D’une manière générale, l’ADF, au cours de son grand congrès annuel, consacre de nombreux sujets à la santé bucco-dentaire des personnes âgées autonomes ou dépendantes.
En effet, la prise en charge des soins dentaires pour cette tranche d’âge est aujourd’hui une discipline à part entière qui nécessite la prise en compte de l’état de santé général, la gestion des besoins sanitaires et des demandes esthétiques spécifiques.
Aujourd’hui, onze millions de Français ont plus de 65 ans aujourd’hui, ils seront 25 millions en 2050. Alors, forcément, ces patients constituent une part croissante de la patientèle des chirurgiens-dentistes qui doivent faire preuve d’écoute, de psychologie, d’anticipation, d’adaptation, de savoir-faire technique,…
Ainsi, les chirurgiens-dentistes n’ont pas attendu l’année de la dépendance pour se former et se perfectionner dans ce domaine. Ils sont aujourd’hui les seuls à proposer des programmes d’enseignement des bonnes pratiques d’hygiène bucco-dentaire aux personnels dans les établissements de santé et à mettre en œuvre des initiatives innovantes et utiles pour les personnes âgées dépendantes.
La Santé bucco-dentaire des personnes âgées : un constat alarmant
Alors que la santé bucco-dentaire est un facteur majeur de qualité de vie, un déterminant de la capacité à se nourrir, de lien social (sourire, rire, parler), qu’elle est intrinsèque au bien-être et à la dignité, les personnes âgées en établissements de soins souffrent d’un déficit flagrant de prise en charge à ce niveau.
Les chiffres de l’Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD) des personnes âgées en institution sont éloquents : 75% ont un état bucco-dentaire dégradé ; 44% ont au moins une dent cariée ; 43 à 57% présentent de la plaque dentaire, 50% du tartre ; 28 à 40% souffrent de gingivites ; 40% ont au moins une dent douloureuse à extraire ; 30 à 50% ont besoin de prothèses et 10% des soins en urgence et 42% n’ont pas eu de consultation dentaire depuis 5 ans !
Dans les EHPAD la sécurité sociale finance les soins médicaux mais pas les soins dentaires !
Un plan de prévention bucco-dentaire avait été envisagé par le ministère de la Santé prévoyant la généralisation d’un bilan bucco-dentaire à toutes personnes atteignant 60 ans afin de préparer les conditions d’un vieillissement réussi. Ce plan ambitionnait également d’améliorer les soins des personnes âgées hébergées dans les EHPAD ou hospitalisées dans les services de long séjour. Qu’en est-il advenu ?
Des mesures timides…
Les mesures demeurent faibles, faute de financements, de moyens humains, de formations à ce type de soins parfois tabous, du faible taux de remboursement des soins dentaires prothétiques. La nécessité d’une hygiène bucco-dentaire est insuffisamment prise en compte, le lien indéfectible entre santé bucco-dentaire et bien–être ne se fait pas assez.
Pourtant, les pathologies bucco-dentaires liées au vieillissement sont susceptibles d’entraîner des infections (cardiopathie, diabète…) ou l’aggravation de pathologies générales et de déclencher une dénutrition. Celle-ci concerne 30% des personnes à l’entrée en EHPAD et 50% à l’entrée à l’hôpital. Or, cette dénutrition génère ou accélère la perte de la force musculaire (sarcopénie) responsable des chutes et favorise les pathologies infectieuses.
Les premières initiatives appréciables…
En attendant des mesures nationales, la profession dentaire a mis en œuvre des expérimentations dans les EHPAD. Ainsi, un travail de terrain initié par l’UFSBD dans plus d’une centaine d’établissements en partenariat avec différents groupes gestionnaires de maisons de retraite permet de former les soignants aux gestes d’hygiène bucco-dentaire élémentaires (brossage des dents et des prothèses) et d’effectuer un bilan bucco-dentaire pour chaque résident.
L’électronique au secours de l’hygiène dentaire : exemple d’une initiative innovante
Dans une quinzaine d’établissements pilotes, des puces électroniques sont installées sur les prothèses de personnes âgées. Il s’agit d’une petite cellule électronique placée en quelques minutes sur l’appareil et sur laquelle figurent les informations essentielles : nom du patient, lieu de résidence, coordonnées du personnel en charge… Une fois intégrées à la prothèse, ces puces peuvent être lues à l’aide d’un simple stylo électronique par les infirmières et aides-soignantes. Ce dispositif permet de retrouver le propriétaire d’une prothèse oubliée ou mal attribuée et optimise l’hygiène bucco-dentaire et le confort des patients.
Les préconisations des chirurgiens-dentistes…
Pour les personnes âgées autonomes :
Les chirurgiens-dentistes souhaiteraient une plus grande prise de conscience en amont de la dépendance. Ils préconisent un examen bucco-dentaire systématique à l’âge de 65 ans. Cette consultation de prévention permettrait d’identifier les problèmes présents, d’anticiper les pathologies bucco-dentaires à venir et de lutter contre leurs conséquences, notamment la dénutrition. Cette proposition est pour l’instant restée lettre morte !!!
Pour les personnes âgées dépendantes :
A l’arrivée de la personne âgée dans la structure de soins, une évaluation de son état bucco-dentaire et prothétique devrait être systématiquement réalisée afin de planifier ses besoins en soins dentaires et d’entretien de ses prothèses. Cette évaluation, devrait être renouvelée deux fois par an ainsi que lors de tout changement du degré de dépendance (Score GIR)*. En complément, une consultation annuelle chez le chirurgien-dentiste devrait être préconisée.
Modalités de l’évaluation de l’état bucco-dentaire et prothétique de la personne âgée
Cette évaluation est très simple et permet de planifier rapidement et efficacement les besoins en soins dentaires et d’entretien de la prothèse. Elle porte sur les points suivants : l’évaluation de la dépendance ; le mode d’alimentation (normale, moulinée, par sonde…) ; l’haleine ; l’aspect des lèvres, de la langue, de la salive ; l’état des gencives, des muqueuses (joues et palais) ; les dents restantes ; les prothèses (adaptées ou non) ; les douleurs éventuelles ; et enfin, l’hygiène bucco-dentaire globale.
Cet examen devrait être réalisé dès l’entrée en institution puis deux fois par an ainsi que lors de tout changement du degré de dépendance.
En effet, la prise en charge des soins dentaires pour cette tranche d’âge est aujourd’hui une discipline à part entière qui nécessite la prise en compte de l’état de santé général, la gestion des besoins sanitaires et des demandes esthétiques spécifiques.
Aujourd’hui, onze millions de Français ont plus de 65 ans aujourd’hui, ils seront 25 millions en 2050. Alors, forcément, ces patients constituent une part croissante de la patientèle des chirurgiens-dentistes qui doivent faire preuve d’écoute, de psychologie, d’anticipation, d’adaptation, de savoir-faire technique,…
Ainsi, les chirurgiens-dentistes n’ont pas attendu l’année de la dépendance pour se former et se perfectionner dans ce domaine. Ils sont aujourd’hui les seuls à proposer des programmes d’enseignement des bonnes pratiques d’hygiène bucco-dentaire aux personnels dans les établissements de santé et à mettre en œuvre des initiatives innovantes et utiles pour les personnes âgées dépendantes.
La Santé bucco-dentaire des personnes âgées : un constat alarmant
Alors que la santé bucco-dentaire est un facteur majeur de qualité de vie, un déterminant de la capacité à se nourrir, de lien social (sourire, rire, parler), qu’elle est intrinsèque au bien-être et à la dignité, les personnes âgées en établissements de soins souffrent d’un déficit flagrant de prise en charge à ce niveau.
Les chiffres de l’Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD) des personnes âgées en institution sont éloquents : 75% ont un état bucco-dentaire dégradé ; 44% ont au moins une dent cariée ; 43 à 57% présentent de la plaque dentaire, 50% du tartre ; 28 à 40% souffrent de gingivites ; 40% ont au moins une dent douloureuse à extraire ; 30 à 50% ont besoin de prothèses et 10% des soins en urgence et 42% n’ont pas eu de consultation dentaire depuis 5 ans !
Dans les EHPAD la sécurité sociale finance les soins médicaux mais pas les soins dentaires !
Un plan de prévention bucco-dentaire avait été envisagé par le ministère de la Santé prévoyant la généralisation d’un bilan bucco-dentaire à toutes personnes atteignant 60 ans afin de préparer les conditions d’un vieillissement réussi. Ce plan ambitionnait également d’améliorer les soins des personnes âgées hébergées dans les EHPAD ou hospitalisées dans les services de long séjour. Qu’en est-il advenu ?
Des mesures timides…
Les mesures demeurent faibles, faute de financements, de moyens humains, de formations à ce type de soins parfois tabous, du faible taux de remboursement des soins dentaires prothétiques. La nécessité d’une hygiène bucco-dentaire est insuffisamment prise en compte, le lien indéfectible entre santé bucco-dentaire et bien–être ne se fait pas assez.
Pourtant, les pathologies bucco-dentaires liées au vieillissement sont susceptibles d’entraîner des infections (cardiopathie, diabète…) ou l’aggravation de pathologies générales et de déclencher une dénutrition. Celle-ci concerne 30% des personnes à l’entrée en EHPAD et 50% à l’entrée à l’hôpital. Or, cette dénutrition génère ou accélère la perte de la force musculaire (sarcopénie) responsable des chutes et favorise les pathologies infectieuses.
Les premières initiatives appréciables…
En attendant des mesures nationales, la profession dentaire a mis en œuvre des expérimentations dans les EHPAD. Ainsi, un travail de terrain initié par l’UFSBD dans plus d’une centaine d’établissements en partenariat avec différents groupes gestionnaires de maisons de retraite permet de former les soignants aux gestes d’hygiène bucco-dentaire élémentaires (brossage des dents et des prothèses) et d’effectuer un bilan bucco-dentaire pour chaque résident.
L’électronique au secours de l’hygiène dentaire : exemple d’une initiative innovante
Dans une quinzaine d’établissements pilotes, des puces électroniques sont installées sur les prothèses de personnes âgées. Il s’agit d’une petite cellule électronique placée en quelques minutes sur l’appareil et sur laquelle figurent les informations essentielles : nom du patient, lieu de résidence, coordonnées du personnel en charge… Une fois intégrées à la prothèse, ces puces peuvent être lues à l’aide d’un simple stylo électronique par les infirmières et aides-soignantes. Ce dispositif permet de retrouver le propriétaire d’une prothèse oubliée ou mal attribuée et optimise l’hygiène bucco-dentaire et le confort des patients.
Les préconisations des chirurgiens-dentistes…
Pour les personnes âgées autonomes :
Les chirurgiens-dentistes souhaiteraient une plus grande prise de conscience en amont de la dépendance. Ils préconisent un examen bucco-dentaire systématique à l’âge de 65 ans. Cette consultation de prévention permettrait d’identifier les problèmes présents, d’anticiper les pathologies bucco-dentaires à venir et de lutter contre leurs conséquences, notamment la dénutrition. Cette proposition est pour l’instant restée lettre morte !!!
Pour les personnes âgées dépendantes :
A l’arrivée de la personne âgée dans la structure de soins, une évaluation de son état bucco-dentaire et prothétique devrait être systématiquement réalisée afin de planifier ses besoins en soins dentaires et d’entretien de ses prothèses. Cette évaluation, devrait être renouvelée deux fois par an ainsi que lors de tout changement du degré de dépendance (Score GIR)*. En complément, une consultation annuelle chez le chirurgien-dentiste devrait être préconisée.
Modalités de l’évaluation de l’état bucco-dentaire et prothétique de la personne âgée
Cette évaluation est très simple et permet de planifier rapidement et efficacement les besoins en soins dentaires et d’entretien de la prothèse. Elle porte sur les points suivants : l’évaluation de la dépendance ; le mode d’alimentation (normale, moulinée, par sonde…) ; l’haleine ; l’aspect des lèvres, de la langue, de la salive ; l’état des gencives, des muqueuses (joues et palais) ; les dents restantes ; les prothèses (adaptées ou non) ; les douleurs éventuelles ; et enfin, l’hygiène bucco-dentaire globale.
Cet examen devrait être réalisé dès l’entrée en institution puis deux fois par an ainsi que lors de tout changement du degré de dépendance.
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