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Article publié le 05/12/2019 à 02:00 | Lu 710 fois

L'hypnose chez le dentiste (partie 2)

D’après un entretien avec le Professeur Vianney Descroix, Professeur en sciences biologiques à l’Université de Paris, Chef de service d’odontologie, consultation douleur chronique, hypnose médicale à la Pitié-Salpêtrière.


La douleur chronique
Dans le contexte de la douleur chronique, l’hypnose est utile pour contrôler le niveau d’intensité de la douleur, pour gérer les émotions qui l’accompagnent, afin d’aider le patient à retrouver une qualité de vie acceptable. La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable et difficile à quantifier et à qualifier.
 
Lorsqu’un patient souffre de douleurs chroniques, il rencontre souvent des difficultés à se décentrer et à prendre du recul sur celles-ci.

L’hypnose est complémentaire à un traitement médicamenteux : c’est une véritable technique psychocorporelle. Le praticien accompagne le patient dans l’acceptation de la douleur afin qu’elle puisse faire partie de son existence et qu’il ne soit pas esclave de la douleur. Il se trouve ainsi en capacité de pouvoir modeler, modifier et transformer sa douleur.
 
Odontologie
L’hypnose a également d’autres avantages en odontologie, elle permet d’adjuver une anesthésie locale pour améliorer le vécu des patients lors de leur parcours de soin. Le praticien peut réduire la dose d’anesthésiant utilisée pour une même efficacité. Elle a également des effets postopératoires. Comme le patient a subi moins de traumatisme lors du soin, il y a moins de saignements, la cicatrisation est accélérée et les prises d’antalgiques sont diminuées.
 
Formation
La pratique de l’hypnose au sein du cabinet dentaire nécessite une formation spécifique. Cette formation peut se faire au sein des facultés de médecine ou de chirurgie dentaire dans le cadre de Diplôme d’Université et/ou au sein de structures privées.
 
Il existe aujourd’hui de nombreux instituts ou écoles de formation. D’un point de vue éthique et scientifique, les instituts qui forment uniquement des professionnels de santé seront préférés. Une formation privée a en moyenne une durée de 9 à 10 jours. Elle doit s’étayer sur de nombreux moments de supervision et de mise en situation pratique.
 
L’enseignement s’oriente principalement sur l’ensemble des caractéristiques de l’hypnose, de la communication jusqu’à la transe formelle dans des indications « classiques » au cabinet dentaire (douleur, anxiété, émotion, comportement pathologique).
 
Paroles de praticien
"L’hypnose au cabinet dentaire s’utilise dans tous les moments du parcours du patient, de la prise de contact téléphonique jusqu’à son départ du cabinet après les soins. L’objectif est de permettre au patient de pouvoir vivre ses soins de la manière la plus confortable possible.
 
Ainsi, pratiquer l’hypnose n’est pas seulement faire un soin chez un patient « hypnotisé », c’est utiliser des méthodes de communication (verbales, para-verbales et non verbales) qui mettent en place un contexte rendant l’expérience de la personne sécurisante et indolore.
 
Lorsque cela est utile, le praticien et/ou son assistante peut induire une transe formelle chez le patient qui est alors dissocié et peut expérimenter des soins en étant comme dans une forme d’isolation sensorielle. Cet état lui permet de vivre le soin en étant ailleurs. L’ailleurs pouvant être un lieu ou un souvenir agréable ou même nulle part en fonction des techniques utilisées. »