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Article publié le 16/09/2020 à 08:45 | Lu 2342 fois

Kiplin : des jeux digitaux pour faire "bouger les seniors"




En Rhône-Alpes et en Ile-de-France, un millier de seniors participent déjà à ces programmes ludiques, proposés par l’éditeur de jeux-santé Kiplin, créé à Nantes en 2014. Plus concrètement, il s’agit de lutter contre la perte d’autonomie en se remettant en mouvement au quotidien et de faire évoluer à long-terme, les comportements individuels en ancrant l’activité physique dans les habitudes quotidiennes des 60 ans et plus. Détails.


Il n’y a aucun doute, pratiquer une activité physique régulière favorise le bien-vieillir. Toutes les études le montrent et ce, quelque soit l’âge et notre état de santé.
 
Par ailleurs, il faut savoir qu’il n’est pas impossible de reprendre une activité physique alors que cela fait des lustres que l’on ne s’est pas étiré ou que l’on n’a pas fait quelques longueurs de piscine. Même tardivement, reprendre le sport est bon pour la santé ! D’où la création de ces jeux digitaux.
 
Concrètement, les seniors volontaires qui jouent à ces jeux sont répartis en groupes d’une douzaine de personnes. Et pour chaque groupe, une réunion de présentation de 5 séances d’activité physique animées par un professeur en activité physique adaptée.
 
L’ensemble est complété par un challenge digital ludique, proposé en continu via l’application mobile Kiplin. Grâce à leur smartphone, les seniors peuvent donc suivre leur activité physique au jour le jour, avancent dans le jeu, gagnent des points en équipe et s’encouragent via une messagerie.
 
« Cette solution nous intéresse car elle correspond à nos objectifs, explique Camille Mairesse, responsable développement et pilotage au PRIF. Nous cherchons à développer de nouvelles façons de travailler avec des seniors, de redorer l’image de la prévention par une approche ludique et positive. Ce type d’innovation répond à de nouveaux besoins. Le digital permet notamment d’enrichir les ateliers traditionnels pour séduire de nouveaux seniors ».
 
Mais surtout, Kiplin permet de faire évoluer les comportements dans la durée : une fois l’animation terminée, l’objectif est d’ancrer l’activité physique dans les habitudes quotidiennes de chaque participant. Et là encore, le digital se révèle précieux.
 
« C’est le digital qui permet de maintenir une relation de groupe une fois l’atelier terminé, note Marin Grabiner, enseignant APA en Ile-de-France et utilisateur. A la fin des ateliers, certains participants créent des groupes WhatsApp pour maintenir un lien et continuer à se motiver. Ils prennent alors conscience de l’effet de groupe sur leur motivation sur le long terme. »
 
Pour mesurer cet effet sur la durée, plusieurs mois après la fin de l’opération, une séance bilan est organisée : la marche est-elle devenue une habitude ? Ou encore, la fréquence d’activité physique a-t-elle évolué ? Pour entretenir leur activité, les participants peuvent rejoindre de nouveaux challenges tout au long de l’année.
 
« Leur nombre de pas quotidien a augmenté de 600 à 1000 pas par jour en moyenne, durant les ateliers, explique Vincent Tharreau, fondateur de Kiplin. Et dans le futur, 74% des participants affirment qu’ils vont certainement reprendre une activité physique. Cela fonctionne parce que nous ne sommes pas dans un discours d’injonction, de culpabilisation contre ceux qui ne « bougent pas assez ».
 
Précisons que ces jeux sont développés avec l’appui d’un comité scientifique de dix experts. Ils fonctionnent tous sur un principe identique : pour jouer, les participants doivent bouger (marcher, courir, pédaler…) munis d’un objet connecté (leur smartphone par exemple). Ce sont leurs mouvements qui les font progresser dans le jeu.
 
Ces jeux sont notamment proposés aux seniors par le PRIF (Prévention retraite Ile-de-France)  et Atouts Prévention Rhône-Alpes. Ils étaient également entrés chez les résidences seniors Cogedim Club en 2018.
 
Selon l’éditeur de jeu, en Ile-de-France, 500 seniors se sont impliqués dans le programme en 2019. Ils seront plus de 800 fin 2020. En Rhône-Alpes, 250 personnes s’engagent dans le dispositif.