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Article publié le 30/01/2018 à 01:00 | Lu 1840 fois

L'intelligence artificielle pour lutter contre le cancer

Thierry Colin, le mathématicien français d’avant-garde, va apporter son expertise à la société Sophia Genetics. Son expertise en modélisation numérique en radiologie va permettre de combiner génomique et radiomique pour combattre les cancers. Explications.


Thierry Colin, mathématicien français, chercheur à l'INRIA et professeur à Bordeaux a passé ces dix dernières années à travailler sur le sujet de la modélisation du cancer à partir d'images radiologiques.
 
Pour bien comprendre, cette technologie est basée sur la description mathématique de la croissance tumorale afin d'estimer l'évolution d'une tumeur (taille, volume, position et agressivité) en analysant un certain nombre d'images résultant d'un ou plusieurs examens radiologiques consécutifs du patient (IRM, TEP ou scanners).
 
Aujourd’hui, ces données sont intégrées et traitées afin d'améliorer le diagnostic, le pronostic et le suivi du patient. « La mission et l'approche de Sophia Genetics sont absolument uniques. Allier mathématiques et sciences pour créer une intelligence collective et ainsi mieux diagnostiquer et traiter les patients est quelque chose qui a motivé mes efforts de recherche ces dix dernières années » indique Thierry Colin suite à cette annonce.  
 
Ces modèles mathématiques -Nénuphar- ont déjà fait leurs preuves sur le cancer du poumon, du rein, les gliomes et les méningiomes.
 
« Grâce à cela, les cliniciens vont disposer d'un outil complet intégrant les dimensions spatiale et temporelle obtenue par l'imagerie médicale et la compréhension profonde de la nature biologique de la tumeur issue de son profil génomique. C'est un pas de plus vers la mise en place d'une médecine personnalisée prédictive au bénéfice des patients.  La prise en charge des patients et la qualité des soins seront ainsi améliorées tout en permettant de rationaliser les ressources disponibles » s'enthousiasme de son côté le Pr François H. Cornelis de l'hôpital Tenon à Paris.
 
« La personnalisation des traitements en oncologie est en cours grâce à l'utilisation de tests biologiques et génétiques de plus en plus performants et précis. Mais de nombreuses données disponibles en pratique clinique (données d'imagerie, données cliniques) ne sont pas agrégées à ces données génétiques. (…) Cette technologie ouvre la porte d'une médecine encore plus prédictive et personnalisée » assure le Prof. Jean-Yves Blay, Directeur Général du Centre Léon Bérard à Lyon.