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Article publié le 30/03/2021 à 08:59 | Lu 2152 fois

Intimité, sexualité et Parkinson : oser en parler à votre médecin




Les troubles en lien avec les symptômes moteurs et le handicap physique, les modifications liées à
la maladie des fonctions physiologiques des organes génitaux, et psychologiques en lien avec la
carence en dopamine, sont des éléments qui peuvent être à l’origine de dysfonctionnements sexuels
au cours de la maladie de Parkinson. Trois questions à Maria-Carmelita Scheiber-Nogueira, neurologue et neuro-urologue.


Photo by Krista Mangulsone on Unsplash
Pourquoi la maladie de Parkinson a-t-elle un impact sur la sexualité des personnes qui en sont
atteintes ?

La maladie de Parkinson touche différents systèmes et fonctions du corps et associe des symptômes
moteurs à des symptômes non moteurs, comme les troubles sexuels.
 
Les troubles moteurs qui surviennent progressivement constituent en eux-mêmes un frein important à l’expression de la sexualité (hypertonie, blocages, tremblements, raideurs, tronc courbé vers l’avant, lenteur des gestes...).
 
Les modifications biochimiques liées au dysfonctionnement des neurones dopaminergiques provoquent également des altérations dans le fonctionnement sexuel de la personne (hypersexualité très fréquente, agissements sexuels inhabituels, voire compulsifs, comportements addictifs et coûteux
sur des sites pornographiques...).
 
L’ensemble de ces problèmes se répercute inévitablement sur la vie du couple, sans compter l’installation possible, à bas bruit, d’un syndrome dépressif.
 
Pourquoi est-ce un sujet encore si difficile à aborder ?
Evoquer des troubles de l’érection, le contrôle de l’éjaculation, des troubles prostatiques, la ménopause, la diminution de la lubrification, la perte de la libido, n’est pas une démarche facile pour tout le monde.
 
Par pudeur, par honte parfois, ils sont difficilement évoqués avec le corps médical mais également au sein du couple. Il importe pourtant de s’en ouvrir à son conjoint pour reconstruire une sexualité apaisée et d’en parler simultanément à son neurologue.
 
Pourquoi faut-il oser parler de ce sujet avec le neurologue ?
Le neurologue saura orienter son patient vers un médecin sexologue, urologue ou gynécologue pour une prise en charge adaptée.
 
Le neurologue saura faire la part de ce qui relève de la maladie de Parkinson ou du traitement médicamenteux en cours de ce qui procède du vieillissement naturel ou des modifications hormonales liées à l’âge ; il saura, le cas échéant, ajuster le traitement de la maladie pour mettre fin à certains troubles sexuels.





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