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Article publié le 29/03/2019 à 00:00 | Lu 3615 fois

Insuffisance cardiaque : tous concernés (partie 2)

Le Laboratoire Novartis vient de lancer en collaboration avec des associations de patients, une campagne grand public d’envergure à destination des patients insuffisants cardiaques, et aussi de leurs proches. Son objectif : rendre les patients et les proches acteurs de leur prise en charge en les sensibilisant aux signes d’alerte de l’insuffisance cardiaque (l’EPOF : l’essoufflement, la prise de poids, l’oedème et la fatigue) et en les incitant à en parler au médecin.


Une campagne pour accompagner les patients à remettre leur vie en mouvement
« Il existe une grande hétérogénéité de prise en charge en fonction des territoires », alerte le Pr P. Jourdain. « Donner aux patients l’accès à l’information pourrait permettre de réduire en partie ces écarts. »
 
Un film d’animation pour parler de l’insuffisance cardiaque
Le film d’animation de la campagne dépeint ainsi le quotidien d’une grand-mère atteinte d’insuffisance cardiaque. Les symptômes de cette patiente sont décrits tout au long de l’histoire à travers le regard de sa petite fille et la mise en scène d’une mascotte représentant le coeur qui « joue des tours » à la grand-mère.
 
Le spectateur découvre les conséquences de cette pathologie sur la qualité de vie des patients et l’importance de dialoguer avec son médecin pour une prise en charge optimisée.
 
Cette campagne a été intégralement co-construite avec des patients et des professionnels de santé. Elle est co-signée par quatre associations de patients engagées dans la prise en charge de l’insuffisance cardiaque : Alliance du Coeur, ASPIC, AVEC et SIC.
 
Pourquoi cette campagne vous semblait-elle nécessaire ?
« Avec une maladie chronique telle que l’insuffisance cardiaque on peut devenir, au fils de temps complaisant, on baisse la garde : « Tout va bien »... Il faut consulter dès qu’il y a une aggravation d’un ou plusieurs des quatre signaux d’alerte » explique Steven Macari, président de l’association Vie & Coeur et patient insuffisant cardiaque.
 
« L’Insuffisance Cardiaque est une maladie ignorée du public, y compris par les patients concernés, il est important de rappeler les signes d’alerte. Elle est invisible, donc pas prise au sérieux mais c’est une maladie invalidante » témoigne Philippe Muller, président de l’association SIC (association pour le Soutien à l’Insuffisance Cardiaque).
 
« Le relais par les médias va permettre de donner une meilleure information aux patients, à leurs proches qui n’ont parfois pas pris la pleine mesure de cette pathologie ! » ajoute Philippe Thébault président de l’Alliance du Coeur.
 
« J’aimerais que les patients retiennent qu’aux premiers signes d’aggravation, il faut consulter, notamment un cardiologue. Et que le grand public comprenne que la maladie a un impact important sur la vie des patients et de leurs proches, qu’elle est difficile à vivre psychologiquement et physiquement », conclut Jean Léonard, président de l’ASPIC (Association pour les Patients Insuffisants Cardiaque).
 
Déployée du 29 mars au 30 juin, cette campagne sera déclinée sous différents formats : spot TV, radios, presse et web et vous pourrez retrouver tous les éléments sur le site internet d’information www.suistoncoeur.fr dédié entièrement aux patients insuffisants cardiaques et à leurs proches.
 
« Parce que l’insuffisance cardiaque est une maladie complexe à appréhender et évolutive, la surveillance du patient au quotidien est essentielle », souligne le Docteur T. Labarthe, médecin généraliste. Cette surveillance nécessite l’implication de tous : les professionnels de santé, mais aussi les aidants et surtout le patient, lui-même.
 
Une coordination nécessaire entre tous les professionnels de santé
Les professionnels de santé doivent former une équipe unie autour du patient et comme dans toute équipe, la communication est clé. « Le médecin généraliste est le pivot de la prise en charge, c’est lui qui va gérer le plan de soin du patient. L’infirmière va devoir coordonner sa prise en charge, qui inclut l’éducation du patient, tandis que le cardiologue pose le diagnostic et met en place des traitements », explique le Professeur P. Jourdain, cardiologue. « Il faut savoir penser de manière coopérative ».

Le binôme patient-proche, un rôle essentiel pour optimiser la prise en charge de l’insuffisance cardiaque Les aidants, famille et amis, en contact au quotidien avec le patient sont des alliés précieux dans le combat contre l’insuffisance cardiaque.
 
« Travailler avec les aidants permet d’avoir un autre regard sur une situation qui peut être banalisée par le patient mais pas du tout par son proche. L’aidant peut remarquer que le patient peut avoir cessé certaines activités », précise le Dr T. Labarthe. « Les aidants peuvent être également très utiles lorsqu’il s’agit de surveiller un patient un peu trop laxiste avec son traitement ».
 
Le patient reste bien évidemment l’acteur principal de son traitement, comme le souligne le Pr P.Jourdain: « le patient doit être impliqué à tous les stades de la prise en charge. Il doit bien comprendre sa maladie. C’est lui qui sera le premier à voir les signes et à pouvoir alerter les professionnels de santé ». C’est ainsi qu’il pourra bénéficier d’une qualité de vie optimale sans se mettre en danger.
 
Surveiller les symptômes, l’affaire de tous
La prise en charge des patients insuffisants cardiaques répond à trois principaux enjeux : ralentir l’évolution de la maladie, réduire les hospitalisations et améliorer la qualité de vie des patients. Le Pr P. Jourdain, cardiologue, analyse : « Une meilleure information des patients est primordiale, en leur expliquant que devant de tels signes qui sont quand même inhabituels (prise de poids, essoufflement, fatigue), il est important d’en parler très rapidement à son médecin généraliste, ce qui évite d’être hospitalisé. »
 
« L’insuffisance cardiaque doit être traitée précocement afin de normaliser l’état du patient ou de retarder le plus longtemps possible l’évolution de la maladie dans le but de maintenir l’autonomie du patient tout en limitant la manifestation de symptômes » Dr T. Labarthe
 
*Alliance du Coeur, AVEC (Association Vie et Coeur), ASPIC (association pour les Patients Insuffisants Cardiaque) et SIC (Association pour le Soutien à l’Insuffisance Cardiaque)





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