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Article publié le 07/02/2018 à 01:00 | Lu 1737 fois

La fin de l'âge d'or des retraités franciliens ?

L'Institut d’Aménagement et d’Urbanisme (IAU) a engagé plusieurs pistes de réflexion sur l'impact du vieillissement en Île-de-France. Ce nouveau rapport analyse l'évolution depuis quarante ans des niveaux de vie et des modes d'occupation des logements des Franciliens de plus de 65 ans. Il aborde aussi la question des inégalités et s'attache à dégager des éléments prospectifs.


La situation globale des ménages retraités s’est fortement améliorée depuis quarante ans et les seniors franciliens font partie des Français les plus aisés. Pour autant, ce constat ne doit pas masquer les inégalités de revenu et, surtout, de patrimoine qui traversent tous les âges.
 
Le logement et le lieu de résidence sont les deux principales caisses de résonance de ces inégalités. Les seniors franciliens locataires du parc social ont un revenu moyen par unité de consommation deux fois plus faible que celui des propriétaires et, avec le temps, cet écart s’est creusé.
 
Dans les territoires, la structure du parc de logement (propriété-occupante, locatif privé ou social) ainsi que le niveau des prix immobiliers et des loyers façonnent le profil social de l’ensemble des résidents. Les disparités communales de niveau de vie des seniors reflètent ainsi celles de tous les ménages.
 
En grande couronne, les plus de 65 ans apparaissent plus aisés, notamment les générations ayant porté le mouvement d’accession à la propriété dans le périurbain. Mais dans les territoires les plus pauvres de l’agglomération parisienne, les ménages arrivant à la retraite sont moins aisés que leurs aînés.
 
Le remplacement de générations de retraités modestes par des plus aisés maintient, pour l’heure, le niveau de vie moyen des ménages de plus de 65 ans. Mais les signes précurseurs d’un tassement relatif de leurs ressources et d’une accentuation des inégalités se manifestent d’ores et déjà. 
 
Certains ont trait aux modes de vie : l’instabilité des unions pourrait se traduire pour les générations d’après-guerre par une baisse de la vie en couple aux âges avancés en dépit des progrès de l’espérance de vie.
 
Certains ont trait à l’économie : les progrès des niveaux de vie au fil des générations marquent le pas pour les générations nées dans les années 1950, davantage confrontées à des périodes économiques difficiles.
 
D’autres ont trait à la démographie et à l’équilibre du système des retraites avec l’avancée en âge des générations du baby-boom : en raison de l’accroissement des prélèvements sociaux et des revalorisations de certaines pensions inférieures à l’inflation.
 
À l’inverse, les seniors devraient continuer à tirer profit d’une situation patrimoniale très favorable. Les héritages, qui vont représenter une part croissante du revenu disponible des Français, vont continuer à profiter davantage aux plus âgés, avec notamment l’allongement de l’espérance de vie qui devrait faire reculer l’âge moyen des enfants au décès de leurs parents.
 
Mais les disparités de taux d’épargne et de rendement favorisent là aussi une hausse des inégalités de patrimoine, renforcée par l’inégale distribution des héritages. Dans ce contexte, le logement social va jouer un rôle primordial dans l’accueil des plus modestes.
 
En 2013, le parc social accueillait 47% des ménages seniors pauvres. Ce parc pourrait en accueillir une part croissante, et notamment des propriétaires pauvres -un tiers d’entre eux qui pourraient vendre leur logement et entrer dans le parc social.  

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