Sommaire
Article publié le 17/10/2017 à 01:00 | Lu 3195 fois

Le décès et la banque : le point avec la Finance pour tous

La personne décédée disposait d'un compte bancaire et remboursait un ou des crédits. Elle pouvait également détenir un livret d'épargne ou autres produits d'épargne ou de placement.


Le décès et la banque : le point avec la Finance pour tous
Le compte bancaire
Au décès de son titulaire, le compte bancaire est bloqué. Plus aucune opération ne peut être effectuée, ni versement au crédit, ni prélèvement, paiement ou toute autre opération de débit.
 
Détenir une procuration sur le compte du défunt ne permet pas non plus d'effectuer des opérations sur le compte. Les pouvoirs donnés par une procuration s'arrêtent au jour du décès du titulaire du compte. En revanche, le compte joint peut continuer à fonctionner sous le seul nom du cotitulaire survivant. Le conjoint survivant, ou tout autre cotitulaire, peut donc l’utiliser tant que les héritiers du défunt ne s'y opposent pas.
 
Même si le conjoint survivant peut continuer à utiliser le compte joint, il ne doit pas oublier que l'argent qui s'y trouve ne lui appartient pas forcément en totalité. La moitié des sommes qui y figuraient au jour du décès est présumée appartenir au défunt. Elles font donc partie de sa succession et le cotitulaire du compte devra les restituer aux héritiers lors du règlement de la succession. A moins qu’il ne parvienne à prouver que ces fonds lui appartenaient en partie ou en totalité.
 
Le débit du compte des frais d'obsèques
Si le compte bancaire est bloqué au jour du décès de son titulaire, il est toutefois possible de débiter les frais d'obsèques de ce compte, si celui-ci est suffisamment provisionné. Il était d'usage que la banque autorise la personne ayant réglé les funérailles à prélever la somme correspondante sur ce compte, jusqu'à 3 050 euros.
 
La loi de séparation et de régulation des activités bancaires du 26 juillet 2013 a légalisé cette pratique, en intégrant un nouvel article dans le code monétaire et financier ( article L312-1-4). La personne s'étant occupée du règlement des obsèques a la possibilité, sur présentation de la facture des obsèques, d'obtenir le débit du compte bancaire du défunt de cette somme, dans la double limite du solde créditeur du compte et d'un montant plafonné à 5 000 euros.
 
Les sommes urgentes dues à la date du décès peuvent être débitées du compte du défunt
Depuis le 18 février 2015, date d’entrée en vigueur de la loi du 16 février 2015 relative à la modernisation et à la simplification du droit et des procédures, toute personne ayant qualité d’héritier peut régler certains frais par débit du compte bancaire du défunt, dans la limite du solde créditeur du compte.
 
Sur présentation de factures et autres justificatifs, peuvent ainsi être réglés : les frais de dernière maladie, les impôts ou les loyers dus par le défunt et toute autre dette successorale dont le règlement est urgent. Ces règlements peuvent être effectués dans la limite d’un montant de 5 000 euros.
 
La clôture du compte à la demande d’un héritier
Également depuis le 18 février 2015, une personne ayant qualité d’héritier peut obtenir la clôture du compte bancaire de la personne décédée et du solde créditeur, dès lors que le montant total des sommes détenues par la banque est inférieur à 5 000 euros. Et la succession ne doit pas comporter de bien immobilier. A défaut, l’intervention d’un notaire est nécessaire.
 
Pour justifier de sa qualité d’héritier auprès de la banque, la personne doit présenter un acte de notoriété ou une attestation signée par l’ensemble des héritiers ( article L312-1-4 du Code monétaire et financier).
 
Les crédits
La personne décédée avait souscrit un ou des crédits à la consommation et crédits immobiliers
La dette que constitue le remboursement du crédit ne s'éteint pas avec le décès de l'emprunteur. Le crédit entre dans la succession au titre d'une dette. Les sommes dues seront remboursées avec l'actif de la succession, si celui-ci est suffisant. Les héritiers qui acceptent la succession prennent en charge le remboursement des dettes, dont les crédits.
 
Une assurance décès avait été souscrite
Les crédits à la consommation ne sont pas toujours souscrits avec une assurance décès. En revanche, les crédits immobiliers sont très généralement toujours assurés contre le décès, la pratique rendant cette assurance emprunteur obligatoire.
 
Si le crédit avait été souscrit avec une assurance décès, il est nécessaire de mettre en œuvre les garanties de l'assurance. Celle-ci prend en charge le remboursement du capital restant dû, lorsque les conditions d'application de la garantie sont remplies. Le conjoint ou tout autre héritier n’a pas à rembourser la somme restant due.
 
Le conjoint, partenaire de Pacs ou concubin avait co-emprunté avec la personne décédée
Le co-emprunteur survivant est tenu de rembourser l'intégralité des sommes restant dues, s'il n'y a pas d'assurance emprunteur.
 
Si une assurance décès existe, elle prendra en charge le remboursement du prêt, selon l'étendue de la couverture souscrite. En effet, la prise en charge par l’assurance est effective au prorata de la quotité assurée. Si les deux co-emprunteurs se sont assurés chacun à 50 %, l'assurance ne remboursera que la moitié du capital restant dû. Le conjoint survivant devra rembourser seul la moitié restante. Si chaque co-emprunteur a souscrit une assurance à 100 %, le prêt est entièrement remboursé en cas de décès de l'un des co-emprunteurs. Le conjoint survivant n'a plus rien à rembourser.
 
Lors de la souscription du crédit, pour choisir la répartition de la couverture d'assurance entre co-emprunteurs, il faut donc envisager la charge restante pour chaque conjoint dans le cas où il reste seul pour rembourser le crédit en cours, au regard du niveau de ressources de chacun. Pour en savoir plus, voir notre dossier Assurer son prêt immobilier.
 
L'épargne et les placements
Comme pour le compte bancaire, lorsque la banque est avisée du défunt du titulaire de comptes d'épargne (contrats d'épargne souscrits à titre individuel comme par exemple les PEL, CEL, Livrets de Développement Durable (ex Codevi)), d'un coffre-fort ou d'un compte-titres, elle doit bloquer ces différents dépôts au jour du décès. Leur affectation dépendra des décisions se rapportant à la succession.

Source