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Article publié le 13/09/2021 à 10:08 | Lu 1193 fois

La méthode Montessori contre Alzheimer




Vivre avec Alzheimer, c’est vivre avec des symptômes qui évoluent dans leur forme et leur sévérité avec une grande imprévisibilité au fil du temps. L’entreprise France Présence, acteur français dans le domaine du handicap et de la dépendance, forme ses auxiliaires de vie pour accompagner les personnes atteintes de cette pathologie et leur permettre de s’adapter à leur nouvelle vie avec une approche spécifique : la fameuse méthode Montessori.


Selon l’approche Montessori (qui est pratiqué depuis déjà une bonne décennie en matière d’Alzheimer), il n’y a pas lieu de disqualifier a priori une personne parce qu’elle a été diagnostiquée Alzheimer. « D’ailleurs, elle n’est pas Alzheimer. Elle a cette maladie, mais elle ne se réduit pas à cette maladie » précise Véronique Cayado, docteur en psychologie spécialiste du vieillissement.
 
Rappelons que la méthode Montessori invite à aller au-delà des maux, à regarder la personne comme un autre que soi, certes différent, certes fragilisé, mais une personne qui ressent des émotions et des sensations qui ne sont pas forcément que négatives.
 
Cette pathologie neurodégénérative est source d’angoisses pour les personnes âgées, mais cela ne les empêche pas de ressentir du bien-être si tant est qu’elles soient en confiance et qu’on ait créé les conditions de cette confiance.
 
Sandrine Collin, directrice déléguée de France Présence, témoigne : « la méthode Montessori a été initiée pour permettre à des enfants de s'adapter à un environnement en constante évolution et à savoir trouver leurs marques malgré les changements auxquels ils sont confrontés ».
 
Et de poursuivre : « nos intervenants sont sensibilisés aux 12 principes de la méthode. Lors de nos recrutements, leur capacité à se mobiliser en ce sens est vérifiée : savoir-faire faire et non pas faire à la place de, accompagner les personnes dans leur autonomie tout en veillant à leur sécurité, respecter le rythme et donc accepter que les choses prennent du temps, etc. ».
 
L’entreprise utilise cette méthode auprès des personnes présentant des troubles neurocognitifs pour les aider à faire les choses seules et leur permettre de conserver le contrôle sur leur quotidien. « Il nous semble en effet capital de respecter la liberté de chacun, d'engager les personnes dans ce qu'elles font, sans les infantiliser, sans faire à leur place. Comme le souhaitait Anna Montessori, on (re)donne à chacun la liberté de décider, de choisir, de faire ».
 
Pour Véronique Cayado « cette culture de l’autonomie passe forcément par un changement de regard sur la maladie d’Alzheimer. Lorsqu’on regarde la personne à travers les termes de “démence”, « troubles”, “fugue”, “déambulation”, “agitation pathologique”, ces mots influencent notre regard et ce regard va impacter nos conduites à son égard ».
 
Et d’ajouter : « pour aider au changement de regard, les approches centrées sur la personne, ses compétences, ses appétences sont utiles aux professionnels. C’est le cas des approches Montessori, Humanitude ou la Validation qui ouvrent la voie à de nouvelles pratiques d’aidance pour des personnes âgées présentant des troubles cognitifs et de la communication.”
 
En s’inscrivant en porte-à-faux avec une forme de discrimination qui existe à l’égard des personnes avec Alzheimer, ces approches proposent de structurer les pratiques professionnelles autour de valeurs compréhensives et positives.
 
La maladie d’Alzheimer touche en France plus d’un million de personnes, sans compter leurs deux millions de proches aidants, sans compter non plus tous les autres aidants professionnels ou bénévoles qui les assistent et les accompagnent au quotidien.





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