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Article publié le 18/01/2019 à 01:00 | Lu 1177 fois

Le cancer du foie : enfin des traitements efficaces

Longtemps considéré comme incurable, le carcinome hépatocellulaire va bien pouvoir bénéficier de traitements beaucoup plus efficaces dans les mois qui viennent. Il était temps, car le nombre de cancers du foie risque d’être en forte augmentation dans les années à venir.


Un cancer particulièrement meurtrier
Le cancer du foie aura provoqué 8 500 à 9 000 décès en France en 2018, selon les estimations de Santé publique France. Il aura donc été deux fois plus meurtrier que les accidents de la route ! Dans le monde, il aura tué plus de 780 000 personnes en 2018 ce qui en fait le troisième cancer en termes de mortalité, après le cancer du poumon et le cancer colorectal, à égalité avec celui de l’estomac.
 
Et certaines projections laissent craindre qu’il ne devienne le plus mortel, dans certains pays en tout cas. Les années à venir risquent en effet être marquées à la fois par un pic de cancers consécutifs à l’hépatite C, conséquence à retardement du pic de contamination des années 1980, et par l’explosion du nombre de cancers provoqués par la Nash.
 
Des avancées thérapeutiques majeures attendues
Le cancer du foie a longtemps été considéré comme non guérissable, sauf lorsqu’il était dépisté très précocement. Pour les cas diagnostiqués entre 1989 et 1993, la survie nette à 5 ans n’était que 8% en France. Elle s’est peu à peu améliorée, passant à 16% des cas diagnostiqués entre 2005 et 2010.
 
Aujourd’hui, on peut cependant espérer un fort accroissement du taux de survie. L’amélioration des pratiques chirurgicales, alliée à l’extraordinaire capacité de régénération du foie, permet de pratiquer des hépatectomies (ablation de la partie malade du foie) très importantes, en une ou plusieurs étapes.
 
Les pratiques de chimio-embolisation (injection d’une chimiothérapie et obstruction du vaisseau sanguin irriguant la tumeur) ou de radiofréquence (destruction ciblée par cautérisation) se sont elles aussi beaucoup améliorées. Quant aux greffes de foie, elles sont de plus en plus efficaces, et la survie à 5 ans est désormais de l’ordre de 80 %.
 
Mais les plus gros espoirs viennent de la recherche sur les médicaments. Des avancées thérapeutiques majeures sont attendues, avec plusieurs molécules dont l’homologation est espérée pour la fin 2019. En combinant ces médicaments, on va pouvoir guérir de plus en plus de cancers du foie.
 
À condition, comme pour tous les cancers, de les dépister à temps. C’est la raison pour laquelle le suivi régulier des personnes atteintes d’une hépatite chronique avec une fibrose avancée ou une cirrhose, même guérie, est fondamental.





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