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Article publié le 20/12/2019 à 01:00 | Lu 1584 fois

L'art du mensonge : le vieil escroc et la veuve (film)




Le dernier film de Bill Condon, L’art du mensonge, sortira sur les grands écrans français le 1er janvier 2020. Ce drame sur fond d'escroquerie en cheveux gris est porté par Ian McKellen (80 ans) et Helen Mirren (73 ans). Deux grands acteurs dans un thriller qui met en scène deux personnages seniors confrontés aux secrets et aux mensonges.


Escroc professionnel, Roy Courtnay (Ian McKellen) a déjà en vue sa prochaine cible : Betty McLeish (Helen Mirren), récemment devenue veuve, dont la fortune s'élève à des millions de dollars. Et il compte bien la saigner à blanc !
 
Roy a toute confiance dans son stratagème bien rodé et il sait ce qu’il a à faire. Malgré tout, il est bien possible que cette femme ne soit pas la proie facile à qui il s'imaginait avoir affaire. Il est vrai que sa vie à lui est un tissu de mensonges… mais pourquoi Betty ne tromperait-elle pas, elle aussi, les apparences ? Elle pourrait bien avoir ses propres secrets.
 
Pour commencer, Betty a assuré ses arrières avec son petit-fils Stephen, qui l’attend dans une voiture à proximité du restaurant pour la ramener chez elle si le dîner tournait mal. “Une simple précaution”, explique-t-elle. Et le jeune homme s’inquiète pour elle. Roy se montre compréhensif même si la présence d’un garçon protecteur dans le paysage ne l’arrange pas du tout.
 
« D’une certaine façon, l’histoire met en avant la pathologie fascinante d’un arnaqueur professionnel », souligne Bill Condon. Le roman de Nicholas Searle dont le film est tiré s'attache davantage au parcours de Roy, mais le réalisateur a vraiment fait de l’histoire un face-à-face entre Betty et Roy, autrement dit Helen et Ian.
 
À mesure que Betty et Roy apprennent à se connaître, ce long-métrage nous emmène des boulevards animés de Londres – le terrain de prédilection de Roy – à la banlieue paisible où vit Betty… sans nous révéler ce qui se trame dans leur tête et dans leur cœur. Si on n’y regarde pas de trop près, on voit un de ces couples qui apprécie de passer du temps ensemble : Betty est heureuse et revigorée tandis que Roy, tout en charisme, raconte ses histoires avec délectation.
 
Au fur et à mesure des semaines, Betty et Roy se rapprochent peu à peu, jusqu’à ce qu’un incident qui tombe à point nommé accélère d’un coup leur relation. Roy fait une chute sans gravité et se foule la cheville, ce qui l’empêche de gravir les trois étages de sa garçonnière.
 
Betty lui propose aussitôt d’utiliser la chambre d’amis de son appartement jusqu’à ce qu’il soit rétabli. Cette proposition généreuse et spontanée n’est pas pour plaire au petit-fils prévenant mais têtu de Betty. Stephen est un étudiant doctorant joué par Russell Tovey. Il a tenté en vain de la convaincre de ne pas aller trop vite avec ce vieux charmeur – au moins jusqu’à ce qu’il ait pu se renseigner sur le passé de Roy.
 
Au cœur de l’histoire, il y a une arnaque, au cœur de cette arnaque, il y a une histoire d’amour et au cœur de celle-ci, il y a encore autre chose. C’est comme des poupées russes : à chaque fois qu’on en ouvre une, on en trouve une autre à l’intérieur.
 
L’Art du mensonge est un film mystérieux et plein d’émotion qui joue sur plusieurs niveaux et se révèle petit à petit sous des angles toujours nouveaux. Ces deux acteurs légendaires se donnent pour la première fois la réplique dans un film (mais ils avaient joué ensemble au théâtre dans "La danse de la mort" d’August Strindberg) autour des secrets et des mensonges.