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Article publié le 18/12/2018 à 04:43 | Lu 3572 fois

La santé du futur : entre espoirs et inquiétudes

Fort logiquement, le progrès médical va continuer de s’accélérer dans les années à venir, non sans poser des questions éthiques essentielles pour demain… Et après-demain. Dans ce contexte, l'Observatoire de la Santé du Futur de l'institut Viavoice et du groupe Vyv (Harmonie Mutuelle, MGEN, MNT) montre que de grands espoirs -mais aussi de fortes inquiétudes- sont actuellement associées à la recherche médicale actuelle. Détails.


La santé du futur : entre espoirs et inquiétudes
Le grand public mais également les professionnels de la médecine considèrent que le progrès médical devrait « s’accélérer » dans les années à venir, citant de nombreux espoirs liés à la recherche médicale ou aux nouvelles technologies (robotique, intelligence artificielle, objets connectés, appli, etc.)…
 
Tout ceci ouvre bien évidemment, des perspectives de développement majeurs qui permettront de mieux soigner, de mieux prévenir ou encore de mieux guérir les maladies les plus graves (cancer, Alzheimer, etc.).
 
Pour autant, revers de la médaille oblige, parallèlement à ces espoirs, des inquiétudes s’installent chez chacun concernant l’impact de ces nouvelles technologies, notamment sur l’évolution des relations entre médecins et patients, ou le risque de laisser de côté les moins préparés ou les plus fragiles. Comme les ainés…
 
Alors que le progrès scientifique et technologique en matière de santé n’a jamais été aussi prometteur, il devrait même s’accélérer pour respectivement, plus des deux-tiers (70%) des Français et 69% des médecins interrogés.
 
Autre élément issu de cet observatoire : ce progrès ne leur semble pas si éloigné, ni dans le temps ni dans l’espoir d’en profiter eux-mêmes, puisque pour 63% du public et 69% des médecins considèrent que ce progrès à venir sera bénéfique pour eux-mêmes comme pour leurs proches.
 
Parmi les perceptions du public et des médecins, les principaux progrès à venir devraient d’abord être scientifiques, soit, directement liés à la recherche médicale (51% parmi le grand public et 62% parmi les médecins). Y figurent en bonne place l’espoir de soigner des maladies graves comme les cancers, Alzheimer ou encore le sida….
 
Mais, et toujours selon cet observatoire, la recherche médicale pourrait aussi profiter au plus grand nombre, avec l’espoir de soins ou de médicaments qui seraient (quelle que soit la pathologie) plus efficaces, moins lourds pour le patient et atténuant davantage la douleur ou les effets secondaires.
 
Par ailleurs, les différents progrès attendus s’avèrent aussi techniques pour plus du tiers (37%) du grand public et plus du quart (28%) des médecins, avec des soins qui devraient s’améliorer grâce à l’apport des nouvelles technologies : aide de la robotique pour les personnes dépendantes, impression 3D, intelligence artificielle ou encore, nanotechnologies…
 
Autant de domaines où les possibilités d’applications des technologies en matière de santé apparaissent vertigineuses, et encore à leurs balbutiements. Par exemple, les progrès de la génétique s’avèrent comme un des principaux espoirs pour demain et après-demain pour près des deux tiers du grand public (62%) et des médecins (66%).
 
L’idée d’une « médecine prédictive » permettrait quant à elle, grâce à la génétique, de mieux prévoir l’apparition de certaines maladies. Là encore, une évolution qui fait espérer beaucoup plus qu’elle n’inquiète : 59% du grand public et 53% des médecins y voient une avancée positive, alors qu’ils ne sont que 19% et 18% seulement à déclarer à l’inverse (« pas envie de savoir à l’avance les maladies qu’ils pourraient avoir dans les années à venir »).
 
Toutefois, et sans trop de surprise, en parallèle à cette vague de progrès attendus, des sources d’inquiétudes émergent… De fait, les médecins (47%) sont davantage circonspects (assez étonnamment d’ailleurs) par la numérisation de certaines données personnelles en matière de santé que le grand public (34%). Les deux-tiers de ces professionnels (contre 58% des Français) considèrent qu’avec le développement des nouvelles technologies « le secret médical sera plus difficile à faire respecter qu’avant ».
 
Mais surtout, c’est sur l’avenir de la relation patients-médecins que ces les praticiens se montrent les plus inquiets : ainsi, plus de la moitié (52%) estime que la proximité et la confiance entre médecins et patients risquent de se détériorer dans les années à venir.
 
Ils mettent en avant, notamment, le risque de « distanciation » voire de « déshumanisation » de la médecine, mais aussi plus prosaïquement, le développement croissant de l’automédication avec la multiplication des outils numériques ou de sites web qui informent voire, soignent, ce qui en retour pourrait amoindrir la confiance envers les avis du médecin.
 
Enfin, certains Français mettent également en garde contre le risque d’un nouveau désert médical, cette fois-ci numérique, pour tous ceux qui n’ont pas accès –ou mal accès– à ces outils, que ce soit en raison de leurs coûts ou de leur complexité. Une problématique qui pourrait toucher très directement les personnes âgées qui sont pourtant parmi les patients qui ont le plus besoin de soins.
 
Au final, il faudra lever ces inquiétudes dans les années à venir, pour faire en sorte que le progrès scientifique ou technique résolve les problèmes de santé –des difficultés d’accès aux soins aux inégalités territoriales– plutôt qu’il ne les aggrave. L’avenir nous le dira…