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Article publié le 14/10/2020 à 10:58 | Lu 941 fois

La romance est-elle encore de mise dans notre société ?




La romance n’aurait pas dit son dernier mot dans une époque où semblent émerger de nouveaux comportements amoureux. De fait, comme les Français et notamment les seniors, perçoivent-ils la romance en 2020 ? Happn, l’un des leaders des applications de rencontres, en partenariat avec Opinion Way, a mené l’enquête. En voici les grandes lignes.


Qui n’a jamais entendu ses grands-parents raconter l'histoire de leur rencontre ?  Une perfection temporelle à faire jalouser les plus belles comédies romantiques. Une vision idyllique de l’amour qui semble aujourd’hui en danger : 80% des Français estiment que notre époque actuelle ne se prête pas au romantisme…
 
À force de vivre dans une société où tout semble rationalisé, l’amour et la passion seraient-ils devenus utopiques ? Et bien non, au contraire. Nombreux sont ceux qui rêvent d’un monde sentimental bien di­fférent, plus doux et passionné.
 
Et ils ne se contentent pas d’en rêver : plus d’un Français sur deux se déclare être une personne romantique. Un optimisme inattendu qui prouve que la Romance n’a pas dit son dernier mot
et que nous nous trompons sur la réalité de notre époque.
 
Selon cette étude, 80% des Français estiment que l’époque actuelle ne se prête pas au romantisme. Et alors qu’à l’international, la France et sa capitale sont régulièrement citées pour leur attrait romantique (pour autant, les touristes déchantent souvent rapidement une fois sur Paris, par exemple), un Français sur deux considère que ses concitoyens ne le sont pas.
 
Pourtant, eux-mêmes ont plutôt tendance à se voir comme des personnes romantiques : près des deux tiers partagent cet avis (64%) quand seulement 6% considèrent n’être pas du tout romantiques.
 
« Notre époque est-elle romantique ? Non ! répondent 80% des sondés. Qui leur donnerait tort ? Tout semble aller en e­ffet contre le romantisme, le règne de l’efficacité, de la vitesse, du matérialisme, de la consommation, de l’individualisme, de la sexualité libérée du sentiment, etc. Or, cette vision est trompeuse : elle ne porte que sur la surface des choses » analyse le sociologue Jean-Claude Kaufmann.
 
Et le spécialiste de poursuivre : « en-dessous, secrètement, très nombreux sont ceux qui rêvent d’un monde sentimental bien di­fférent, plus doux, plus caressant, plus passionné. Et ils ne se contentent pas d’en rêver : 64% se disent romantiques ! La contradiction est évidente. Parce que nous nous trompons sur la réalité profonde des réalités et des valeurs de notre époque, secrètement romantique »
 
Même si l’époque ne s’y prête pas forcément, près d’un Français sur deux estime pourtant que le romantisme n’a pas disparu et qu’il existe aujourd’hui autant qu’il existait à l’époque de leurs parents. A noter que les plus de 50 ans sont nettement plus nombreux à considérer que l’époque actuelle
ne se prête pas au romantisme (88% contre 63% pour les jeunes âgés de moins de 35 ans).
 
« Il est amusant de voir le décalage entre la perception individuelle - je me trouve romantique et j’aspire à vivre une belle histoire remplie de beaux moments - et la perception de notre époque qui, elle, semble allergique au romantisme. Il y a donc un certain cynisme de façade : quelque chose dans l’air du temps nous incite à faire la moue devant ce qui est romantique, alors qu’il existe une véritable envie d’amour chez les individus”, commente Marine Ravinet, directrice des tendances chez Happn.
 
Internet, les smartphones et les applications de rencontres ont complètement bouleversé notre façon de rencontrer de nouvelles personnes : un tiers des Français (33%) considèrent que depuis l’arrivée des nouvelles technologies, la romance est plus “facile” dans la construction d’une relation.
 
Les nouvelles technologies ont d’ailleurs permis à de nombreux Français de connaître l’amour : concrètement, un Français sur quatre déclare avoir déjà eu une histoire d’amour grâce aux applications (25%). Du côté des personnes plus âgées, lesquelles sont souvent déjà en couple depuis de nombreuses années, le cas de figure est loin d’être marginal : 16% des personnes âgées de 50 ans et plus déclarent avoir déjà eu une histoire d’amour grâce aux applications de rencontres.
 
« On a tendance à opposer rencontre dans la vraie vie et rencontre sur une application. Être inscrit sur une app ne veut pas dire renoncer aux rencontres dans la vraie vie, au contraire, car cela montre bien que la personne est dans une démarche active et qu’il y a un souhait réel de rencontrer ! Il n’y a pas d’opposition, cela multiplie seulement les opportunités et ouvre le champ des possibles » commente Marine Ravinet, directrice des tendances chez happn.
 
Trois Français sur quatre considèrent que le romantisme ne s’exprime plus aujourd’hui comme à l’époque de leurs parents. En eff­et, depuis les années 60, nous avons assisté à une redéfinition du couple et à une décomplexion de la sexualité hors mariage.
 
Alors que l’on voit émerger de nouvelles formes de relations amoureuses (polyamour, relation libre...) c’est pourtant la relation de couple exclusive que recherchent majoritairement les Français : plus des deux-tiers (68%) des sondés déclarent être dans une relation de couple définie comme exclusive. La majorité reste donc inscrite dans un schéma de situation amoureuse relativement classique et le couple exclusif reste le modelé dominant.
 
Quant à la situation amoureuse idéale des Français, elle est également très nettement dominée par le couple exclusif (75%). Toutefois, 7% de la population aspirent à être dans un couple où il est accepté d’avoir plusieurs partenaires sexuels ou amoureux alors que seuls 3% déclarent être eff­ectivement dans cette configuration à ce jour.
 
Beaucoup estiment qu’on peut avoir plusieurs Grands-Amours dans une vie (60%) mais seuls 24% estiment qu’il n’y a pas de nombre maximum. Les Français cherchent donc des relations de couple qui s’inscrivent dans la durée.
 
« Au XIXème siècle, le romantisme défiait l’institution du mariage. Le rêve aujourd’hui est au contraire que la grande et belle histoire, qui s’établit dans la durée, soit aussi celle d’un amour fidèle. À nouveau, nous voici là en contradiction avec l’idée que nous nous faisons de notre époque, qui serait celle d’une liberté sexuelle débridée. Certes, le couple est en crise et les ruptures de plus en plus fréquentes. Mais le rêve est ailleurs, fort, secret, presque inavouable. Celui d’une passion dans la longue durée, d’une passion tranquille et joyeuse, agrémentée de petits éclats de bonheur. Tel est le nouveau romantisme, celui d’aujourd’hui et de demain”, conclut Jean-Claude Kaufmann.
 
*Méthodologie : sondage réalisé par Opinionway pour happn les 19 et 20 août 2020 sur un échantillon de 1028 personnes représentatif de la population française.