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Article publié le 07/10/2021 à 01:00 | Lu 2736 fois

L'arnaque de la voiture propre de Nicolas Meunier




Une couverture au graphisme digne d’une série noire, voilà pour la mise en bouche. Une série noire, on en est proche, si l’on se souvient que la tricherie du groupe Volkswagen est à l’origine du désamour des politiques pour l’automobile.


L'arnaque de la voiture propre de Nicolas Meunier
« L’Arnaque de la voiture propre », avec un titre pareil le décor est planté et l’on est assuré que l’auteur ne fera pas dans la dentelle ni dans la langue de bois. Autant le dire tout de suite, si j’avais eu la moindre velléité d’acquérir un véhicule électrique, la lecture attentive de ce livre m’en a définitivement dissuadé.
 
En presque 150 pages, l’auteur nous détaille par le menu les tenants et les aboutissants de la voiture propre. Journaliste automobile au magazine Challenge après avoir suivi un cursus d’ingénieur en mécanique et en aéronautique, c’est avec un œil d’expert qu’il nous fait cheminer dans la jungle touffue des véhicules hybrides ou électriques.
 
En 10 chapitres, les pendules sont remises à l’heure dans des termes simples et clairs. Un petit rappel sur les normes des vignettes Crit’air et des zones ZFE qui risquent d’être le déclencheur à un achat « électrique » et l’on file vers la réalité de la propreté écologique d’un véhicule électrique.
 
Rapidement, on aborde l’un des chapitres les plus importants : l’usage que l’on fait d’une voiture « propre ». Il ne faut pas oublier que l’immense majorité des Français n’a qu’un véhicule qui sert à transporter la famille et effectuer de longs trajets, que cela soit les week-ends ou lors des vacances.
 
Des déplacements de 600 ou 700 kilomètres sont monnaies courantes et là, le compte n’y est pas. Des autonomies réelles sur autoroute qui sont à la moitié de ce qui est annoncé par les constructeurs, des temps de recharge complète proche d’une heure trente ; il est clair qu’il va y avoir des désillusions chez les acquéreurs vertueux.
 
Surtout lorsque proche de la panne de courant, on sera à plusieurs devant l’unique borne à 50km à la ronde ou que la borne sera hors d’usage ou que les branchements ne correspondront pas ! Des « petits » inconvénients qui font encore l’objet d’un chapitre complet.
 
La recharge, outre sa complexité due à la multiplication des opérateurs, a également un gros problème de fiabilité qui ne va pas aider à la diffusion des véhicules électriques. Sans oublier les réseaux qui suppriment leur activité sans prévenir.
 
Quant au prix réel d’une recharge, on est dans le flou le plus total avec des tarifs qui peuvent dépasser le prix d’un plein d’essence. A cet égard, il est cocasse d’apprendre que les paiements se font par des cartes dédiées à chaque réseau ou par l’intermédiaire d’une application de Smartphone. Une simple carte bancaire simplifierait la vie des usagers.
 
Pannes récurrentes, tarifs peu clairs, il faut de sérieuses motivations pour rouler branché ! Autre souci de la voiture électrique : la valeur résiduelle.
 
Il est clair que lors de l’achat d’une voiture normale à moteur thermique, l’acheteur intègre dans son projet la valeur de revente ; ici, rien de tout cela, les progrès technologiques sont tels entre chaque génération de modèles, que l’obsolescence est systématique et comme le dit l’auteur : « Acheter une voiture électrique aujourd’hui, c’est comme acheter un magnétoscope juste avant la commercialisation des DVD. »
 
Sans compter les baisses de prix régulières. Tout est dit. Il faut vraiment être téméraire pour s’acheter une voiture électrique. 
 
Si les promoteurs acharnés de la voiture électrique ne parlent jamais de la pollution due à la production de l’électricité et à la fabrication des batteries, ils passent également sous silence le problème du recyclage de ces véhicules et de leur batterie.
 
Et l’on découvre que si une voiture thermique doit être recyclée à 95% de sa masse selon des normes européennes, celles-ci sont beaucoup plus tolérantes avec les véhicules électriques : l’exigence de recyclage n’est que de 50%. Une arnaque de plus diront certains.
 
Facile à lire, clairement expliqué et documenté, ce livre se doit d’être lu par tous ceux qui hésitent encore entre une électrique, une hybride (peut-être le seul passeport pour circuler dans l’avenir) et une thermique qui n’a peut être pas dit son dernier mot.
 
Joël Chassaing-Cuvillier
 
L’Arnaque de la voiture propre de Nicolas Meunier aux Editions Hugo & Cie, collection Alerte.




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