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Article publié le 24/04/2018 à 01:00 | Lu 1205 fois

Insuffisance cardiaque sévère : le point sur une pathologie répandue mais méconnue

De nos jours, l’insuffisance cardiaque (IC) constitue un problème majeur de santé publique dans le monde. Il s’agit d’une pathologie fréquente et pourtant peu connue, qui affecte plus d’un million de Français. Le laboratoire Abbott (anciennement St Jude) souhaite sensibiliser nos compatriotes à cette pathologie reste encore trop souvent associée à la vieillesse.


On le sait, le cœur fonctionne telle une pompe qui apporte un sang enrichi en oxygène aux organes. Lorsqu’il perd de sa force musculaire et qu’il n’arrive plus à pomper correctement, on parle alors d’insuffisance cardiaque, d’« IC » pour les connaisseurs.
 
Cette insuffisance peut être gauche, droite ou bi-ventriculaire selon le ou les côtés du cœur déficients. A force, cette insuffisance entraine un épuisement intense qui peut rendre éreintantes des activités toutes simples du quotidien comme marcher, monter les escaliers ou sortir faire ses courses.
 
Aujourd’hui, l’IC est devenue un problème de santé publique majeur. Selon la Société Européenne de Cardiologie, 2 à 3% des Européens en seraient atteints. En France, on estime le nombre d’insuffisants cardiaques à un peu plus d’un million d’individus (soit un peu moins de 2% de la population) et près de 120.000 nouveaux cas sont dépistés chaque année.
 
Naturellement, sans trop de surprise, la prévalence de cette pathologie tend à augmenter notamment du fait du vieillissement de la population. Selon une étude menée par l’Institut National de Veille Sanitaire en 2010 en France, 23.882 patients sont décédés de cette maladie. Avec un taux de mortalité de 31,1 pour 100.000 habitants, le pronostic des patients souffrant d’insuffisance cardiaque s’avère bien moins encourageant que celui de certains cancers !
 
L’IC reste globalement une pathologie très peu connue du grand public. En effet, peu de Français sont au fait des symptômes de l’insuffisance cardiaque qui pourtant, s’ils sont détectés à temps, peuvent améliorer la prise en charge de la maladie.
 
Les symptômes pouvant alerter et pousser à la consultation sont un essoufflement au repos ou à l’effort, des difficultés à respirer en position couchée, une toux nocturne, une fatigue excessive, de la difficulté à réaliser les activités quotidiennes. Il faut ajouter à cela certains facteurs aggravants tels qu’une présence anormale de graisses dans le sang, de l’hypertension artérielle, le tabagisme, l’obésité ou le surpoids et la sédentarité.
 
Pour améliorer la survie et les conditions de vie des patients atteints de la forme la plus sévère d’insuffisance cardiaque, deux types d’approches sont généralement retenues :
- La transplantation cardiaque : celle-ci offre de fortes chances de survie aux patients atteints d’insuffisance cardiaque sévère, sous réserve d’absence de comorbidité rédhibitoires et d’un âge physiologique acceptable (généralement moins de 65 ans). Il y a, cependant, une pénurie de greffons problématique pour les patients inscrits sur liste d’attente. En France on compte un greffon cardiaque pour deux patients en attente de greffe. Seulement 477 personnes ont été greffées du cœur en 20163
.
- L’assistance ventriculaire gauche : il s’agit d’une thérapie permettant de suppléer la fonction de pompe cardiaque en cas d’insuffisance cardiaque gauche (forme la plus courante d’insuffisance cardiaque), lorsque le patient ne répond plus aux traitements médicamenteux. Elle est généralement indiquée pour les patients en attente de transplantation, du fait du manque de donneurs ou en traitement à demeure chez les patients non éligibles à une greffe cardiaque.

​Focus sur l’assistance ventriculaire gauche

L’assistance ventriculaire gauche (LVAD ; left ventricular assist device en anglais) consiste en l’implantation d’une pompe dans la cage thoracique pour aider le cœur à faire circuler le sang. Certains des composants de cette pompe se situent à l’intérieur du corps et d’autres à l’extérieur.

Pour fonctionner, le système doit être relié à une prise murale ou à des batteries qui offrent jusqu’à 18 heures d’autonomie aux patients. A ce jour, cette thérapie a prolongé la vie de centaines de patients en France et permet aux porteurs de reprendre leurs activités et de mener une vie active avec peu de limites.
 
D’après le Professeur André Vincentelli, chirurgien au Centre Hospitalier Universitaire de Lille, et responsable du programme d’assistance circulatoire et de transplantation, « le LVAD est un dispositif qui permet au patient atteint d’insuffisance cardiaque sévère de retrouver une autonomie fonctionnelle avec reprise d’une activité physique normale. Cette activité permet au patient de se muscler à nouveau alors qu’il souffre souvent d’une amyotrophie sévère. C’est un réel espoir pour les patients en attente de transplantation, ou pour ceux qui présentent des contre-indications à la transplantation cardiaque ».

​Une association pour soutenir les porteurs d’assistance ventriculaire

L’implantation d’un dispositif d’assistance ventriculaire s’accompagne de nombreux changements chez les patients, à la fois physiologiques et émotionnels. Même si la thérapie offre une issue positive aux patients atteints d’insuffisance cardiaque, elle nécessite une transition qui implique que les patients mais aussi les proches doivent être soutenus.
 
Abbott soutient, depuis sa création, l’association Cœur Assistance qui regroupe les porteurs d’Assistance Ventriculaire Gauche. Fondée en janvier 2017 par un porteur de LVAD, elle a pour mission de favoriser les échanges entres porteurs de LVAD, d’apporter du soutien à ceux qui en ont besoin et de pallier l’isolement ressenti par certains d’entre eux.
 
« Lors de mon retour à la maison, après mon hospitalisation et la rééducation, j’ai éprouvé le besoin d’échanger avec d’autres personnes ayant vécu la même chose que moi. Je me suis dit que je ne devais pas être le seul à ressentir cette envie de partager mon expérience ! J’avais aussi envie de découvrir l’expérience d’autres patients, leur vie avec un LVAD », explique Sébastien, président-fondateur de l’Association Cœur Assistance.





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