l’absence d’information publique fiable quant à la qualité de la prise en charge.
 
Le besoin d’être chez soi, quel que soit son lieu de vie : l’entrée en Ehpad est trop souvent vécue comme une exclusion. Ainsi, 40% des Français qui ont un proche concerné pensent que le processus d’entrée en maison de retraite va se faire contre l’accord de celui-ci et 80 % estiment qu’entrer en Ehpad signifie perdre sa liberté de choix. Les Français âgés veulent se sentir comme « chez soi ».
 
Une demande forte de simplification du système de prise en charge pour sortir de ce qui a été souvent qualifié de « parcours du combattant ». La complexité, vécue souvent dans des moments de ruptures et dans un contexte d’urgence, s’exprime dans l’accès à l’information, l’orientation et les démarches administratives mais aussi dans l’accompagnement lui-même.
 
L’attente d’une plus grande égalité de traitement entre les territoires et les structures de prise en charge apparaît nettement : les disparités dans le niveau de prestations, dans la qualité du service rendu ou dans les méthodes d’évaluation des besoins des personnes apparaissent difficilement justifiables aux yeux des Français.






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